En 2015, François Hollande c'est 900 euros de dette publique supplémentaire par français !
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60ème Chronique

Claude Eidelstein ne jettera pas la pierre...

Kritix, le Thursday 3 June 2010 - 2246 consultations - Commenter la chronique

Monsieur le maire de Chasseneuil-du-Poitou, mais pourquoi donc tant de discrétions ? C'est qu'il a son caractère, où chacune de ses retenues sont autant de cris, chaque intonation un vocable réservé aux initiés, ses commentaires des Pensées bien senties... Le vice-président de la CAP Claude Eidelstein n'est pas en danseuse, mais plutôt sur une course de fond, passage obligé pour celui à qui on laisse le soin de construire un budget, celui pour qui la droiture met en confiance. Claude Eidelstein est une synthèse où le non-dit de la Responsabilité n'est pas qu'une figure de style. On aimera chez cet élu cette réserve, cette chasse à l'empressement, cette douce prise de risques qu'un rat des champs n'usurperait pas au rat de ville. Ni déni, ni reniement : on avance en payant sa dette.

Alors que le conseil de la Communauté d'Agglomération de Poitiers du 26 mars 2010 était présidé par intérim, le vice-président Jean-Marie Paratte exposa brièvement les grandes lignes du budget Transports pour 2010 :
       « C'est un budget total supérieur à 32 millions d'euros qui s'équilibre à 21 113 105 en fonctionnement, 11 135 409 en investissement »

Le vice-président Robert Rochaud se montra pour le moins réservé :
       « Dans ce budget d'investissement, il y a un investissement sur le viaduc : [...] nous nous abstiendrons sur cette délibération »

6000 personnes utilisent le bus gratuitement dans la CAP

La conseillère "Alternative à Gauche" Maryse DESBOURDES, lors du conseil de la Communauté d'Agglomération de Poitiers (CAP) du 26 mars 2010.
© kritix.com

La conseillère de la Gauche Alternative Maryse Desbourdes réaffirma sa différence sur la politique des transports :
       « J'en profite [...] pour évoquer notre proposition "transport gratuit". [De nombreux élus, visiblement hostiles à la mesure, s'agacèrent de la ténacité de l'élue sur le sujet... NDLR] Je ne reviens pas sur le fond, simplement quelques réflexions... C'est d'abord pour nous une mesure sociale et volontariste de redistribution des richesses collectives ; notamment en faveur des plus modestes et de tous ceux qui voient leur pouvoir d'achat diminuer sous les effets de la crise. C'est pour nous un projet réalisable financièrement parce qu'il s'agit simplement d'un choix politique à faire [...], que c'est ni utopique, ni socialement injuste, ni un slogan ; mais c'est réalisable si le choix est fait !
       Je voudrais rajouter que depuis qu'on évoque cette question-là, on nous répond régulièrement que ce ne serait pas supportable financièrement par la CAP sans créer un nouvel impôt ! Eh bien, le nouvel impôt, il vient d'être créé et pas pour la gratuité des transports. Donc je pense qu'il faudra bien expliquer aux habitants que des dépenses dites indispensables, d'intérêt général, telles que — et je le redirais et je le redis : la LGV SEA qui devrait être financée par l'État ! La cité judiciaire qui devrait être financée par l'État ! Les subventions Ryanair et le centre de conférences qui est en déficit chronique ! [...] La gratuité, c'est un plus pour la population et une bonne utilisation des impôts locaux.
       Et au-delà de çà, j'en terminerai. Vitalis fait une campagne complètement absurde contre la fraude en précisant que Vitalis allait renforcer les contrôles. Je trouve çà complètement absurde aujourd'hui ! Est-ce qu'on veut développer les transports ou est-ce qu'on veut pénaliser les gens qui prennent les transports et qui ne peuvent pas ou ne veulent pas payer aujourd'hui ? C'est complètement absurde. Je demande que cette campagne s'arrête ! »

Le président par intérim Claude Eidelstein, la posture hiératique, le verbe tranchant :
       « Bien... Pour moi la fraude, ce n'est pas l'équité par rapport à tous les usagers. »

