Travailler plus pour perdre plus ! Selon l'INSEE, le Sarkozysme c'est 435 milliards d'euros de dettes publiques nouvelles sans réindustrialisation ! Soit moins de souveraineté par une dilapidation record en moins de 5 ans imposant 6700 euros de dettes « Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa » par français ! Bonne année 2012 !
vendredi  10 février  2012
Bonne lecture !
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17ème Chronique

Mot Claeys, clé de la duplicité poitevine (acte 3)

Kritix, le lundi 20 avril 2009 - 787 consultations - Commenter la chronique

« Est-ce que tout le monde est éclairé ? », s'exclama le maire de Poitiers, se tournant vers l'opposition, un brun provocateur et fausse candeur.

L'opposant UMP, Stéphane Braconnier, s'avança avec un ton qui monta crescendo « Ce budget est pour l'UMP assez contrasté ; le point principal c'est l'Investissement comme si entendu. La ville de Poitiers adopte un plan ambitieux. La ville pourra doubler sa dotation de l'État pour ses équipements. Autre satisfaction pour la gestion de la dette. Donc, bon point pour l'Investissement. Mais il y a inquiétude sur la pression fiscale. La hausse d'impôts ne finance pas l'Investissement. C'est de bonne guerre, le désengagement de l'État n'a pas convaincu : la DGF croît de 2,1% en 2009. Poitiers invente le théorème plus de dette et plus d'investissements donne plus d'impôts ! Nous devons rechercher une meilleur bonne gestion. »

Le maire Alain Claeys irrité rompit les rangs, « Ne criez pas ! » Stéphane Braconnier enclin à l'auto-dérision, en faisant référence au conseil de CAP ayant eu lieu quelques jours plus tôt « Je prends un micro à la différence du maire de Fontaine-le-Comte ». Le conseiller UMP s'encanailla, « Vous avez un héritage à assumer... » Pris de spasmes, d'un rire nerveux par secousses, Alain Claeys s'agaça de l'impertinent, « Cela n'a rien à voir !
       Je peux continuer ?
       Oui, oui.
       On invoque l'argument massif de la qualité du service public, mais moi aussi je suis pour mais au meilleur coût. Les subventions baissent de 2,4%, disons qu'il s'agit d'une inflexion dans la méthode. Sans ressentiments, la politique est centrée sur la recette fiscale : pas de ligne directrice ! Nous voterons contre ce budget !
 » L'UMP enfonça les lignes, mais la majorité contre-attaqua... peu.
       Seul le conseiller communiste Patrick Coronas manifesta une timide répartie, « les taux de fiscalité et les investissements sont des outils essentiels de solidarité. Le désengagement de l'État a des effets dramatiques sur les hommes et l'environnement. » Le maire hocha de la tête, la mauvaise foi, le mauvais esprit n'étant plus circonstancié.

« La seule finalité du capitalisme c'est le fric ! », Maryse Desbourdes.

L'irréductible opposante de gauche Maryse Desbourdes fut très remontée devant un unanimisme qui eût pu faire pâlir d'envie le camarade Staline, une caricature qui garde toujours son fond de vérité, « Je ne pensais pas que la hausse des taux était un jeu concours ! [ Elle fit référence à une présentation comparative du maire entre la fiscalité de Poitiers et celle tenue en d'autres villes françaises : la plupart plus importante qu'à Poitiers ] La seule finalité du capitalisme c'est le fric ! [en référence à la moralisation prétendue du capitalisme par la volonté du président de la république Nicolas Sarkozy] On explique cette politique par un calcul laborieux et quelque peu spécieux, pour justifier les hausses d'impôts ! Je suis désolée, j'ai la même page que Stéphane Braconnier, mais on n'est pas d'accord sur le reste ! » Alors que la salle des Échevins n'en finissait pas de rire de l'ouverture de l'UMP qui irait jusqu'à l'extrême gauche sur certaines questions, le maire s'essaya en des réponses simples et concrètes sur le désengagement de l'État. En somme, on fait le sourd, l'aveugle, en avant toute !

« des poitevins qui sont, passez moi l'expression, dans la MERDE ! » Maryse Desbourdes.

