Etre ou ne pas être bête en cour sur bouclier...
jeudi  29 juillet  2010
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42ème Chronique

CAP : le devoir d'exemplarité en question

Kritix, le mardi 1 décembre 2009 - 388 consultations

Le conseil communautaire de Poitiers en date du 27 novembre 2009 (voir chronique précédente), entra dans le vif du sujet... Les élus commencèrent par se pencher sur un avenant portant sur la modification des modalités de fonctionnement du RSA. Puis fut présenté par l'adjoint aux finances Francis Chalard, la gestion délicate de centres de conférences (gares et arènes) ; lesquels subiraient la crise, aux dires de la CAP. Ce serait paraît-il, « la conjoncture économique qui limite [la] communication évènementielle [des entreprises]. Le chiffre d'affaire est faible. On a un déficit d'exploitation... »

Le président de la CAP soulignera fort à propos, « Quel type de gestion ? ». Il semble ne pas être très satisfait de la gestion de ses prédécesseurs... Le président optimiste au beau milieu du triste quartier de la gare, ajouta, « En ce qui concerne le quartier de la gare, les demandes de bureaux repartent. On sera au-dessus de 80 % [d'occupation des locaux vacants] » Le président reprit espoir avec l'installation d'une société.

Tour médiévale de la Porte de Paris, à Poitiers, en septembre 2009.
Tour médiévale de la Porte de Paris, à Poitiers, en septembre 2009.
© kritix.com

La conseillère Maryse Desbourdes voulut commenter la situation, « Quelle est l'utilité pour la CAP, que d'avoir ce centre de conférence haut de gamme ? Les impôts devraient servir à toute la population. [...] Ce qui est drôle, c'est que le haut de gamme subit aussi la Crise. [...] La CAP devrait vendre ce centre de conférence ! »

Le président Alain Claeys cherchant à ne pas nuire aux intérêts économiques de la Communauté, « Je n'aime pas l'expression haut de gamme. [...] C'est un équipement pratique. Je suis concret : il faut rationaliser la gestion des arènes, du centre de conférence... » Voilà qui est bien dit : un élu républicain doit faire la chasse aux gaspillages.

19h10, la CAP s'appliquera à considérer les éco-industries. Une élue s'étonna de l'absence de débat. Les Verts sont en effet dubitatifs sur la question des agro-carburants qui nécessitent des surface supérieures à celles de l'agriculture vivrière. Ces soi-disant éco-carburants causent une déforestation inconsidérée ! Ils profitent aussi aux régimes paramilitaires d'Amériques-latine ; ce qui finit par désoler le président de la CAP, levant les yeux au ciel. Les Verts posèrent la question « Quel développement durable ? » Et proposèrent « la sobriété volontaire » comme expédient.

Jean-François Macaire apporta un complément d'information, « Il y a plusieurs générations dans les agro-carburants. On a différents modes de productions. [...] Sur les oléagineux : les huiles servent, le reste va au bétail. On peut en recycler pour faire des vêtements. On a une autre génération, on peut en être fiers en Vienne et en Poitou-Charentes, d'un système à base d'algues. [...] Les récupérations de méthanes générés sont des voies intéressantes car performantes d'un point de vue économique. C'est la-dessus que travaillent les éco-industries et non en partenariat avec les régimes paramilitaires d'Amérique du Sud. »
       Le président signifia, « Je souhaite une labellisation et un appel d'offre début 2010. »
       Le conseiller Mustapha Belgsir présenta une convention permettant à la CAP de quérir des investisseurs.
       Le conseiller Robert Rochaud surprit, « C'est nouveau ou c'est en débat ? »
       Le président, « Rien à voir avec Angoulême ».
       Il semble que la langue communautaire ait ses secrets...

Bureau du maire de Poitiers et du président de la Communauté d'Agglomération de Poitiers, en septembre 2009.
Bureau du maire de Poitiers et du président de la Communauté d'Agglomération de Poitiers, en septembre 2009.
© kritix.com

Le conseiller Maurice Monange présenta le protocole entre la CAP, RFF et le futur concessionnaire de la LGV SEA, concernant l'épineuse question de la rue des Cosses : « C'est un aménagement voulut par Migné-Auxances et Poitiers. Il porte sur 4 hectares. Il améliore l'environnement des populations. L'aménagement est à la charge du concessionnaire, avant la rétrocession aux collectivités territoriales. »
       La conseillère et maire de Migné-Auxances, Florence Jardin, dira regretter qu'on la qualifie de « Tonton fligueur, voire Tata flingueuse du droit au départ » : les riverains auraient trouvé que l'élue expropriait facilement. Au final, chacun s'est arrangé, et les indemnisations sembleraient contenter les riverains récalcitrants.

