Travailler plus pour perdre plus ! Selon l'INSEE, le Sarkozysme c'est 435 milliards d'euros de dettes publiques nouvelles sans réindustrialisation ! Soit moins de souveraineté par une dilapidation record en moins de 5 ans imposant 6700 euros de dettes « Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa » par français ! Bonne année 2012 !
vendredi  10 février  2012
Bonne lecture !
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24ème Chronique

Poitiers et le poing d'honneur d'Aurélien Tricot

Kritix, le mardi 2 juin 2009 - 1466 consultations - Commenter la chronique

Point par point, on montra les poings ; une mise au point du conseiller Tricot qui ne manqua pas de doigté, qui prend du galon...

Campanile de l'hôtel de ville de Poitiers, le 25 mai 2009.
© kritix.com

Quelques temps plus tôt, lors de cette séance publique du 25 mai 2009, le maire de Poitiers fut des plus surpris par l'abstention de sa très dévouée conseillère Magali Barc (13ème adjointe déléguée à l’animation dans la ville, à la jeunesse et à la vie étudiante) répugnant le vote positif sur une subvention pour les sélections au jeu télévisé Questions pour un Champion. Sous les yeux médusés du maire, très attaché à la discipline de vote, elle fit valoir qu'une aide publique ne devait pas être allouée : une ville n'a pas à subventionner un jeu télévisé... Le conseiller Abderrazak Halloumi (délégué à l’accessibilité, au handicap et à la sécurité des établissements recevant du public) s'amusa avec sérieux, « C'est une subvention exceptionnelle sur un bon jeu de culture générale ! » Et, le maire Alain Claeys, finalement peu mécontent de l'agrément séance tenante, « Magali, tu es contre la culture générale ! », fit-il savoir tout sourire...

Aurélien Tricot (6ème adjoint, délégué aux sports) bomba le torse et d'une voix affirmée aux accélérations et ralentis marqués, « En propos liminaires, […] félicitations aux clubs play off […] il en coutera, Francis Chalard nous en excusera. » adressa-t-il taquin avant de continuer, « [il faut] Accompagner les clubs avec des subventions ; il faut aller au-delà de ce que demande la Loi, par une convention entre Poitiers et les clubs. […] La subvention évolue en fonction de la montée ou de la descente d'un club... Les subventions à l'ASPTT restent importantes »

Le conseiller de l'opposition Stéphane Braconnier, « Nous nous réjouissons du travail important de subventionnement des associations sportives. On peut aller plus loin, mais en donnant des perspectives ; qu'il y ait ambition ou pas. Moins d'approximations c'est toujours un élément positif. Le soutien au sport de haut niveau, la question de subventionnement du boxeur Mahyar Monshipour et l'analyse rétrospective du dossier que l'on peut en faire : compte tenu de l'évolution, la ville n'a pas à voter une opération commerciale. La position [de l'UMP] est celle de l'adjoint, nous nous en réjouissons ! » L'opposant continua ensuite sur le délabrement de l'une des piscines municipales, « Nous ne revenons pas sur la Ganterie ! La municipalité doit être totalement transparente sur ce dossier sportif. Par la création, la demande d'une commission sur les équipements sportifs, associant élus de la majorité et de l'opposition. Il ne faut pas de cafouillages, j'ose le dire, sur la sécurité des équipements. »

Alain Claeys, martial, « Ce n'est pas de la compétence de la ville mais de la CAP ! L'expert indépendant, entendu par les journalistes, m'a amené à prendre les décisions qu'il fallait... » Aurélien Tricot reprit avec allant, « Poitiers a été très clair sur Monshipour. Le conseil général a mis sa participation financière, la région une partie aussi... »

Entrée du Palais de Justice de Poitiers. Avril 2009.
© kritix.com

Le député-maire, résolument plus scrupuleux que jamais, « Poitiers met à disposition les équipements, mais ne versera pas d'argent à l'organisation pour le cachet des joueurs. [...] Je souhaite à Mahyar Monshipour plein de succès. » « Sur les équipements de la CAP, je ferai une analyse de tout avec Aurélien, puis l'analyse des mesures à prendre, desquelles nous devrons répondre pour nous prononcer sur leurs financements. [...] A certains grands clubs nous demandons des éclaircissements... »

« La 40 ! […] Francis Chalard est à la manœuvre ; [nos opposants] seraient capables de dire que nous n'avons pas d'ambition ! Si le basket club passe en N1, le budget double : ce sera considérable, il faudrait s'y préparer ! » Certains conseillers se gaussèrent... Alain Claeys, sur sa lancée, « Dans le cadre d'un match entre les élus, tu seras désigné d'office comme arbitre, Aurélien », les conseillers s'esclaffèrent...

