Travailler plus pour perdre plus ! Selon l'INSEE, le Sarkozysme c'est 435 milliards d'euros de dettes publiques nouvelles sans réindustrialisation ! Soit moins de souveraineté par une dilapidation record en moins de 5 ans imposant 6700 euros de dettes « Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa » par français ! Bonne année 2012 !
vendredi  10 février  2012
Bonne lecture !
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16ème Chronique

Mot Claeys, clé de la duplicité poitevine (acte 2)

Kritix, le samedi 18 avril 2009 - 932 consultations - Commenter la chronique
Poitiers : Veillée de Notre-Dame-la-Grande.
© kritix.com

Brusquement, la porte s'ouvrit ! Deux étudiantes en droit firent irruption. Et c'est non sans une certaine insolence qu'elles interrompirent le conseil municipal de ce 30 mars 2009. Hors de lui, le maire se fâcha tout rouge, « on n'interrompt pas comme ça ! […] Je décide donc de suspendre la séance ! », le maire étant dépositaire de la police de l'assemblée. Avant qu'il ne les laissa intervenir durant ce qu'il convient d'appeler un incident de séance, le maire ajouta « Je ne vous ai pas attendu pour prendre parti ! » Les deux étudiantes dédaignèrent répondre au maire qui leur demanda à plusieurs reprises leurs appartenances idéologiques. Cette opposition frontale ne bougea pas pendant trois longues minutes, puis le maire céda, acceptant d'écouter les doléances des deux requérantes. L'une d'elle porta un billet de revendications à la tribune, l'autre parla au micro devant la porte de la salle des Échevins.

« Je ne vous ai pas attendu pour prendre parti ! », Alain Claeys.

La seconde étudiante en droit à la faculté de Poitiers tint bon, malgré les tentatives de déstabilisations du maire, elle ne manqua de s'indigner contre le blocus de l'Université de Poitiers qui, à ses yeux, n'a que trop duré : la réputation de la faculté étant désormais remis en cause par l'absence durable de cours. Elle demanda au maire d'agir pour que les cours puissent reprendre. L'université de Poitiers a en effet la fâcheuse habitude d'être en grève presque chaque année. Mais en 2009, les professeurs s'ajoutent aux étudiants. Évidemment, il leur fut répondu que c'était dû à la politique du gouvernement. En attendant, le nombre d'étudiants baissent dangereusement, en même temps que la réputation de l'université ; comme presque partout en France. N'oublions pas qu'une université est un acteur économique décisif dans une capitale comme Poitiers. Le maire Alain Claeys s'appliqua à leur répondre méthodiquement avec passion (voir la vidéo ci-dessous). Après qu'il eut répondu, il fera remarquer le courage dont elles firent preuve en apportant à la tribune leurs doléances. Les deux étudiantes restèrent cordiale et partirent après les remerciements d'usage. Le cours normal de la séance reprit à 18h53.

Dans une salle des Échevins qui semble toujours menacer ruine, la vétusté étant partout, Alain Claeys s'inquiéta faussement de son fidèle chargé des finances Francis Chalard, « Il va s'étouffer ! », victime d'allergies, de rhumes des foins peut-être, il tint bon, continua, exposa les travaux du budget primitif. Il rappela avec préoccupation, « l'impôt est le meilleur outil redistributif de richesse : c'est un principe de solidarité. » Le maire se leva et s'installa en fond de salle parmi le public pour mieux voir et commenter ci et là les les documents affichés par le vidéo-projecteur, auxquels la tribune tourne le dos.

« N'y voyez pas de malice, le département [dirigé par la droite UMP] est à 2,4% d'augmentation », Francis Chalard.

