Travailler plus pour perdre plus ! Selon l'INSEE, le Sarkozysme c'est 435 milliards d'euros de dettes publiques nouvelles sans réindustrialisation ! Soit moins de souveraineté par une dilapidation record en moins de 5 ans imposant 6700 euros de dettes « Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa » par français ! Bonne année 2012 !
vendredi  10 février  2012
Bonne lecture !
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19ème Chronique

Sagesse JOSPINcendiaire !

Kritix, le lundi 3 février 2003 - 738 consultations - Commenter la chronique

Droiture si j’ose pas, j’espère bien être intègre, dirait un mauvais perdant rancunier, tel, voyons au hasard, prenons par exemple le citoyen Lionel Jospin ! Neuf mois après son élimination au premier tour de la présidentielle et son retrait de la vie politique, L.Jospin a publié le 31 janvier dans Le Monde un long texte, dans lequel l'ancien dirigeant socialiste affirme vouloir "être utile". D'emblée, l'ancien Premier ministre avertit le lecteur: "Parler, ce n'est pas revenir. J'ai quitté la vie politique, je n'y reviens pas. Je n'exerce plus de fonctions, je ne brigue pas de mandats. Mais je ne me désintéresse pas du débat public. Si je peux, par la réflexion, servir les socialistes, aider la gauche et être utile à mon pays, j'en serai heureux". Il justifie son retrait de la vie politique, annoncé dès le soir du premier tour de la présidentielle, le 21 avril, alors que le dirigeant d'extrême droite Jean-Marie Le Pen venait de se qualifier pour le second tour face au président sortant de droite Jacques Chirac. "Mon échec et l'absurde éviction de la gauche du second tour de l'élection présidentielle imposaient un geste de responsabilité personnelle et un acte de rupture avec la frivolité politique qui avait perverti la campagne et le vote", écrit L.Jospin. A cette publication, Jean Pierre Chevènement de répondre vertement en une boutade cinglante le jour même: " il était bien assez grand pour perdre ! "

L'ancien Premier ministre paraît attaché à la défense du bilan de ses cinq ans passés à Matignon. "Le mérite du gouvernement de la gauche, qui lui assura sa stabilité et sa durée, fut d'avoir su instaurer, après 1997, un climat de confiance et de dynamisme dans le pays et d'avoir fait reculer massivement le chômage", dit-il. Mais il reconnaît que "la dernière année de la législature devint plus difficile". "Les discordes dans la majorité plurielle, la fin de la baisse régulière du chômage, le règlement malaisé de plusieurs conflits catégoriels avaient sans doute modifié le sentiment des Français et entamé leur optimisme", note-t-il.

"Malgré" cette situation économique, la résurgence des questions d'insécurité, l'apparition des tensions internationales, "gagner était possible", affirme-t-il. L.Jospin avance sa propre explication de la défaite, qu'il impute surtout à la division de la gauche. "La lecture de cette élection est en fait assez simple: en se divisant à l'excès, la gauche a offert une victoire sans combat à la droite", affirme-t-il. Il laisse notamment percer son amertume envers Jean-Pierre Chevènement, qui, selon lui, a mené une campagne "nocive" et est allé "jusqu'au bout d'une logique qui s'est révélée politiquement destructrice". A J.Chirac, il reproche sa campagne sur l'insécurité et son attitude pendant la cohabitation. "Le président sortant, adversaire du gouvernement, a veillé constamment à s'associer à nos réussites mais à se tenir à distance des problèmes et à nous critiquer lorsque nous étions en difficulté en épousant à l'occasion les mécontentements de l'opinion".

"On le sait, la gauche n'est pas aisément majoritaire en France et elle a besoin d'une dynamique politique pour gagner. (il se rappelle ici les conseils d’un mentor socialiste, ceux de son prédécesseur F.Mitterrand) Je le dis pour l'avenir et pour mes successeurs: la gauche qui a la volonté et le courage de gouverner ne devra plus multiplier les candidatures à la présidentielle, sous peine de consentir par avance à sa défaite", insiste L.Jospin. "Moins émiettée, elle devra aussi être plus solidaire. Ce ne fut pas vraiment le cas en 2002, alors que nous avions gouverné cinq ans ensemble", ajoute l'ancien Premier ministre.

