Travailler plus pour perdre plus ! Selon l'INSEE, le Sarkozysme c'est 435 milliards d'euros de dettes publiques nouvelles sans réindustrialisation ! Soit moins de souveraineté par une dilapidation record en moins de 5 ans imposant 6700 euros de dettes « Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa » par français ! Bonne année 2012 !
vendredi  10 février  2012
Bonne lecture !
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36ème Chronique

Le bourgeois transparent

Kritix, le dimanche 11 octobre 2009 - 1011 consultations - Commenter la chronique

Le conseil municipal de Poitiers du 5 octobre 2009 (voir la chronique précédente) entrait dans le vif du sujet ; le conseiller communiste Patrick Coronas demanda une précision de taille sur une délibération relative à l'enseignement supérieur, « Peut-on avoir le budget complet, pour avoir les masses financières ? » Le maire ne trouva rien à redire et promit la communication dudit renseignement...

Le conseiller communiste Patrick Coronas, lors de la séance publique du conseil municipal de Poitiers du 5 octobre 2009.
© kritix.com

Après la célérité de quelques votes, Alain Claeys précisa à des conseillers oublieux des bonnes pratiques maison, « Avant le conseil municipal, il y a eu une réunion en commission [A huis clos, NDR] sur la cantine scolaire : il y a vote à l'unanimité. [...] Tous les groupes étaient représentés et ont accepté la méthode ! » On se croirait au conseil d'administration d'une grande banque : vous savez, ces endroits où la loi du plus fort fait courber l'échine aux récalcitrants, ceux qui aurait l'insolence de ne pas suivre la direction ! C'est étonnant comme l'unanimité est l'une des récurrentes signatures du premier édile pictave, comme si on eut voulu priver la société civile d'un débat publique en amont de la décision... On pourrait parler d'opacité, mais on gardera la transparence pour la com'... La méthode politique poitevine est à la judiciarisation et au secret de l'instruction politique...

Alors que Poitiers se voyait pourvue d'une régie publicitaire, il fut voté de dispendieuses subventions, en dizaines de milliers d'euros, dans une indifférence toute calculée ; ainsi mêlée le Basket 86 à l'association Toit du Monde... L'opposition était si discrète qu'on la crût un instant absente. Quand soudain, le conseiller Stéphane Braconnier fit consciencieusement son devoir en demandant au maire d'être plus clair sur la tour de la gare si peu attractive. De bonne grâce, crispé, Alain Claeys, « 75% d'occupation de la tour de la gare, ville comprise [L'administration municipale loue une partie, NDR]. 60% hors ville ! » Il est vrai que taire l'information était compréhensible compte tenu de la très modeste activité économique du centre d'affaire de la capitale régionale. Comme les héritages sont lourds à assumer !
       Stéphane Braconnier, très satisfait, « C'est pour que l'information soit complète ! »
       Alain claeys, passablement énervé, « Vous devriez commencer à me connaitre ! »
       L'opposant UMP, sabre au clair, « Justement ! »
       Un ange passa...

Poitiers : Veillée de Notre-Dame-la-Grande.
© kritix.com

Ce n'était pas du cinéma ! Alain Claeys, « Il faut un équilibre [de l'offre de salles de cinémas] sur la CAP [cf. Conseil CAP : Philippe Brottier, dignité fontenoise (acte 1)] » Voilà qui est raisonnable. Il est toujours salutaire de donner à tous les citoyens d'équitables équipements... Poitiers oublia de manière éhontée les communes de la CAP au nom de la solidarité : voilà qui semble avoir disparu et tant mieux !
       Stéphane Braconnier, persifleur, « Pourquoi l'État cofinance l'étude [sur les cinémas de la CAP] ? » Le maire savoura l'instant et répondit au juriste dans les dents, « La CAP n'a pas de compétences culturelle ! Voilà, voilà, voilà... »
       Un peu plus tard, Stéphane Braconnier, pugnace, se trompera lamentablement, s'emmêlant les pinceaux, sur une délibération express, « 1,5 millions d'euros, correspond à des dépenses non faites ! » L'opposant battra en retraite après avoir constaté sa méprise... Alain Claeys, maître du jeu, « Voilà, voilà, voilà... » Le maire quitta quelques instants la séance à 19h41, laissant sa vice-présidente présider.

