Travailler plus pour perdre plus ! Selon l'INSEE, le Sarkozysme c'est 435 milliards d'euros de dettes publiques nouvelles sans réindustrialisation ! Soit moins de souveraineté par une dilapidation record en moins de 5 ans imposant 6700 euros de dettes « Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa » par français ! Bonne année 2012 !
vendredi  10 février  2012
Bonne lecture !
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34ème Chronique

Is not CAP sexy ?

Kritix, le mardi 29 septembre 2009 - 991 consultations - Commenter la chronique

Suite à la suspension de séance (voir CAP sur LGV : le côté obscur de la transparence), le conseiller Vincent Mauger de la commune de Buxerolles intervint longuement ce 25 septembre 2009, en séance publique du conseil de la Communauté d'Agglomération de Poitiers, pour mettre en lumière les limites d'un plan de « bonnes intentions » de l'action politique communautaire, sur le projet de territoire consécutif aux modifications du plan local d'urbanisme engagé il y a près de 18 mois. Le conseiller regretta que le projet de territoire soit « loin des réalités des poitevins. […] Le partenariat avec l'État est difficile. » Il fit référence aux propos du premier ministre François Fillon le 18 septembre dernier, « l'État réduit ses effectifs, les collectivités territoriales embauchent », puis dénonça les pressions et chantage de la compagnie aérienne Ryanair et sa menace du type « Soit vous payez, soit je m'en vais ! » Puis il aborda la LGV « On n'est pas assez au service des poitevins [pour éviter la désertification des territoires]. A long terme c'est une bonne chose, mais pas pour le TER ! »

Le Clain, à Poitiers. Septembre 2009.
© kritix.com

Le conseiller écologiste Robert Rochaud défendit sa charge, « C'est une réponse aux besoins collectifs ; un carrefour centre-ouest atlantique important. […] [Dans le même temps,] le SCOT aménage durablement les territoires. » Il cita une synergie politique : l'exemple de Nantes qui s'est rapproché de Rennes « Poitiers peut se rapprocher de Nantes [Fief du socialiste Jean Marc Ayrault que le fabiusien Alain Claeys côtoie fréquemment, ndr] par l'étoile ferroviaire, mais pas forcément par la LGV... »

Le président, spécialisant les dossiers, cloisonne les débats. Il recadra l'élu écologiste (qui semble s'émanciper de la majorité depuis les dernières élections européennes) par un aveu, prévenant un dérapage, « N'ouvrez pas le débat ! Le conseil a délibéré en mon absence : je rappelle cela pour que la mémoire ne nous échappe pas... Nous faisons [désormais] partie des financeurs... »
       L'élu écologiste reprit, droit dans ses bottes, « Même si la CAP a voté, les verts n'ont pas voté : ils se sont abstenus ! » Puis, cherchant une alternative au LGV, « Regardez, les trains peuvent rouler moins vite ! Nous nous abstenons sur cette délibération. » Ricanements diffus...
       Le président de la CAP se positionna au-dessus de la mêlée, « Sur Nantes-Poitiers, j'ai rencontré Jean-Marc Ayrault. Nous publierons un communiqué commun pour [le ministre] Jean-Louis Borloo »

Il s'ensuivit des interventions d'élus résignés, déplorant le désengagement de l'État et l'indispensable conquête du pouvoir acquis aux bons échelons. Les élus vantèrent l'évitement ferroviaire de Paris, la nature multipolaire de la CAP, une capitale des savoirs et de la culture renforcée. Puis attendant son tour, l'intrépide Maryse Desbourdes prit le flambeau de la contestation, « C'est une assemblée où tout le monde peut s'exprimer ! » Alain Claeys l'admonesta subrepticement sur le respect dû, ce à quoi elle rétorqua, « Je respecte tout le monde. Vous vous êtes exprimé en tant que député. Vous m'avez empêché de m'exprimer [en présence des manifestants parce que je n'étais pas titulaire]. Le montage financier de 150 millions d'euros des collectivités locales [contribuant au financement des lignes de RFF] décidé par l'État, est un projet politique qui va enrichir le BTP [Les entreprise privées, ndr]. La concession privée est une casse du service publique. Vous avez prit la responsabilité de voter une telle délibération, alors est-ce que l'on doit répondre des marchandages que vous avez fait avec l'État ? […] Il ne faut pas obérer les générations futures [avec] les trains pour quelques-uns [La LGV, ndr] contre les trains pour tous [Les TER, ndr]. [Le ministre dominique] Bussereau [qui] est satisfait de votre marchandage, propose la concurrence avec le TER ! La mobilisation prend de l'ampleur. Admettez que vous vous êtes trompés ! C'est un dossier politique qui va contribuer à la casse du service publique. Il n'est pas honteux d'admettre que l'on s'est trompé ! »