Aurélien Tricot regretta que l'on passa par la presse pour poser des questions sur son domaine de compétence, le sport... Puis, déchaîné, fit une pointe de vitesse en paroles... Le maire de Poitiers amusé par la prouesse, « Pour moi, tu le referas doucement ! » Jovial, lisant toujours de manière expéditive, le maire le tança avec bienveillance, notant qu'il ne se laissait pas décontenancer tandis qu'il transpirait à grosses gouttes...

« La 52 ! », claqua le maire. Relevant le défi, Aurélien Tricot sut plaire, « Tout cela a été vu en commission ! » Alain Claeys ravi de la bonne inclinaison du poulain de l'ancien maire de Poitiers Jacques Santrot, « C'est très bien ! » Le maire le titilla malicieusement sur des détails techniques, le questionnant par le décalé de renseignements anecdotiques... Aurélien Tricot, comme essoufflé mais toujours affable, « Je vois que vous êtes espiègle monsieur le maire ! » Pour écarter tout malentendu s'entend...

Salle des Pas Perdus du Palais de Justice de Poitiers et ancienne grande salle du Palais Comtal. Avril 2009.
© kritix.com

Le maire fit un bref historique des golfs de Mignaloux et de Saint Cyr, où les financements publics et privés furent épiques... Aurélien Tricot, taquin, « Avec mon ami Francis Chalard, pour demander de l'argent... » Alain Claeys l'interrompit, inspiré, riant, « C'est vraiment radical socialiste ! » Aurélien Tricot, de bonne composition, afficha une connivence affichée, affectée, « Je te remercie, monsieur le maire... » On rappela que quelques célébrités sportives fréquentèrent les équipements de Vouneuil-sous-Biard, tel Jo Wilfried Tsonga ou Cédric Pioline... Le maire, paternel, « Je me réjouis d'avoir choisi Aurélien Tricot. Il a eu le tour de force de faire adopter à l'unanimité sa politique ! » Disons, la politique acceptée dans le bureau du maire avant le passage de ladite politique au vote publique... Aurélien Tricot triomphant, radieux, « J'associe mes services à vos applaudissements ! » La condescendance fonctionna à plein, les applaudissements furent au rendez-vous... L'unanimité du Conseil couronna une nouvelle fois Monsieur Consensus, « Sur la politique du sport, nous sommes d'accord ! » Au conseil municipal de Poitiers, on peine souvent dans l'art de la litote...

Le maire, la gouaillerie alerte, se tournant vers Francis Chalard (2e adjoint délégué aux finances, au personnel, à l’informatique et télécommunication et au Centre Technique Municipal), « Il faudra que tu nous dises combien ça nous coutera ce que l'on a voté... » Monsieur le maire ne manque pas d'humour, lui qui compte au nombre de ses qualités celle de faire la chasse aux gaspillages, celle de cultiver la rigueur des budgets. Il ne saurait pas ne pas anticiper une future dépense municipale, comme il sut le montrer avec brio au siège du parti socialiste : autres temps, mêmes mœurs. Peu après le maire fera remarquer amicalement à Aurélien Tricot qu'il n'est plus tout à fait un jeune poitevin (après qu'il eut parler de la jeunesse à laquelle il s'associa par coquetterie) ; lui, jeune loup du cabinet de l'ancien maire Jacques Santrot.

« La 67 ! » Sur une subvention dédiée à l'association UFC Que choisir de la Vienne, le maire, dextre, « 1500 € ?! Pourquoi, quand la Vienne est à 500 € ? Poitiers est dans la Vienne ! » Le bon Maurice Monange, « il faut choisir ! » Ce vétéran conseiller aime à rendre l'usage spirituel, avec ce zeste de fantaisie ; chapeau l'artiste ! Et le rire fut ! Sa bonhomie est appréciée de tous, y compris des cyniques...

« La 73, Éliane ! », le maire reprit la main et lança à l'opposition, moqueur, « Vous voulez une explication ? Non ? C'était un peu monotone [...] Ils peuvent s'abstenir, quand même ! Adopté ! » Un peu plus tard, faisant référence à une subvention à la LPO, « Vous aimez les petits oiseaux ! » Quelques temps après, le maire fourbu, s'adressant à ses adjoints, « A qui avez vous donné la subvention... euh... la délibération ? » La séance prit une drôle de tournure. La sous-traitance fit un passage éclair : le conseiller Stéphane Braconnier alla à la recommandation d'externaliser « des emplois techniques »...