Maryse Desbourdes intervint sans ménagements, devant le courroux de la majorité, « Mon rôle c'est d'être la porte-parole des populations. Je me rappèle que dans le protocole LGV-SEA, il y avait un article sur le droit au départ. Après les belles annonces, rien n'est prévu : tout est on ne sait où ! Quand les habitants ne sont pas entendus, il ne faut pas s'étonner des réactions. On rigole des protestations des associations : la mobilisation est intacte pour des raisons d'inutilité publique ! Vous, Alain Claeys, allez laisser à autrui notre démocratie ! Le seul débat ne veut pas dire démocratie ! Il n'est jamais trop tard pour reconnaître ses erreurs. L'alibi de l'intérêt général : ce discours n'est pas convenable ! La CAP est sourde, s'arque-boute ! »

En grande majesté, le président Alain Claeys, « Vous ne me ferez pas changer d'avis ! Cela ne m'a pas empêché d'être réélu. Personne n'a à recevoir de leçons de quiconque ! Aucun élu n'acceptera de leçons ! »
       Voilà ici résumé tout le problème de cette Vème république du bipartisme en plein naufrage : les élus seraient comme la justice, infaillibles ! Les réélections ne sont pas forcément un gage de confiance : elles répondent malheureusement trop souvent plus de clientélismes électoraux que de réelles possibilités de choix parmi l'offre politique disponible.
       Une décision politique émane toujours de la partialité d'un choix. Ne pas consulter ses électeurs sur un choix qui engage l'avenir fiscal sur des décennies est une faute. Pour autant, la France devra être indulgente, il y a péril.

Poitiers, Grand Rue, Noël 2008.
Poitiers, Grand Rue, Noël 2008.
© kritix.com

Le conseiller Robert Rochaud se montra courageux, « À la troisième page de la convention, concernant le droit au départ : une fois que la LGV sera en service, si il y a du bruit, l'aménageur pourra recourir à l'expropriation judiciaire ! »
       Le président voulut calmer l'indocile, « Le préfet préside ! »
       Face à ce flottement, Le conseiller Maurice Monange tenta de garder sa contenance, « Concernant le protocole, il y a le tracé que l'on a vu depuis 15 ans, avec la population. Pour ce qui est du reste de la zone, il y a un comité de suivi. » L'argumentation s'enlisa, comme prit de tremblements...
       Le président solennel, « Le Conseil est éclairé... »
       Mais le conseiller Maurice Monange tint à poursuivre, « Florence, je ne comprends pas ce procès d'intention ! 50 % de l'achat reste à financer : on n'a pas fini de discuter sur ce droit au départ ! » Madame la conseillère et maire de Migné-Auxances regretta que les négociations aient à peine commencer ; ce qui porterait à considérer que Maurice Monange aurait déplu... Mais à qui ?
       Le président n'y tenant plus, « Il va falloir travailler avec courage, en dialoguant avec les concitoyens. »
       Un élu lança, « Quand on est élu, on a un devoir d'exemplarité ! »
       Le président s'énerva et répondit sèchement, « La démagogie a des limites ! On a des leçons à donner à personne. Les collectifs se sont exprimés dignement : ce qui continuera... »

Le conseiller et maire de Saint-Benoît Dominique Clément, lassé sur les aménagements de la SEP, « On a perdu 2 ans dans cette affaire de gestion concertée des Montgorges ! On doit tenir compte de la responsabilité des aménageurs, de la maîtrise des charges, de la mixité sociale, de l'éco-construction... »

Le conseiller Bernard Cornu, ce responsable qui sait ce que débattre veut dire, exposa sereinement sa délibération, « Le projet de plan local de l'habitat a recueilli un avis favorable. [...] Les douze communes de la CAP ont voté favorablement. C'est important pour la CAP... »
       Le président acquiesça, « C'est important, c'est l'intérêt du SCOT... »
       Le conseiller Robert Rochaud marqua son satisfecit, « C'est un volontarisme de rééquilibrage du logement social entre la périphérie et le centre avec le Pass Foncier »
       Bernard Cornu, fin négociateur, fier de son travail bien fait, « L'important, c'est le niveau d'investissement : chaque commune décide souverainement. » Les communes de Chasseneuil et de Migné-Auxances n'auraient que 27% de logement social...

Alain Claeys (au centre), président de la Communauté d'Agglomération de Poitiers (CAP), lors de la séance plénière du 27 novembre 2009.
Alain Claeys (au centre), président de la Communauté d'Agglomération de Poitiers (CAP), lors de la séance plénière du 27 novembre 2009.
© kritix.com

Le conseiller Claude Eidelstein s'inclinera avec déférence devant les miracles du conseiller Francis Chalard qui sut bien négocier une ligne de trésorerie de 20 millions d'euros ! Le conseiller chargé des finances est jusqu'à présent toujours parvenu à résoudre la quadrature du cercle budgétaire ! Francis Chalard semble rendre les services les meilleurs que les contribuables sont en droit d'attendre. Le président Alain Claeys a eu la sagesse de le recruter, ce qui permet de respirer avant les longues années de disettes fiscales.

C'est alors que le conseiller Gérard Sol se réveilla, « Je viens de retrouver la délibération qui s'était égarée... » C'est avec bienveillance que le président laissa au conseiller le temps de reprendre tous ses esprits, avant d'exposer calmement sa délibération...

Après une énième algarade entre la conseillère Maryse Desbourdes, « vous ne m'impressionnez pas ! » et le président Alain Claeys, « Non, pas ça ! Vous avez fait deux erreurs ce soir ! » Le président soupira et s'enticha d'un « Merci ! Bonne soirée ! »

20h36, les élus étaient harassés.


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Trombinoscope de la Communauté d'Agglomération de Poitiers [pdf]
 
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