Allégorie de la rivière du Clain. Peinture dans la salle du Blason de l'hôtel de ville de Poitiers, par Émile Bin.
© kritix.com

La conseillère de la gauche alternative Maryse Desbourdes venait de dénonçer cette compétence ambigüe du député-maire. Conflits entre fonctions ? A qui s'adresse-t-on ? Le président la recadra en lui faisant savoir diligemment qu'elle n'est pas titulaire dans le conseil, mais suppléante. L'intimidation n'acheta aucune complaisance sur l'élue qui remplit tous ses devoirs républicains. Quant au président, il se retrancha derrière d'autres institutions délibérantes. Un même responsable se permet ainsi de se déjuger, se déresponsabiliser par ses autres fonctions (avec le vote, à l'assemblée nationale, du grenelle de l'environnement ; voir la chronique CAP sur LGV : le côté obscur de la transparence). Voilà une bien curieuse façon de monopoliser un pouvoir à des fins impropres à toute opposition nécessaire au débat démocratique. Les échelons du pouvoir n'ont plus aucune réalité. Voilà entre autres les effets pervers du cumul des mandats. De la repentance à la résilience, il n'y a qu'un pas...

Le sang du président Alain Claeys ne fit qu'un tour. Ragaillardit, se sentant visé par la rengaine « professionnels de la politique » de Madame Desbourdes, il déclama, « Je ne laisserai jamais bafouer la démocratie représentative ! Dans notre pays, ça s'est [toujours] mal passé [quand elle fut bafouée] ! » La politique n'est-telle pas un métier, un sacerdoce ? Sûrement, tant que l'intérêt général gouverne le dépositaire du gouvernement.

Le conseiller communiste Patrick Coronas sut rasséréner le président, « Il faut prendre le pouvoir au bon échelon. En attendant, [il nous faut] avaler des couleuvres... » D'un hochement de tête le président acquiesça.
       Le conseiller UMP Stéphane Braconnier joua les candides, puis prit de la hauteur, « L'inquiétude des populations, des communes, est entretenue par la maladresse de beaucoup ! Les communes doivent se retrouver dans la concertation. Il y a l'exploitation démagogique du LGV. [Mais] c'est un mode de transport populaire ! Par ailleurs, le développement économique, on n'en parle pas ! Quel équilibre voulons-nous entre le nord et le sud de la CAP ? Un équilibre entre les différents commerces. [Non à] l'erreur de Poitiers-sud et l'extension des grandes zones au détriment de la proximité ! Les équilibres sont absents [du projet de Territoire de la CAP] ! L'étude du cabinet privé constate un sur-dimensionnement commercial. Il ne faut pas répéter les erreurs du passé [C'est à dire sous les mandatures de Jacques Santrot, ndr] ! » Alain Claeys reste de marbre, fidèle en amitié.

