Travailler plus pour perdre plus ! Selon l'INSEE, le Sarkozysme c'est 435 milliards d'euros de dettes publiques nouvelles sans réindustrialisation ! Soit moins de souveraineté par une dilapidation record en moins de 5 ans imposant 6700 euros de dettes « Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa » par français ! Bonne année 2012 !
vendredi  10 février  2012
Bonne lecture !
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51ème Chronique

Poitiers s'enlise dans la précarité

Kritix, le mardi 30 mars 2010 - 1034 consultations - Commenter la chronique

Ce 22 février 2010, 18h00, lors du conseil municipal de Poitiers, la tension était à son comble... La majorité fébrile constatait amèrement la contagion sécuritariste, jusqu'à présent cantonnée aux grandes métropoles... Le « Poitiers paisible » versera donc sa contribution en hommage aux « victimes » d'un sentiment d'insécurité évanescent parfois, prégnant le plus souvent ! Si la sécurité des biens et des personnes s'impose à tous dans un État de droit, il n'en demeure pas moins que la quiétude d'une cité tient pour l'essentiel autant à la politique qui y est menée, qu'au niveau de précarité. Et ici, la langue de bois ne tient plus face aux évidences.

Une paix civile sur la mauvaise pente

Conseil municipal "orientations budgétaires" du 22 février 2010, salle des Échevins à l'Hôtel de Ville de Poitiers.
© kritix.com

Le premier édile de la bonne ville de Poitiers, Alain Claeys, tança les pourfendeurs de ses choix en matière de sécurité publique. Il rappela, éveillant l'homme de gauche qui s'était assoupi, qu'il ne laisserait jamais le mouvement social être muselé, ni être dégradé par l'insécurité : tous les poitevins ayant droit à une quiétude maîtresse, jusqu'à présent, du plus grand nombre.
       Le conseiller Yves Jean constata amèrement l'augmentation des tensions par la constitution de fichiers, la prolifération de la vidéo-surveillance et la suppression du juge d'instruction qui est une atteinte à l'impartialité de la justice. Et de citer le président de la ligue des droits de l'Homme, Jean Pierre Dubois : « Rien ne nous prédestine à vivre dans une société de surveillance, de discriminations et d'exclusion ». Enfin, le conseiller mit en garde contre l'angélisme qui, selon lui, sert le discrédit du mouvement social.

Le maire se raidit : « C'est le droit à la tranquillité ! ». L'opposante de gauche Maryse Desbourdes, très remontée par la dérive sécuritariste de « Poitiers la militante », ne renia pas ses combats politiques et campa sur ses positions en stigmatisant le modèle sarkozyste éhonté, dangereux et étranger à la France de gauche.

Une opposition municipale contournée avant les orientations budgétaires

L'opposant UMP Stéphane Braconnier, avec son tempérament des plus vifs, s'indigna que l'opposition n'ait pas pu s'exprimer dans « Poitiers magazine » (la revue publicitaire de la commune). Le président-député maire se retrancha derrière le tout juridique, faisant valoir qu'il s'agissait en l'espèce d'un numéro spécial et que la loi n'oblige pas à laisser l'opposition s'y exprimer. Il est intéressant de voir combien la diversité idéologique d'une commune n'a pas droit au chapitre, malgré ce qu'elle représente dans le corps électoral. Nous avons ici une atteinte au débat démocratique pour mieux faire taire ce qui n'est pas cloné.
       De son côté, un opposant Modem se plaignit non pas d'une mesquinerie, mais de l'identité même de la cité : son logo ! En effet, ledit logo ne fut pas présenté à l'opposition avant sa première utilisation publique ! Ce qui est désolant : une ville est complexe et ne saurait être de la prérogative d'un seul camp...

La majorité se mura dans un silence complice et, comme un seul homme, par la voix du seul président député-maire, elle chemina vers d'autres cieux plus cléments, moins impertinents... Le mode de scrutin des municipales, voulut par le bipartisme « triomphant », à ceci de formidable qu'il permet de conduire la réalité du pouvoir tout en piétinant, en toute légalité, les représentants de l'autre partie du corps électoral !

Alain Claeys et son bilan d'étape : « Je ne suis pas l'élu à risque zéro ! »

L'une des ouvertures... du bureau du maire de Poitiers, un soir d'avril 2009.
© kritix.com

« Je remercie pour le travail accompli, pas simple depuis deux ans, considérable ; qui n'aurait pas été possible sans l'implication de tous. Un budget c'est un acte politique fort. » Le maire se félicita que ses engagements aient été tous mis en route avec, en ligne de mire, la solidarité et l'avenir de la CAP ; le tout basé sur les partenariats et alliances avec les autres collectivités locales et les services de l'État.