C'est alors que le vice-président Aurélien Tricot s'indigna :
       « Il me semble qu'il y a un certain nombre de tarifs attractifs pour des personnes qui sont au chômage, au RSA, pour des étudiants. Et donc je suis toujours curieux de voir que les gens qui nous expliquent qu'ils sont en politique les défenseurs des plus faibles, finissent par promouvoir les mesures dans lesquelles ils demandent que l'ouvrier qui gagne très peu, le chômeur qui n'a pas grand chose, soit dans la même situation et traité de la même manière que le chirurgien ou le chef d'entreprise ! » Des élus sourirent. Sur le fond, la remarque est pertinente, mais on remarquera que « le chirurgien ou le chef d'entreprise » est généralement peu coutumier du réseau de bus Vitalis...

Le vice-président Aurélien Tricot poursuivit, montrant toujours plus son dépit :
       « En revanche, je pense que notre politique en matière de transport, elle est équitable. C'est à dire que nous avons un certain nombre de tarifs qui correspondent à des personnes en situation difficile socialement ; et puis après les autres payent ! Et quand j'entends dire, dans une assemblée comme celle-ci, par les élus du peuple, qu'il faut ne pas lutter contre la fraude, cela fait froid dans le dos ! »

Le conseiller Jean-marie Guérin clarifia les choses :
       « Juste un chiffre : il y a aujourd'hui 6000 personnes dans cette agglomération qui utilisent le bus gratuitement... »

Le coût d'une société de gaspillages

Le président de la CAP et maire de Poitiers Alain Claeys, à la gauche du vice-président et maire de Chasseneuil-du-Poitou M. Eidelstein, en fin de séance du conseil communautaire du 2 juillet 2009.
© kritix.com

La vice-présidente Florence Jardin présenta le budget de traitement des ordures ménagères :
       « Ce budget s'équilibre [...] grâce à l'apport du budget général de 2,7 millions [...]. On a pas mal jonglé avec les pourcentages, les taux. On a vu que la possibilité d'une régie, ce n'était pas forcément une garantie de baisse de la participation des usagers. Je crois qu'il faut surtout parler de la participation des usagers : aujourd'hui, combien ça coûte ? Plutôt que de parler de pourcentages, j'aimerai savoir si quelqu'un sait combien il paie au final aujourd'hui sur sa TOM [Taxe d'Ordures Ménagères, NDLR] ? » Déconcertés par la trivialité de l'usage et du quotidien, les élus rendirent tous hommage, par leurs trouble, à l'effet de madame la conseillère Florence Jardin : un ange passa...

Claude Eidelstein sous le charme, tout sourire :
       « Alors ! Une question ouverte ! »

La conseillère mit fin à l'expectative :
       « On parle beaucoup ! On se scandalise des augmentations, mais qui peut me dire combien il paye ?
       — Je crois qu'elle a la réponse...
fit le président par intérim, pris au jeu.
       — 77 euros 80,
fit un conseiller.
       — Qui dit mieux ?
lança à l'encan le président Claude Eidelstein, bon joueur...
       — Mais vous, sur votre facture quand vous recevez votre feuille d'imposition, combien payez-vous ?
insista la vice-présidente Florence Jardin.
       — Çà dépend de la valeur locative de la maison...
considéra Claude Eidelstein, laissant à Migné-Auxances la victoire.
       — Bon !
fit la vice-présidente Florence Jardin, en bonne intendante. Une famille de 4 personnes va payer en moyenne 100, 150 euros [par an], en fonction de la valeur locative, etc... Est-ce que c'est énorme au regard du service qu'il y a derrière ; [service] de collecte, de traitement, de valorisation des déchets ? Est-ce que c'est simplement parce qu'on a pas l'impression de consommer quelque chose que ça dispense de payer ? Combien payez-vous aujourd'hui d'abonnement à votre téléphone portable ? J'ajouterai également une chose : on ne fait pas des efforts au niveau recettes exclusivement au niveau du taux [de la TOM], mais il en est également fait au niveau de la vente des matières premières. Et il y a une gestion très stricte du budget par les services que je tiens à saluer...
       — Merci pour eux ! [...] Merci pour cette démonstration ! »
Conclu sobrement le bon édile de Chasseneuil.