Détail de la verrière du grand escalier de l'hôtel de ville de Poitiers. Avril 2009.
© kritix.com

Le conseiller Robert Rochaud recommanda « l'élaboration de marchés pour le TAP et [l'espace] Toumaï ». Alain Claeys très professionnel, « En ce qui concerne le TAP, j'attends Maxim's sur le projet de la chapelle, dans le cadre de la confirmation des hôtels de centre-ville. [Aussi,] cet espace pourrait être loué : on risque une demande sur plusieurs activités. C'est comme la gare : j'ai pas convaincu, il faut être patient. Il faut trouver le bon équilibre. Il faut de l'hôtellerie autre, à la gare. Je crois que ce quartier va démarrer ! Le marchand de journaux souffre, la pharmacie qui râle, mais... Je pense que l'initiative privée va démarrer. Je ne vais pas jouer madame soleil ! Je remarque simplement que Bouygues s'intéresse à des friches... Il faut être patient [malgré la Crise]. Pour revenir à la restauration [i.e. le restaurant] du TAP, il me faut voir ce qui relève de la ville et de la maintenance... Il faut faire attention. »

20h45. Le maire, à l'occasion d'une délibération à l'enveloppe financière de 60 000 €, « je suis ce dossier de près ; le conseil général va bouger... » Puis Alain Claeys se permit ce surprenant impromptu à l'endroit d'un conseiller, « J'ai vu votre présidente, elle était en pleine forme ! Elle va bien : je l'ai vu en réunion. [...] Je vous informe c'est tout ! Vous étiez à la région, n'est-ce pas ? » Précisons un peu le contexte socialiste : Martine Aubry et Ségolène Royal font la trêve, non pas des confiseurs, mais des conflits de leadership. Les play off, éliminatoires in french, c'est pour plus tard : les français se détournent du papier glacé...

Le maire de Poitiers se voulut pédagogue sur le désert de la gare, « Je pense que le clivage de la gare se pose en termes idéologiques sur la question de l'emploi. Entre nous, je ne supprimerai pas un fonctionnaire sur deux ! Tu ne le ferais pas au CCAS, Serge [Rouquette, conseiller de l'opposition nouveau centre, faisant partie de la commission CCAS] ? » Et pour le torturer un peu plus, Alain Claeys ajouta, non sans humour, « je salue ton travail ! » Puis regardant droit dans les yeux son bon Conseil, « Vous aurez cette année un bilan régulier, avec avec lequel vous serez surpris de constater un recul de la précarité ». La 92 ! Délibération du dispositif CIFRE, bourse de doctorant en partenariat avec une entreprise, le maire commenta, « Selon l'évaluation de l'INSERM, il y aura une équipe, celle de Boué, qui peut être qualifiée... »

Les lions du Campanile de Poitiers. Mai 2009.
© kritix.com

En marge de l'ordre du jour, deux vœux furent exprimés. Le premier sur le soutien au franco-palestinien Salah Hamouri qui ne fait pas l'objet de soutien de la part du président de la république française, à l'image du soutien présidentiel porté au franco-israélien Gilad Shalit... Le député-maire Alain Claeys se fit bienveillant, « Il faut un traitement équilibré. Je suis prêt, en tant que parlementaire, à écrire sur le sujet au Quai d'Orsay... » Le second vœu fut porté par l'opposition. La conseillère de la majorité Magali Barc s'effaroucha que ce vœu n'ait pas été demandé en temps et en heure, avant la séance publique. Alain Claeys lui montra son mécontentement appuyé par un « Tu ne sais pas de quoi il s'agit ! » Fâché, il gronda, il rabroua, puis, magnanime, accorda la parole à l'opposition. Il s'agissait d'une campagne de don du sang qui se ferait aussi dans l'enceinte des services municipaux...

21h03. Le maire de Poitiers, provocateur désabusé à l'égard de l'opposition municipale, « On n'a plus qu'à les convaincre sur la gare et on aura gagné. Bonsoir ! » Beau site, sire provincial, que celui de la... docilité.


Trombinoscope de la municipalité de Poitiers
Trombinoscope de la Communauté d'Agglomération de Poitiers [pdf]

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