Le maire se montrant bienveillant et grave, un brun paternaliste : « [Durant ces deux ans,] il nous est arrivé des choses [...] abordées avec méthode et une très grande sérénité. Les arènes, c'est simple et compliqué » Le maire rappela qu'il prit un arrêté ; et comment cet arrêté mena à la fermeture des arènes. Puis il précisa : « Elles s'ouvriront le premier septembre prochain. Je ne suis pas l'élu à risque zéro ! C'est un site bien situé, une capacité de parkings [...]. Dans cette difficulté, je me suis rendu compte qu'il manquait des grandes salles. » Puis, se tournant vers l'opposition, le maire continua, visiblement irrité, : « Je suis un tout petit peu mieux informé que vous ! Je savais que j'aurais beaucoup à faire avec les équipements sportifs. » Voilà qui est bien dit ! Maintenant que tout le monde est d'accord sur les lacunes, le Conseil va pouvoir avancer.

Le citoyen président député-maire poursuivit : « J'en reviens au budget. [...] Ce budget se déroule dans un contexte d'une crise économique et sociale pas terminée [Euphémisme en effet : elle s'aggrave, NDLR]. La crise sociale [provient] du chômage, du pouvoir d'achat, d'un mal-être fort ! Je ne veux pas faire de misérabilisme, [mais il y avait] 1000 personnes à l'inauguration de l'épicerie sociale des Couronneries ! »

Le maire relata, inspiré, quelques tribulations hors les frontières du Grand Poitiers : « J'étais à une inauguration à Vouzailles avec Jean-Pierre Raffarin [où j'ai pu constater] la concurrence entre les collectivités locales ! On nous annonce de nouveaux élus [Avec la réforme territoriale Sarkozy, NDLR] avec l'argument qu'il y a trop d'élus en France ! C'est une atteinte à la démocratie représentative ! Une atteinte au mode de scrutin ! » C'est juste, à la réserve que le cumul des mandats illustre à merveille les prétendus méfaits de ladite réforme...
       Le maire poursuivit : « Le conseil régional n'aura plus de ressources propres dans quatre ans ! Il faut un axe supplémentaire de la décentralisation et déterminer les compétences des collectivités locales. [Il faut] répondre à la question des ressources propres ; et on sait ce qu'adviennent les dotations de l'État [...]. [Il y a de] grandes inquiétudes des collectivités locales avec la baisse récurrente des contributions de l'État, avec le choix idéologique, la vision que le pouvoir actuel a de l'État : un État à minima ! » Ce qui est, en effet, une contradiction chez les tenants du jacobinisme : on n'en est plus à une trahison près...
       Il est à déplorer, par ailleurs, que le citoyen Alain Claeys accompagne cette politique nationale désastreuse par la participation poitevine au financement de la LGV Poitiers-Limoges... Le jour arrivera où « nos enfants nous accuserons » et nous demanderont des comptes sur ce train de vie que nous ne pouvions pas nous payer ! Mais rue de l'ancienne Comédie à Poitiers, on est sobre avec l'argent du contribuable... Et si la région Poitou-Charentes peut l'être, alors les autres collectivités locales...

Discours de la dépense

Vue d'une partie du lycée des Feuillants, avec la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers en surplomb, par un soir d'été 2001.
© kritix.com

Le premier Édile engagea plus avant sa démarche, soulignant que Poitiers se devait d'être un « bouclier social » pour garantir la réalité du « bien-vivre ensemble ». Et de présenter l'emploi comme priorité des investissements, « car c'est l'outil privilégié pour conduire aux emplois indirects. [...] C'est indispensable pour que l'activité économique ne s'effondre pas. » Alain Claeys rappela son engagement d'augmenter l'épargne brute : un début de bonne gestion ? Et de confirmer sa volonté de peser sur l'emploi... social. Mais le maire fit savoir, non sans un certain courage, que les emplois directs, dont ceux du CCAS, ne pourraient pas croître. Les effectifs devraient être constants. Il semble que l'on tienne enfin compte, place d'armes, de la bonne gestion des deniers publics pour endiguer la croissance d'une masse salariale qui pourrait devenir dangereuse pour les grands équilibres budgétaires. Cependant, le grand élu Alain Claeys reste prisonnier de l'empreinte de l'Édile Jacques Santrot, en mettant l'essentiel de l'effort de la collectivité sur les emplois dits « sociaux ».

