Travailler plus pour perdre plus ! Selon l'INSEE, le Sarkozysme c'est 435 milliards d'euros de dettes publiques nouvelles sans réindustrialisation ! Soit moins de souveraineté par une dilapidation record en moins de 5 ans imposant 6700 euros de dettes « Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa » par français ! Bonne année 2012 !
vendredi  10 février  2012
Bonne lecture !
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Chronique 2 - mercredi 3 décembre 2008 Poitiers, délicate démocratie locale selon Alain Claeys
Chronique 2 - mercredi 3 décembre 2008 Poitiers, délicate démocratie locale selon Alain Claeys Chronique 1 - lundi 1 décembre 2008 Poitiers d'Alain Claeys, si bien en son Conseil...
 
2ème Chronique

Poitiers, délicate démocratie locale selon Alain Claeys

Kritix, le mercredi 3 décembre 2008 - 995 consultations - Commenter la chronique

La nuit bien noire devenue, les décorations de noël à peine installées Place d'Armes, faisant écrin à la patinoire festive, on tira l'un des deux rideaux de la salle des échevins... pour se protéger du monde occulte ?

« Marx se vend très bien ! », Alain Claeys

Mairie de Poitiers, salle des échevins, siège du conseil municipal.
© kritix.com

On poursuivit la tenue du conseil municipal de Poitiers du 17 novembre 2008 (voir la chronique précédente "Poitiers d'Alain Claeys, si bien en son Conseil...") dans une atmosphère « révolutionnaire » par le concours d'une figure au pittoresque décoiffant : pertinente dans sa logique, mais irréalisable dans les engagements programmatiques du maire Alain Claeys. Tenant à l'expression de cette opposition de gauche, le maire présenta avec détours, l'intervention qui déjà se profila : « Marx se vend très bien aujourd'hui ! »... hilarité générale. Il s'agissait de madame la conseillère Maryse Desbourdes (LCR et alternatifs), dont les propos souvent décalés donneraient pour bonnes des solutions étrangères aux engagements électoraux de la majorité municipale.


       Cette opposante peu banale commença par citer le philosophe Aristote qui proclamait que l'argent se devait d'être au service du Réel. Elle fit le parallèle avec notre épique époque où la « mondialisation financière se pratique au détriment du Capital industriel :  l'Economie réelle se retourne contre la finance ». Le maire actuel souscrivit à cet état des lieux et constata avec satisfaction que la « Troisième voie du social-libéralisme » bottait en touche, comme ce qu'il advint de la non-synthèse au congrès socialiste de Reims du weekend dernier.

Puis la conseillère Maryse Desbourdes s'en prit aux publicitaires, s'acharna sur la sulfureuse banque Dexia : montrant les dérapages de gestions libérales. Pour sa défense le maire constatant que son opposante commençait à tordre le coup à l'ordre du jour de la séance plénière, le député-maire rappela qu'il « fait la loi et l'applique même quand il vote NON (en référence à sa position noniste fabiusienne sur la question du référendum constitutionnelle européen), mais avec des réserves quant à son application ». Sur la question du mobiler urbain le maire lança « Allez-y madame Desbourdes, mais je crois que votre intervention est un peu décalée » en parlant des restrictions de l'ordre du jour ; Elle s'indigna contre la publicité non sollicitée, sur le domaine public, qui finance le mobilier urbain.

Par suite, on en vint à une délibération sur le sport défendue par Aurélien Tricot, adjoint au maire. Il défendit un sponsoring : le retour sur le ring d'une gloire nationale et locale ; celle du boxeur Mahyar Monshipour . Cherchant la brièveté, il amusa le maire qui trouva quelque langueur en son conseil. « Vous voyez qu'un socialiste peut faire la synthèse! » La référence au congrès de Reims fit son effet, et le rire redressa tout ce petit monde qui s'était imperceptiblement avachi ! La LCR considéra que l'argent public ne devait pas financer le « sport spectacle », mais la pratique sportive pour tous. Ce à quoi le maire répondit que « le dynamisme d'une ville se fait aussi par l'Exemplarité de sportifs locaux quand c'est possible ».