Alain Claeys, maire de Poitiers, lors du conseil municipal du 30 mars 2009.
© kritix.com

La conseillère Maryse Desbourdes, impassible, reprit « L'augmentation aurait pu être pire ! On ne va pas vous dire merci : Poitiers fait partie des villes les plus endettées ! » On ricana dans la majorité qui préféra la forme au fond ! Haussant la voix, la conseillère s'indigna, « Les revenus disponibles vont baisser pour les Poitevins ! Établir des priorités pour réduire l'impôt ayant des conséquences pour des poitevins qui sont, passez moi l'expression, dans la MERDE ! »
       Depuis un certain temps, sur sa réserve, le maire fulminait. Soudainement n'y tenant plus, le coup allusif porté sur la crise et ses victimes l'amena à s'expliquer, « Il y a beaucoup de sincérité, mais il y a une chose que je ne sais pas faire, c'est augmenter les dépenses tout en baissant les recettes. Je dis que je ne suis pas capable de faire les "il faudrait !" »

« C'est injuste pour le pouvoir d'achat des Poitevins. », Philippe Mahou.

L'opposant Modem Philippe Mahou, « On n'a pas de propos dogmatiques. La DGF... ». Le maire l'interrompit, « Techniquement vous vous trompez ! » Philippe Mahou continua avec détachement, « ...Avec l'augmentation des bases, le pouvoir d'achat de la ville augmente ; vous retenez l'inflation pour justifier la dépense... Une inflation de 1 % ne justifie pas tout. C'est injuste pour le pouvoir d'achat des Poitevins. On peut citer les moins bons élèves, mais nous pensons évaluer le montant des recettes à taux constant. Le budget est trop lourd. »

Le conseiller de la majorité Yves Jean, « C'est un budget de rigueur et de méthode ; un budget d'investissement et de solidarité. Je ne voulais pas intervenir car je suis pour une vision objective de la situation [sous-entendu, je suis suis plus raisonnable que vous autres]. Désolé Maryse, les élus sont confrontés au même problème de désengagement de l'État. C'est une méthode rigoureuse qui devrait acter cela pour une position commune. Ensuite, on trouve les investissements travaux, humains [médiateurs de quartiers entre autres choses] avec le plan de relance de l'État. Grâce au bilan de Jacques Santrot [prédécesseur d'Alain Claeys], il y a des banlieues calmes. La dette est maîtrisée, l'épargne brute qui progresse. Tout cela devrait être acté... Enfin, c'est un budget de solidarité sociale et géographique »

Le conseiller de la majorité Bernard Cornu, « C'est un budget clair dans sa présentation. L'épargne brute, c'est une manière de rendre durable un budget. Un investissement qui augmente de 20% est signe de confiance. C'est une vision financière, technique mais surtout politique. C'est un budget de gauche qui prend en compte des valeurs. De tous bords on regrette le désengagement de l'État : réalité arithmétique aux conséquences politiques. Lorsqu'on augmente les impôts, c'est que l'on en est contraint d'y faire ; aucun élu n'aime le faire. C'est un budget qui rétablit, promet un équilibre entre usagers et contribuables. Pour résumer, c'est un bon budget, maîtrisé, de gauche, juste, solidaire, qui respecte les engagements pris. Il est dynamique, c'est un budget de confiance dans la politique locale. »

« De Gaulle disait "le pire en politique c'est d'être petit !" », Georges Stupar.

Le conseiller de la majorité Georges Stupar plaisanta amicalement sur le chargé des finances, « Victime d'allergies respiratoires, à moins que ce ne soit la moquette... Pauvre Francis Chalard qui a été empêché de dormir ! » Puis le conseiller Vert passa aux choses sérieuses, « Arrêtons de nous focaliser sur l'impôt, j'aimerai que tous les poitevins puissent payer l'impôt : c'est le droit, l'espoir du mieux vivre ensemble. Les interventions, déplacements de Sarkozy coutent cher alors que un communiqué internet coûte peu et est tout aussi efficace [politiquement]. De Gaulle disait "le pire en politique c'est d'être petit !" [En référence au déplacement présidentiel châtelleraudais ; de plus le président français n'est pas connu pour sa grande taille mais pour ses réformes médiatiques à courtes vues : les élus UMP s'offusquent, le élus PS jubilent] C'est un vote de salut public municipal ! Qu'il est dommage de rater la marche de l'Homme ! » Applaudissements dans la majorité municipale.