Le Clain, à Poitiers. Septembre 2009.
© kritix.com

A l'issue de ces expressions fleuves, d'une voix de gentleman, le maire de Saint Benoît Dominique Clément, intime de Jean Pierre Raffarin, s'acoquina avec un baptême longtemps attendu, « Le mot CAP n'a rien d'affectif. C'est un acronyme administratif... » Le président reconnu la lacune et fit valoir que ses services allaient se pencher sur la question... Et quelques élus taquins de lancer à l'encan, « quelque chose de sexy ! »

Le président Alain Claeys, magnanime devant sa discrète opposition, « C'est vrai qu'on n'a pas parler de crise et du danger pour les collectivités locales. Mais ce n'était pas l'objet. [...] Quelle vision a-t-on ? Ce n'est pas un texte [le projet de Territoire de la CAP, ndr] gravé dans le marbre. » En attendant, les générations futures poitevines hériteront des dettes, des financements hasardeux des projets à dimensions européennes : les responsables ne seront plus là pour en répondre... Dans une France vieillissante, espérons qu'elles ne se vengent pas : les conflits de générations ne sont pas constitutive de paix civile.

La séance publique aborda les PLU et PLH avec le concours du service juridique, pour éclairer le langage abscons de l'administration. La salariée toute désignée s'y employa de bonne grâce. Puis, la CAP s'appliqua à garantir des prêts pour soutenir la construction de logements sociaux. Encore une fois, les contribuables suppléent à la défaillance des banques ! Pendant que les demoiselles de Nicolas Sarkozy se renflouent, les français, solidaires, répondent d'une crise dont les responsables jouissent avec force profits !

Allégorie de la rivière de la Boivre. Peinture dans la salle du Blason de l'hôtel de ville de Poitiers, par Émile Bin.
© kritix.com

Au beau milieu du dédale des délibérations, le Conseil entérina l'installation de la vidéo-surveillance dans les bus de Vitalis, suite au droit de retrait dont le personnel fit l'usage. La CAP, jusqu'à présent épargnée, fut rattrapée cet été par des faits graves de violence en banlieue à l'encontre d'un chauffeur de Vitalis ! Le fond inter-ministériel de lutte contre la délinquance fut un généreux contributeur. Générosité à laquelle le préfet-pompier-galérien Bernard Tomasini ne semble pas être étranger.

La faible hygrométrie de la salle décontenança Alain Claeys qui se permit, non sans humour, un aparté « Si la CAP a un peu plus d'argent, on commandera des gobelets ! ». Malgré sa toux sèche, il ne put se désaltérer qu'à 19h28 ! Les affaires courantes se succédèrent à un train d'enfer...

Au détour, d'une délibération, le conseiller Jean François Macaire parla de « pont-bus » pour identifier le futur viaduc de la gare. Le Conseil s'amusa de la bâtardise du nom, lançant, « C'est peu sexy ! » Le cloisonnement des débats permit tout juste au conseiller et maire de Biard Anthony Siraut de faire un bref rapport de la délicate situation hydrique sur la CAP. Puis vinrent les « affaires de sous » de l'ANRU avec ses inévitables ajustements et suppléments de financements.

A la délibération 49, fut abordé le pôle de compétitivité et les immanquables hostilités entre collectivités. Certains élus émirent des doutes sur l'efficience du pôle de compétitivité. Le président, prudent, stigmatisa sans nommer ces malotrus, « On n'a pas pu faire [le pôle de compétitivité] avec toutes les collectivités locales ; ce que je regrette [La droite ne broncha pas..., ndr] [...] Je crois qu'il n'est pas sain de raisonner ainsi ! Mais plutôt en terme de réseau que de pôles de compétitivité [Il prit l'ENSMA pour exemple, ndr]. Le découpage des collectivités territoriales correspond peu aux nécessités des pôles de compétitivité. Rien ne me gène, je souhaite toute la transparence là-dessus. »

Parking de l'espace multimodal de la gare de Poitiers, dédié aux générations futures...
© kritix.com

Le conseiller El Moustapha Belgsir, avec le ton du fonctionnariat, « Le forum de l'emploi et de l'entreprise aura lieu soit à la CAP [deux années sur trois], soit à Châtellerault. 50 000 euros y sont alloués sur un total de 150 000 euros. Voilà pour la cosmétique entrepreneuriale. »