Le maire de Poitiers joua la querelle sémantique devant une opposition incrédule : « Notre épargne brute est pour l'investissement. Pour l'État, c'est pour les dépenses de fonctionnement... ». Le problème, c'est que les citoyens Claeys et Sarkozy ont tous deux raison. Investir massivement dans une politique sociale permet la paix civile. Mais investir sans profits financiers et sans appauvrir les classes moyennes, ne permet pas la constitution d'une trésorerie nécessaire pour l'établissement de la redistribution des richesses aux moins favorisés.
       Le maire de Poitiers se tournant vers l'élue Modem Françoise Colleau : « Quel parent accepterait les baisses de RASED ? » (Réseau d'Aides Spécialisées aux Élèves en Difficultés).
       S'adressant à l'élue UMP Martine Apercé : « Quel usager des piscines accepterait la baisse du nombre de moniteurs ? Est-ce qu'on va supprimer des postes dans l'emploi social ? Je ferais une faute politique si je figeais les emplois. Je crois qu'une structure n'est pas figée. Je ne crois pas être conservateur. [...] Je ne connais pas les besoins à Neuilly, mais Poitiers en a besoin ! »

Visiblement préoccupé par la dramatique paupérisation de Poitiers, le maire Alain Claeys gère la pauvreté à défaut de percevoir des richesses ! Le grand élu Alain Claeys subit de plein fouet le désengagement de l'État... et les dotations qui s'évaporent comme neige au soleil. Mais par son choix de financer la LGV en lieu et place de l'État, il condamne durablement la commune de Poitiers à limiter son enrichissement et sa politique social : la politique de solidarité, pourtant présentée comme priorité, en ressort menacée !
       Le maire de Poitiers doit réaffirmer sa souveraineté et dire « Non » quand les intérêts vitaux de la ville son en jeu ! Croire que la LGV Poitiers-Limoges n'enrichirait que Poitiers, c'est donner un blanc-seing aux grandes métropoles ! Poitiers ne doit pas s'appauvrir pour Bordeaux ou Paris ! D'ailleurs, leur mépris pour Poitiers n'est plus à démontrer : les politiques suivistes ne mènent qu'à l'asservissement.

Pour une politique de l'emploi...

Le député-maire Alain CLAEYS et sa première adjointe Christine SARRAZIN-BAUDOUX, lors du conseil municipal du 22 février 2010.
© kritix.com

Il faut bien se rendre à l'évidence : cette politique menée par l'élu Alain Claeys est nécessaire mais pas suffisante. Cette politique accompagne un déclin certain de la collectivité. Poitiers n'arrive pas à séduire le monde de l'entreprise : ses politiques reposent sur une dangereuse léthargie entrepreneuriale. Ce qui est louable, c'est de redorer le blason, le centre d'une capitale laissée trop longtemps à l'abandon. Le maire Alain Claeys peut s'enorgueillir de ce choix. Mais, ce que monsieur le maire fait, correspond au minimum de ce que des investisseurs extérieurs aux Grand-Poitiers sont en droit d'exiger. Le peuple veut des emplois. Le peuple veut vivre dignement. Le peuple veut des entreprises de proximité sur le territoire.

Poitiers doit séduire les PME par une politique volontariste d'aide à l'activité. Poitiers doit s'inspirer de ce que fait la région Poitou-Charentes avec, autre autres, la croissance verte et les éco-industries. Poitiers doit initier, à son niveau, un plan d'aide à la constitution de coopératives ouvrières sur son territoire. L'appauvrissement n'est pas une fatalité. Si le citoyen Alain Claeys veut donner à Poitiers les moyens de financer une politique sociale audacieuse, il doit installer au plus près de ses concitoyens toutes les entreprises nécessaires aux grands équilibres budgétaires d'une « encore » capitale régionale. Le grand élu Alain Claeys doit oser, transgresser les pressions de certains de ses camarades... In fine, ces efforts sur le monde de l'entreprise aideront tous les poitevins : un élu de la République ne devrait jamais oublier que l'enrichissement d'une collectivité est la garantie de sa souveraineté.

[La suite de la séance publique du conseil municipal du 22 février 2010 : Poitiers, une héritière un peu gauche]


Trombinoscope de la municipalité de Poitiers
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