Encore ce passé lourd et pesant dans une gare de centre-ville au rabais

Le vice-président Claude EIDELSTEIN, lors du conseil de la Communauté d'Agglomération de Poitiers (CAP) du 30 avril 2010.
© kritix.com

Le président par intérim Claude Eidelstein rapporta la délibération 45 :
       « On demande l'approbation préalable à la bonification du capital social de la SEM [Société d'Économie Mixte, NDLR] du centre de conférences de Poitiers. Comme vous savez, le capital de la SEM était officiellement de 38 000 euros. Et compte tenu des mauvaises affaires du centre de conférences — puisque le déficit 2008 c'est 285 000, le déficit 2009 c'est 243 000 — il vous est proposé une recapitalisation d'un montant prévisionnel de 587 000 euros [...] avec 423 000 euros pour la CAP ! Il y a différents intervenants en supplément...
       Je vous invite à approuver la réduction de capital de 38 000 euros constatant la perte de capital social ; de sortir du patrimoine de la CAP la valeur des actions souscrites à l'origine, soit 20 000 euros ; d'approuver l'augmentation du capital social [...] ; approuver la transformation de l'avance consentie en 2009 en capital ; autoriser la modification statutaire... Et enfin, on désignera la représentation de la CAP en complément avec deux administrateurs. [...]
       Bon... Tous ceux qui ne prennent pas part au vote, déjà, avant d'aller plus loin... Au niveau de la CAP : Francis Chalard, Bernard Cornu, Maurice Monange, Philippe Brottier. Plus ceux-là au titre du centre de conférences : monsieur Belgsir, Boulanger, Jean-marie Paratte, Quintard, Ayrault, Georges Stupar, Michel Thomas. Est-ce qu'il y a des questions sur cette délibération ? Donc c'est Francis qui va vous répondre vu qu'il connait bien le dossier... Madame Desbourdes, on vous écoute ! »

La conseillère Maryse Desbourdes fit feu de tout bois... Ce qui déplu fortement à ses condisciples. Cependant, nul n'osa citer le nom des responsables de cette bérézina urbanistique : une tour tronquée, des hôtels de fortune, un parking vide, une gare déjà vieillie ! De multimodalité, on ne peut se réjouir que d'un concept normé d'architecte en mal de grande métropole... Ces réalisations sont presque aussi belles que la pénétrante... Quant aux mâts sans voiles, esseulés au beau milieu d'un haricot granitique, ça manque de souffle : les idées sont à terre.

Madame la conseillère municipale et opposante Maryse Desbourdes, lors du conseil municipal du 10 avril 2009.
© kritix.com

L'opposante de la Gauche Alternative, très remontée :
       « Pour nous ce centre de conférences est un exemple de gâchis de fonds publics ! Et qu'est-ce que comptait faire la collectivité de la CAP de ce centre de conférences ? Faire du fric ? Avec les fonds publics on va faire du fric ? Le centre de conférences a coûté 4 millions d'euros et il s'adresse en plus à une clientèle haut de gamme. Et pas de bol : la clientèle haut de gamme, eh bien elle aussi elle est touchée par la crise ! C'est quand même indécent comme explication pour justifier un fiasco ! 500 000 euros pour combler le déficit de ce centre. Les investisseurs privés peuvent mettre de l'argent sans problèmes dans les sociétés d'économies mixtes de la CAP, puisque les contribuables épongent les dettes provoquées par les erreurs stratégiques et les illusions économiques de la majorité des élus de la CAP... C'est un cadeau au privé ! Nous, ce que nous proposons, c'est la municipalisation totale de cette salle avec un changement complet de ses missions (ce centre, il a été payé avec notre argent) : un centre de conférences pour les associations, la vie militante, l'éducation... pour remplacer la maison du peuple qui, elle, va bientôt nous tomber sur la tête ! Mais c'est pas grave, c'est le peuple ! »

Francis Chalard, nouveau pompier du quartier de la gare de Poitiers

Le vice-président Francis Chalard, membre du conseil d'administration du centre de conférences de Poitiers, répondit méthodiquement à la conseillère Maryse Desbourdes dans un phrasé à peine audible :