L'intérim ne dura que jusqu'à 19h43. Moment où il fut question d'un « trésor de Chenonceaux »... Puis, les délibérations se portèrent sur l'école maternelle ; la conseillère Anne Joulain signala, « La situation s'est aggravée. Le budget de gouvernement Fillon-Sarkozy, c'est de moins en moins d'enfants scolarisés ! [L'école] n'est pas un mode de garde ! »
       La conseillère Maryse Desbourdes confirma, « La casse du service publique de l'éducation ne doit pas être une fatalité. Il ne faut pas accompagner la politique de la droite [mais y résister en renonçant à cette] politique de l'éveil [et préférer] des professionnels [de la petite enfance]. [...] Pas de vœux pieux ! Aucune bataille collective n'est perdue d'avance ! Il n'y a pas de fatalité. » Voilà ce que l'on devrait entendre plus souvent en politique : une détermination conforme à ses valeurs.

Sur le renouvèlement de la convention des livraisons de repas en crèches, Maryse Desbourdes remarqua, « L'absence de concertation avec les parents ! Quelles économies ? quel impact ? » Sur la défensive, le maire affirma, « Je n'ai pas reçu une lettre ! Je me porte garant de la cuisine centrale. Il faut parfois optimiser le service publique. Ce n'est pas un gros mot. Il y a [aussi] quelques problèmes avec les personnes âgées [La cuisine centrale est sous l'égide du CCAS, NDR] qui râlent un peu [quand on change leurs habitudes] » La conseillère Anne Joulain, malgré tout optimiste, « Nous avons fêté les 20 ans de pomme de reinettes : les inquiétudes ont été levées. »
       Voyant poindre l'enlisement des débats, le maire pressant, « On accélère sur ce qui ne pose pas de problème ! »

Madame la conseillère municipale et opposante Maryse Desbourdes, lors du conseil municipal du 30 mars 2009.
© kritix.com

Il était 20h03, quand le conseiller Modem Maxime Huille, intervint sur le problème de la tranche trois, relative aux prix des repas, « Il y a un effet pervers : des familles pourraient ne pas déclarer [leurs enfants]. [...] Dans l'attente d'un rééquilibrage, nous nous abstenons. »
       Alain Claeys résolu, « Il faut que ce soit adopté ce soir ! »
       Maryse Desbourdes, indignée, « Même si il n'y a rien à voir, [la commission extraordinaire] n'est pas publique ! »
       Le maire s'énerva, « Il faut un peut d'ordre [Donc pas de public..., NDR], par correction pour le conseil municipal, en commission extraordinaire »
       Maryse Desbourdes, heurtée par la désinvolture du maire, « [Le débat publique sur les tarifications], c'est par correction pour ceux qui paient »
       Alain Claeys, tout penaud, « Le débat sera publique en décembre. Je crois que c'est une bonne méthode : il faut savoir travailler ensemble... » Mais la décision aura été déjà prise, à huis clos, sans concertation avec les parents. Le maire termina, cassant, « Tu pourras dire tout ce que tu penses en décembre ! »

Le maire s'écria brusquement, « Alors, un micro ! ». Il réveilla une assemblée groggy ; son effet l'amusa. Le conseiller Maxime Huille, impassible, « Quelle voix, monsieur le maire ! » Puis pour une délibération sur les tranches tarifaires de la cantine scolaire, le conseiller modem continua, « il y aura deux poids deux mesures ! » Le maire coupa sèchement, « Non ! » Le conseiller Jean François Macaire étonnera Maxime Huille en lui précisant qu'en matière de fracture numérique, la technologie Courants Porteur en Ligne (CPL) avait été retenue.

A 20h15, il fut question de la suppression par le gouvernement de la convention sur les droits de l'enfant. On le soupçonna de viser les enfants de parents étrangers en situation irrégulière... Alain Claeys marqua sa vive réprobation, « Je ne comprends pas la position du gouvernement. Le groupe PS [à l'assemblée nationale] déposera demain une question au gouvernement. » Tout le monde semble avoir compris les intentions, mais quand c'est inavouable...