Délibération 52, le maire et conseiller Dominique Clément eut de l'esprit, sans que tous en eurent comprit la démesure, « Il ne s'agit pas du Krak des chevaliers mais du CRACL... » Décidément les acronymes scabreux, il n'aime pas ça : monsieur est un humaniste, voilà tout ! (CRACL : Compte Rendu Annuel à la Collectivité Locale, relatif au pôle multimodal en gare de Poitiers). Le Krak des chevaliers est cette place forte médiévale et chrétienne réputée imprenable et où l'on ne peut pas entrer... comme le pittoresque pôle multimodal ! Bel esprit que voilà, indulgent monsieur Clément ; il a de quoi séduire... Dans la CAP, il s'agit d'une infrastructure faite pour les générations futures, puisque l'ensemble immobilier est pour grande partie inoccupé... Enfin, c'est non sans malice que l'ami de Jean Pierre Raffarin, souligna l'engorgement automobile au beau milieu de cette rutilante infrastructure. Urbanisme serti d'un haricot orné de deux mâts permettant à ce quartier de prendre un nouveau CAP...

Le « haricot » désertique du quartier de la gare à Poitiers en septembre 2009 : sa fameuse "zone 30", ses infractions avec "arrêts sauvages" et son bouchon récurrent...
© kritix.com

Le conseiller Dominique Clément fera savoir que la qualité urbanistique est chose souhaitable pour les futurs aménagements urbains... Le quartier de Saint-Eloi est en ce sens une triste affaire, avec ses quartiers ghettos en nombre, que des permis de construire laissèrent en dehors de toute contrainte, à la pleine et entière discrétion des promoteurs, notamment toulousain et parisien ! Dominique Clément, soucieux, « L'urbanisme, c'est répondre à ceux qui vont nous rejoindre. Il ne se fait pas dans l'urgence ! On doit corriger le tir en permanence avec la mixité générationnelle. Même si c'est dur à dire, il ne faut pas de ghettos générationnels [concentrant les mêmes besoins]. [...] Avec 12 communes différentes, c'est difficile d'arriver à une cohérence communautaire. Dans la trousse à outil, je salue le soucis de cohérence du PLH, empreint de prudence : il ne se pense pas qu'en quantité, mais en qualité. Que l'on respecte le territoire dans sa gestion du temps. On est là pour parler du genre humain ! » D'une vois douce-heureuse, monsieur Dominique Clément s'honore à défendre ainsi l'égalité républicaine...

Le conseiller Bernard Cornu plaida pour la mixité sociale et termina par un « C'est une histoire qui commence aujourd'hui ! » La CAP est ravie qu'on pense enfin à elle.
       Le président Alain Claeys, consensuel, ménageant la chèvre et le choux, « Il y aura le temps des conseils municipaux [qui devront se saisirent de ces dossiers] »
       Le conseiller communiste Patrick Coronas se félicita, « La volonté de la CAP de rééquilibrer les logements sociaux : ça va dans le bon sens. La loi Boutin [Vente massive d'HLM, ndr] amplifie les très longs endettements [des ménages] » Alain Claeys à son conseiller, « Tu es en forme ! » C'est vrai qu'il ne se ménagea pas...

TGV sur le Clain à Poitiers. Septembre 2009.
© kritix.com

Les socialistes devraient préférer s'accorder sur ce ton raisonnable des élus communistes. Au PSE, ils oublient leurs racines, tel le très ultra libéral Jose Manuel Barroso, jadis à l'extrème gauche. Lui, cet ancien président des étudiants maoïstes ! Comme quoi, en politique, un doublon dans la poche d'une veste tournée c'est important, pour la carrière.

Alain Claeys, « Pour vous donner du courage : il reste 13 délibérations ! » Fatigué, il en oublia même la délibération 78. Puis, à l'issue de la délibération 84, le président, ironique, « Je ne sais pas si on doit prolonger les débats ! Je vous remercie, même si la séance s'est étirée. [...] On a abordé différents sujets. C'était important ! »

20h40, la séance fut levée.


Trombinoscope de la municipalité de Poitiers
Trombinoscope de la Communauté d'Agglomération de Poitiers [pdf]

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