M. Eidelstein (à droite), maire de Chasseneuil-du-Poitou, vice-président. Monsieur Francis CHALARD (à gauche), vice-président. lors du conseil de la Communauté d'Agglomération de Poitiers du 2 juillet 2009.
© kritix.com

« On croit en l'avenir de ce centre de conférences ! C'est un centre de conférences de centre-ville. Sa situation est, au pôle multimodale, placée dans une zone appelée à se développer de façon importante, dans la ZAC de la gare et en montant vers Pont-Achard lorsque les pompiers seront partis. Il y aura là un certain nombre de locaux d'entreprises nouvelles qui viendront... D'autre part, il est situé à côté du CNFPT qui est arrivé et qui reçoit 300 stagiaires jours. Le développement des hôtels vont faire apparaître 160 chambres complémentaires. L'activité est appelée à se développer.
       Ce qui s'est passé sur le centre de conférences, c'est que entre le moment où effectivement où il a été créé et mis en place — il existe déjà des centres de conférences donc on est dans une zone concurrentielle — il y a une montée en charge qui avait été prévue de façon peut-être un peu plus rapide que celle qui s'est réalisée. La crise, effectivement, et les utilisateurs du centre de conférences font que le centre de conférences, qui a déjà pignon sur rue depuis un moment, a vu son chiffre d'affaire diminué de 35 à 50% ! Dans un centre de conférences, il y a une montée en charge : il faut se rappeler que lorsqu'on créé ce type d'activité, la première année voire la deuxième année, vous avez un certain nombre de charges qui ne génèrent pas un chiffre d'affaires immédiat ; les entreprises s'inscrivant souvent pour les mois suivants.
       Devant la situation, nous avons pris un certain nombre de décisions et de mesures de gestion... certes douloureuses. La première de ces mesures a été, effectivement, de ramener les charges de fonctionnement à hauteur du chiffre d'affaire escompté ; tout en prenant soin de prévoir, dans les charges de fonctionnement, l'externalisation de la commercialisation.
       Ensuite, lorsque le plan a été présenté, nous avons donc cherché à procéder à une augmentation de capital pour avoir un capital qui soit à la hauteur du centre de conférences [...]. Et nous avons été suivis [...] : dans une SEM, il faut à minima 15% de participation privée pour 85% de participation publique. Nous avons 17% de participation privée. Nous avons été suivis par deux partenaires qui ont accepté d'augmenter leur part dans le capital : il s'agit de Dexia et la Caisse d'Épargne Poitou-Charentes. Et nous avons eu de nouveaux partenaires : le Crédit Agricole Touraine-Poitou et un autre actionnaire privé (qui a accepté et qui, professionnellement, pourra être très utile, et qui a trouvé le plan intéressant) qui est Claude Lafond, le traiteur. Vous voyez que les gens qui sont habitués à ce type d'activité, croient aussi que ce centre de conférences a un avenir.
       Et le troisième point que l'on envisage — et l'on a déjà échangé avec le président du département, Claude Bertaud en l'occurrence qui nous a contacté — c'est la mise en cohérence de la gestion des équipements de l'ensemble de la communauté. Quand vous prenez à la fois le centre de conférences qui est un centre de conférences de centre-ville, les arènes et le centre de conférences du Futuroscope... Il y a des complémentarités à trouver et un certain nombre de choses à faire. Par exemple [...] : au centre de conférences du Futuroscope, ils ont parfois des groupes de 150 personnes qui [...] peuvent leur poser des problèmes [...] en terme de satisfaction-client, [car ça peut] donner l'impression à certains d'être un peu perdu, quand le groupe est trop peu nombreux par rapport à des espaces qui sont beaucoup plus grands.
       Donc, il y a là à rechercher un certain nombre de synergies, un certain nombre de complémentarités. Voilà ce que l'on a envisagé comme plan... »

L'opposition se désole de l'amateurisme urbanistique

Le conseiller MoDem Philippe MAHOU, lors de la séance plénière de la Communauté d'Agglomération de Poitiers (CAP) le 26 février 2010.
© kritix.com