Ancien premier secrétaire du PS, L.Jospin apporte un soutien appuyé au patron actuel du PS, François Hollande, confronté aux divisions du parti à l'approche du congrès de Dijon, en avril prochain. Même s'il dit ne pas vouloir "intervenir directement" dans le débat au sein du PS, L.Jospin estime que "les socialistes n'ont pas besoin de traiter maintenant" la question du leadership. "L'essentiel aujourd'hui est de veiller à l'entente et à la capacité d'action collective de l 'équipe, je l'espère aussi large que possible, qui dirigera le Parti socialiste après son congrès et de choisir le meilleur premier secrétaire pour l'animer. François Hollande me paraît être celui-là, en raison des qualités dont il a déjà fait preuve dans cette fonction et parce qu'il est le mieux placé pour rassembler".

A propos de la stratégie future du PS, L.Jospin juge qu'un parti unique de toute la gauche ne peut être "qu'un objectif à terme". "Un contrat renouvelé proposé au pays et préparé par des discussions de fond avec nos partenaires serait sans doute une bonne perspective pour les socialistes". Opposant déclaré à la politique du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, L.Jospin juge que, "pour la droite, le reflux viendra". "L'épreuve de vérité pour le gouvernement se situera, à mon sens, sur le terrain économique et social", analyse-t-il. "Sous-estimant les difficultés de la conjoncture, la droite attend d'un très hypothétique retour de la croissance la solution à ses problèmes", souligne-t-il. "N'étant plus gaulliste mais néolibérale, elle croit apparemment qu'en démantelant nos grandes réformes économiques et sociales et en lâchant la bride à un patronat pourtant peu pressé d 'investir, elle va relancer la machine", poursuit-il.

"On peut déjà penser que le gouvernement Raffarin, s'il ne sait pas relancer la machine, imposera bientôt aux Français un plan d'austérité !" estime-t-il. "Alors que se multiplient les plans de licenciement, le combat contre le chômage n'est plus une priorité, et pas davantage la lutte contre les inégalités", écrit-il. Notant que la droite "commence à prendre des libertés avec quelques règles républicaines", notamment en matière de justice et de nominations dans l'administration, Lionel Jospin juge par ailleurs que les premiers résultats du gouvernement en matière de lutte contre l'insécurité ne paraissent "pas probants". Le gouvernement Raffarin, souligne-t-il, "sera jugé sur la durée et il ne lui suffira pas, pour réussir, d'être anti-Jospin sur le fond et anti-Juppé dans la forme". Pour lui, la droite "connaîtra des divisions et des affrontements de personnes quand viendra la nouvelle élection présidentielle". "Si les faits me donnent raison, la gauche devra être prête alors à incarner l'alternance", ajoute L.Jospin.

Observons pour finir un baromètre de l’opinion publique sur l’actuelle statut et personne de Lionel Jospin. Une majorité de sympathisants socialistes (59%) souhaitent que Lionel Jospin soit candidat à l'élection présidentielle de 2007, selon un sondage Sofres publié dans le Nouvel Observateur à paraître jeudi. 38% des sympathisants du PS ne le souhaitent pas. Sur l'ensemble des Français interrogés, ces chiffres s'inversent: 58% ne souhaitent pas la présence de l'ancien Premier ministre en 2007 et 35% la souhaitent.64% des sondés pensent cependant que M. Jospin reviendra en politique au niveau national dans les années à venir (contre 31%). Chez les sympathisants socialistes, les chiffres sont respectivement 69% et 27%.S'il revenait, 56% souhaitent qu'il devienne une autorité morale, sans véritable responsabilité politique, et 30% qu'il redevienne un des principaux responsables du PS. A gauche, les chiffres sont inverses: 51% pour qu'il reprenne des responsabilités au PS et 44% pour une autorité morale.47% des sondés estiment par ailleurs que M. Jospin ne doit s'exprimer que quand il le jugera nécessaire (56% à gauche). Ils sont 33% (18% à gauche) à considérer qu'il doit rester en retrait de la vie politique et ne plus s'exprimer sur des sujets politiques et 15% (23% à gauche) à juger qu'il doit maintenant sortir de sa réserve et aborder ces sujets. Ce sondage a été réalisé par téléphone les 5 et 6 décembre 2002 auprès d'un échantillon de 1.000 personnes sélectionnées selon la méthode des quotas.


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