Francis Chalard rappela qu'un point d'impôt sur la commune équivaut à 499 900 € et que la dotation de l'État se monte à près de 31,2 millions € ; que les recettes de fonctionnement se montent à près de 71,3 millions € et que, dans le cadre des capacités financières de la fiscalité mixte qui permet de percevoir, en plus de la taxe professionnelle, une fiscalité additionnelle sur les trois autres taxes directes locales que sont les taxes foncières (propriétés bâties et non bâties) et d'habitation, la DGF est aujourd'hui figée. Le maire s'en félicita, « c'est une bonne chose ! » En effet, Poitiers ne devrait plus risquer une évolution à la baisse de cette contribution de l'État aux recettes de la ville. Le maire exprima quelques inquiétudes sur le produit fiscal que constituent les taxes liées aux droits de mutation (sur la propriété immobilière). Des dispositions techniques furent développées. Y fut précisé que l'abattement général des bases correspondaient à un manque à gagner pour Poitiers de 4 050 000 € lié aux faibles revenus et de 1 700 000 lié à la conjoncture. On justifia une certaine modération fiscale à la hausse, soit 2% d'augmentation, par l'inflation et un désengagement de l'État chronique, sous couvert d'une décentralisation, délégations de services publiques sans contreparties. Francis Chalard illustra la bonne volonté des services municipaux en terme de rigueur budgétaire par une baisse des dépenses de gestion de 1,7%, malgré un recours à la dette, « N'y voyez pas de malice, le département [dirigé par la droite UMP] est à 2,4% d'augmentation ». Il rappela que la charge nette de personnelle correspondait à 48 % du budget général en 2009, quand il était à 47 % en 2008, « on reste relativement stables ».

Alain Claeys ne voulant pas que l'on s'éternise sur le délicat sujet des rémunérations et de la qualité du service public lié à une masse salariale fournie : « Accélère un peu ! ».
       « Ah, monsieur le maire, je suis concis ! » rétorqua le chargé des finances surpris par la vive recommandation. Francis chalard ne fait que se cantonner à la rigueur des règles comptables répondant aussi des choix politiques initiés par le maire et son conseil. Le grand argentier de Poitiers sait que sa place est de tous les instants pris sous les feux nourris des désidératas du maire.

« Ne sois pas désagréable avec certains fonctionnaires ! », Alain Claeys.

Alain Claeys, maire de Poitiers, lors du conseil municipal du 30 mars 2009.
© kritix.com

A périmètre équivalent, le budget associations évolue à la hausse de 1%. Les dépenses de fonctionnement évolue à la hausse de 0,5 % pour un total de 97 millions d'euros, alors qu'en 2008 une baisse de 2 % avait été enregistrée. Francis Chalard interpella l'assistance : « On ne pourra pas faire ces efforts de rupture [modérations], tous les ans ».
       « Ne sois pas désagréable avec certains fonctionnaires » lança ironique le maire.
       Le conseiller Chalard sourit mais ne commenta pas. L'opposition municipale ne broncha pas non plus sur les 20 millions d'euros alloués au budget culture. Le chargé des finances fit valoir une lente évolution de l'épargne brute à près de 800 000 euros qu'il qualifia de point faible : seule marge de manœuvre budgétaire viable à moyen terme. Alain Claeys rectifia mi-ironique, « On a aucun points faibles, on y est arrivé ».

On put remarquer les quelques 700 000 euros d'amendes de police enregistrées par le trésor municipal. L'encours de la dette passe de 94 à 96 millions d'euros, sans emprunts toxiques. Les taxes variables étaient de 4,24 %, aujourd'hui ils sont à 3,94%. Nous avons une gestion de la dette inversement proportionnelle à la tendance des autres villes. Le maire Alain Claeys d'une voix articulée : « Accélère !
       - Je vais vite
, répondit le malmené Francis Chalard
       - Nous faisons des investissements lourds dans cette maison sur un programme informatif et un programme nouveau de réorganisation, précisa doctement le maire. »

Le chargé des finances termina son approche conclusive : l'épargne brute est à 8 millions d'euros, l'excèdent budgétaire est à 6 millions d'euros, la dette à 98 millions d'euros. « Merci Francis Chalard pour cette présentation très complète », fit savoir le maire, comme soulagé, retournant à la tribune.


       [Suite du conseil dans l'acte 3]


Trombinoscope de la municipalité de Poitiers
Trombinoscope de la Communauté d'Agglomération de Poitiers [pdf]

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