Le conseiller MoDem Philippe Mahou, dubitatif :
       « Bon, aujourd'hui la SEM est équilibrée, sans doute... Pour moi, les maîtres-mots c'est [...] rationaliser, mutualiser les équipements de la Communauté d'Agglomération. Oui, je crois que ce sont les maîtres-mots ! Pour l'ouverture du capital, on est d'accord. On pourrait même faire davantage...
       Il reste que je suis sur ma faim concernant les moyens à mettre en œuvre pour redresser la situation très rapidement. Il faut, à mon sens, un contrôle des comptes de la société [...]. [Le déficit du centre de conférences de la gare], à Poitiers, c'est un point de fiscalité : c'est considérable ! Quand vous évoquez dans les orientations budgétaires un retour à l'équilibre pour la fin de l'année 2010, je suis dubitatif. [Mais] je le souhaite vivement et je réviserai mon jugement si c'est le cas. Mais en l'état, pour l'instant, je m'abstiendrais sur cette délibération. »

Le conseiller UMP Stéphane Braconnier, toujours pugnace :
       « Il nous est demandé aujourd'hui de recapitaliser, ce qui n'est pas rien, à hauteur de 423 000 euros pour la Communauté d'Agglomération, la Société d'Économie Mixte qui a été crée en [...] 2008 pour gérer le centre de conférences de la gare. [...]
       Le centre de conférences de la gare, pour le dire clairement, c'est un épisode supplémentaire des accidents économiques du quartier de la gare ! Après les dizaines de milliers d'euros engloutis par la collectivité pour remplir l'immeuble de bureaux qui restaient désespérément vides, la collectivité s'apprête à engloutir plus de 400 000 euros dans une Société d'Économie Mixte dont — il faut être clair — personne n'est capable de dire aujourd'hui quelle est sa fiabilité à court, moyen et long terme ! 423 000 euros qui s'ajoutent [au volet] social de l'opération puisque des licenciements ont été promis !
       Le centre de conférences de la gare, est mal dimensionné, est inadapté aux besoins de la ville, est mal inséré dans son environnement urbain, coûte chère à la collectivité [...]. Il a été mal pensé dés le départ et peut-être a-t-il été mal fait !

Le conseiller UMP Stéphane BRACONNIER lors du conseil municipal de Poitiers du 29 mars 2010.
© kritix.com

Alors au moment où la collectivité s'apprête à injecter [des moyens] dans la structure, on s'attendrait à avoir un certain nombre d'éléments précis sur l'avenir, sur les perspectives commerciales réelles ! On se retrouve un peu comme dans la même situation que tout à l'heure [...] : on nous dit qu'il faut choisir la concession, sans qu'on sache si le système de la concession est viable ou non. Et là on nous dit : il faut réinjecter 500 000 euros dans la Société d'Économie Mixte ! C'est une recapitalisation à opérateurs économiques en difficultés : C'est-à-dire qu'on recapitalise la Société d'Économie Mixte parce qu'elle est en difficulté financière. Est-ce que l'on a envisagé d'autres modes de gestion ? [...] Est-ce qu'on a envisagé la Délégation de Service Public à un tiers privé ? [...] Tout ça on ne le sait pas !
       Alors certes on fait rentrer dans le capital de la Société d'Économie Mixte, 3 investisseurs, 3 banques. Très bien, on peut s'en réjouir ! Le crédit agricole, Dexia et la Caisse d'Épargne : c'est une très bonne chose que les banques s'intéressent à cet équipement.
       La question que l'on peut se poser aussi, c'est de savoir si c'est de banques dont a besoin aujourd'hui la société qui gère le centre de conférences de la gare ? Où est l'investisseur susceptible d'attirer l'activité dans ce centre ? [...] Où est l'investisseur compétent en matière d'animation et de gestion d'équipements de conférences ? [...]
       Aujourd'hui, compte tenu des éléments qui nous sont donnés, la collectivité va injecter un demi million d'euros dans un équipement qui a été mal pensé et dont on n'a aucune visibilité sur la manière dont il doit être géré ! Eh bien, pour ma part, je voterai contre ce renflouement. »

[La suite de la séance publique : Claude Eidelstein but le calice budgétaire jusqu'à la lie]


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Trombinoscope de la Communauté d'Agglomération de Poitiers (2014-...) [externe]
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