La paupérisation frappa à la porte du Conseil. Le maire, triste, « Les épiceries [sociales] sont malheureusement une nécessité ! » Son conseiller Michel Berthier voulut rester optimiste, « Le travail entre le secours catholique et les épiceries sociales est remarquable, car c'est une prise en charge et une insertion professionnelle. »
       Le conseil municipal s'occupa des difficultés de l'association Toit du Monde. Alain Claeys, qui cherche à tout pris à éteindre l'incendie, « J'ai rencontré les salariés de Toit du Monde pour évoquer les frais de licenciements : Poitiers y participera à hauteur de 30 000 € ». Le conseiller Abderrazak Halloumi, suspicieux au sujet du désengagement financier de l'État dans l'intégration sociale, « Serait-ce une volonté délibérée ou est-ce que ça cache autre chose ? » Le conseiller Jean Claude Bonnefon, vétéran de la garde Santrot, « On se doit d'honorer cet esprit de laboratoire social urbain de Poitiers, aujourd'hui remis en cause par l'État ! » Le maire préoccupé, « Je recevrai les personnes concernées... »

Vue de la place d'Armes, depuis la salle du Blason de l'hôtel de ville de Poitiers. Septembre 2009.
© kritix.com

« Aurélien [Tricot], Maurice [Monange] ! » vitupéra le maire sur deux de ses conseillers, le premier tout feu tout flamme, le second assoupi. Aurélien Tricot fut pris d'un fou-rire qui paralysa sa délibération... Le maire finit par mettre bon ordre, dans la bonne humeur...
       La conseillère Maryse Desbourdes resta concentrée sur la délibération, « Cela m'interpèle ! Vous allez me dire que je suis contre le sport ! J'assume ! Je suis pour le sport pour tous ! Nos concitoyens doivent faire quoi ? On augmente de 30 % le football club. De 30 %, c'est énorme ! Le basket club, c'est disproportionné, si tant est que l'on tienne compte des difficultés de nos concitoyens. Je trouve qu'on donne facilement ! » Même si certains votes sont repoussés, les contribuables paient en attendant... Le maire défendit sa politique, « On a des critères de transparence absolus. On n'a pas à rougir sur l'insertion dans la ville et son club qui fait honneur au sport à Poitiers »
       Après avoir évoqué les aménagements dédiés au Basket-club aux arènes de Poitiers, ainsi que la salle de Saint-Eloi dont le club semble, selon Alain Claeys, s'être attaché, le maire, lassé par ces ralentis, « Accélère Aurélien ! » Le conseiller fut cette fois un peu trop concis, « Deux mots ! Ces associations travaillent à ce que le vivre-ensemble soit une réalité ! Croyez-moi, qu'aux 40 ans du centre équestre, il n'y avait pas que des bourgeois ! [Juste la modeste pompe de la garde républicaine... qui parada au parc de Blossac, NDR] Je ne veux pas que l'on oppose le sport professionnel au sport amateur ! »
       Le maire haussant le ton, coupa le politiquement correct, « Merci ! »
       La valeureuse conseillère Maryse Desbourdes, indignée par cet arbitraire, « Puisque l'on ne peut pas débattre, je vote non ! Allons-y ! » Elle leva les bras au ciel, « Puisque vous n'avez pas le temps ! Bravo pour la démocratie ! » C'est tout le problème du cumul des mandats...

Ce coup d'éclat sauva l'honneur de la séance publique d'un Conseil apathique. Apathie de courte durée, les conseillers réveillés par ce sursaut civique.

[Suite du conseil dans PLU de Poitiers : un bourgeois, une poule, assis sur un tabouret...]

ANNEXE
C'est à la délibération 81 que sera entérinée la participation de l'état dans le paiement de l'étude sur les cinémas, à hauteur de 10 000 euros.


Trombinoscope de la municipalité de Poitiers
Trombinoscope de la Communauté d'Agglomération de Poitiers [pdf]

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