« Je condamne votre discours fielleux ! », Alain Claeys

Alain Claeys en séance publique du 17 novembre 2008.
© kritix.com

Une autre partie de l'opposition municipale entra en lice avec une intervention très remarquée du conseiller MODEM Maxime Huille qui après avoir usé d'une redoutable « méthode déductive » pour démonstration, fit naitre un argument pour le moins polémique et qui fit sortir de ses gonds la tête du conseil. Le MODEM montra que l'activité de l'incinérateur de Saint Eloi produisait des lichens en centre ville et plus particulièrement au parc de Blossac. Le maire Jacques Santrot n'aurait pas informé les poitevins de tout l'impact induit par l'exploitation dudit incinérateur (l'ensemble du contenu du rapport n'aurait pas été dévoilé aux Poitevins), déjà stigmatisé par une ancienne ministre de l'Environnement qui l'avait fait arrêter au grand damne du maire Santrot qui voyait dans la décision une manœuvre politicienne. Les parallèles allusifs, du conseiller municipal d'opposition, ajustés aux défaillances de l'État sur les questions de l'accident de Tchernobyl et de l'affaire du sang contaminé, en référence à l'ère Mitterrand et Fabius, finirent par heurter le député-maire de Poitiers. Piqué au vif, son sang ne fit qu'un tour, l'ire du premier magistrat éclata :
       « Je condamne votre discours fielleux », répondit vertement Alain Claeys, tout en ajoutant avant et après « ce n'est pas dans mes habitudes de parler sur ce ton, [...] je rend hommage à l'équipe municipale précédente ».
       Il n'était surtout pas dans ses habitudes de perdre son sang froid. Il ne pouvait laisser planer le discrédit, déshonorer le bilan du maire Santrot, de son administration municipale, héritière de ce même passé ; aussi fit-il l'éloge du respect des normes et du professionnalisme des services municipaux : il ménagea ses troupes. Seulement il ne répondit pas de la présence manifeste des lichens en centre ville...


       Le MODEM demanda à ce que des parents puissent exprimer leur mécontentement , n'ayant pas été associés au débat sur la mutualisation des coûts de structures de la restauration scolaire poitevine. Ils s'inquiétaient de la mutualisation de la « restauration bio pour la petite enfance » et du devenir des crèches poitevines. Le maire lança à l'adresse du Modem qu'il ne voulait pas rouvrir le débat arguant que son Conseil est une « assemblée délibérante ayant pour objet la prise de décision ». Présents debout, depuis une heure pour certains, assis pour d'autres , les parents ne purent pas manifester leurs inquiétudes. Lassés par la longueur des délibérations, ils renoncèrent à s'exprimer en fin de séance. Le maire souligna qu'il serait vigilant quant au respect de l'aspect règlementaire des normes.

L'UMP s'exprima sur le service des eaux et le coût de la pollution, par le conseiller Braconnier. Le député maire Alain Claeys salua non sans ironie sa qualité de professeur de droit à Poitiers, lui rappelant non sans mauvaise foi, les vertus de la répétition dans la pédagogie, après que les affres de la fatigue eurent tôt fait de bégayer l'adresse dudit professeur et conseiller. La question de la pollution est en effet une « vielle Arlésienne », un peu facile, entendue de tous, dépassant les clivages les plus tenaces.


       « C'est une délibération limace ! », Maurice Monange

Alain Claeys fit un aparté, se disant choqué de l'utilisation, la récupération politicienne d'un fait divers par le garant de nos institutions nationales. Il s'agissait d'un fou qui poignarda gratuitement le premier venu qui fut en l'espèce un doctorant en biologie musculaire. Alain Claeys s'éleva donc contre le président de la république française Nicolas Sarkozy qui ne doit pas en tant que dépositaire de nos règles républicaines, légiférer « sous le coup de l'émotion, tout comme le fait divers ne doit relever que de la loi actuelle et du Médical ». La récupération sarkozienne est pour notre spécialiste de la bioéthique un affront, une outrance faite à l'esprit de nos Lois.

Quelque peu perturbé par le spirituel Maurice Monange, le rythme soutenu des délibérations déclina. Ledit sage conseiller délégué (ancien premier adjoint du maire Santrot et actuel conseiller municipal délégué) trouva que la délibération « limace » portait bien son nom : il s'agissait d'une subvention allouée à l'association limace. La fatigue faisant, on se perdit en lectures ! L'affaire fut entendue, mais surtout détendue. L'ennui éthéré, la séance étirée. La salle s'esclaffa et fraternisa ! Avec l'humour tout passa. Maurice Monange en a la dextérité d'un troubadour ; les pictaves ne savent pas ce qui lui doivent, lui la salamandre, lui le caméléon poitevin sachant toujours terrasser de nouvelles « grand-goules ». Maudit par tous les pictaves, le monstre damné, achevé par la sainte reine poitevine Radegonde, peut rôtir en enfer ! Que Poitiers nous préserve !

22H00 : la séance fut levée.


Trombinoscope de la municipalité de Poitiers
Trombinoscope de la Communauté d'Agglomération de Poitiers [pdf]

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