Tour Maubergeon du palais Comtal à Poitiers, en mars 2009
© kritix.com

Le conseiller de la majorité Aurélien Tricot dénonça, « Licencier pour faire des économies ?![l'Homme appelé pudiquement capital humain, dernière variable d'ajustement] », quand le chef de file UMP Stéphane Braconnier l'interpella pour lui signifier que ce qu'il dit est, selon lui, bien différent de ce qu'a dit Gerges Stupar. Le maire vola au secours de son second couteau, « Parle à tout le monde ! Ne sois pas confus ! » La correction permit au conseiller Aurélien Tricot de sortir de l'embarras pour lancer une salve bien sentie à l'UMP, sous le regard attendri du maire à qui le spectacle semblait bien plaire, « Vous êtes l'ami des libéraux. Dans une société où les inégalités s'accroissent, il faut une politique culturelle, sportive, sociale. La droite libérale regarde toujours les recettes pour décider des dépenses de sécurité sociale, urbaine... » Le conseiller Stéphane Braconnier atterré, « C'est du pragmatisme ! »

« Tous les services travaillent à faire bouger les lignes. C'est votre expression monsieur le maire. », Régine Laprie.

L'adjointe au maire à l'action sociale Régine Laprie, « Pour ce qui concerne le CCAS, la ville s'engage sur plus de 7 millions d'euros. Il nous faut ne rien diminuer et nous adapter à l'augmentation des besoins des poitevins. Il faut concourir à la mutualisation des moyens des personnels de mairie et de ceux du CCAS. Tous les services travaillent à faire bouger les lignes. C'est votre expression monsieur le maire [oui... enfin, il faudrait rendre à Sarkozy ce qui à Sarkozy...]. La petite enfance, la restauration scolaire, le foyer personnes âgées, le bien manger, tout ceci est une dynamique comprise dans la maîtrise du budget. »

Le conseiller de la majorité Michel Berthier, « Je n'avais pas prévu, moi non plus d'intervenir [leitmotiv de tous les intervenants de la majorité]. C'est un excellent budget avec la mutualisation des approvisionnements, celle des formations des personnels, des bénévoles... Limiter les coûts ! Sans polémiques, il y a une inflexion avec le passé ! » sous-entendu : on ne gaspille plus comme sous l'ère Jacques Santrot...

« Je comprends la révolte de Maryse. La différence, c'est que j'ai décidé. », Alain Claeys.

Le maire se félicita honnêtement de ce débat riche et long, « [i]Je comprends la révolte de Maryse. La différence, c'est que j'ai décidé. » Puis de faire une récupération discutable, « Décider, c'est choisir ! », dixit Mendès France. Comme pour défendre ce qui ne l'était peut-être pas assez, le conseiller Bernard Cornu reprit la parole, « C'est un budget de confiance. Nous avons tenu nos engagements, fait bouger les lignes, notre élection fait une nouvelle étape dans la ville de Poitiers. »

Le maire s'emporta avec virulence, monsieur consensus ne s'appartenant plus, « A l'UMP, quand, sur le bouclier fiscal, l'on peut recevoir des chèques de 300 000 € qui ne participent même pas au RSA, vous n'êtes pas qualifiés pour voter les dépenses, monsieur le militant de l'UMP ! Je suis ici pour gérer une ville pour tous les poitevins. Donner un peu de confiance aux poitevins. » Alain Claeys fit réprimandes de sa colère noire, « J'espère que vous aurez le courage de ne pas voter les prochaines dépenses ! », s'écria-t-il.

Les familiarités permises avec ce ton doucereux à la violence contenue, hautaine, voire méprisante à l'endroit de certains élus du Conseil, avaient pour un temps définitivement quitté les débats...


       [Suite du conseil dans l'acte 4]


Trombinoscope de la municipalité de Poitiers
Trombinoscope de la Communauté d'Agglomération de Poitiers [pdf]

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