Travailler plus pour perdre plus ! Selon l'INSEE, le Sarkozysme c'est 435 milliards d'euros de dettes publiques nouvelles sans réindustrialisation ! Soit moins de souveraineté par une dilapidation record en moins de 5 ans imposant 6700 euros de dettes « Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa » par français ! Bonne année 2012 !
vendredi  10 février  2012
Bonne lecture !
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25ème Chronique

Sarkozy vu par Jacques Santrot, « Il ne lui manque que quelques centimètres ! »

Kritix, le mercredi 20 janvier 2010 - 1084 consultations - Commenter la chronique

Jacques Santrot demanda la parole. Ségolène Royal la lui accorda ; madame la présidente veut calmer à tout prix les effusions et ne pas s'emporter... La maîtrise de soi, une obsession de tous les instants... C'était toujours au cours de cette fameuse séance publique du 14 décembre 2009.


Ségolène Royal achoppe sur l'inertie de Dominique Bussereau
envoyé par kritixTV.
La présidente-candidate Ségolène Royal et son conseiller Jacques Santrot, achoppent sur l'inertie du ministre-candidat Dominique Bussereau. Extrait de la séance publique du conseil régional Poitou-Charentes du 14 décembre 2009.

La présidente signifia avec retenue et calme bien construit, pour mieux polémiquer,
       « Juste un mot ! Nous avons dans la région, le ministre des transports [La présidente ne cite pas les noms mais les statuts pour conjurer tout effet médiatique, NDLR]. Tout le monde sait que les ministres des transports peuvent intervenir pour améliorer la situation des transports, au moins sur leurs territoires. Qu'à fait le ministre des transports sur les routes des départements de notre région ? Il n'est pas trop tard ! Le contexte s'y prête monsieur de Richemont ! [Référence est faite aux élections régionales de 2010, NDLR]
       — Il est encore là [Dominique Bussereau] !
cria Jacques Santrot de sa voix de centaure... L'ancien président de la CAP semble considérer que l'on ne peut tolérer le désengagement de l'État, comme sur la LGV par exemple...
       — Il est encore là ! »
s'exclama à son tour la présidente : enfin Ségolène Royal sort de ses gonds, les moments de vérités, ici, palpables...

Elle continua,
       « Je vous propose que nous lui fassions un courrier commun. [Henri de Richemont s'agitait, NDLR] Non mais je vous parle très sérieusement ! À partir du moment où les routes relèvent de l'État, nous avons dans la région le ministre des transports qui dispose donc des crédits d'investissements sur les routes. Vous avez bien voulu rappeler tout à l'heure que quand j'étais membre d'un gouvernement, je me suis retourné vers le ministre des transports pour avoir une rallonge de travaux sur les routes dans le département dont j'étais élue. Et ces fonds sont venus.
       Que fait le ministre des transports pour les départements ? Et notamment pour la Charente, parce que en effet, je partage vos préoccupations sur les routes ; mais il n'y a aucune raison d'accepter un transfert de financements et de responsabilités de la part, en plus, d'un gouvernement qui est le premier à attaquer les régions pour la pression fiscale ! »
Tonnerre d'applaudissements...

la présidente Ségolène Royal, lors du Conseil régional Poitou-Charentes du 14 décembre 2009.
© kritix.com

« Nous avons le meilleur PDMI de France ! clama Henri de Richemont pour dédouaner la préfecture de région.
       — Alors [les fonds], qu'est-ce que ça doit être ! »
s'écria, ironique, Jacques Santrot... déclenchant l'hilarité de l'assemblée.
       L'ancien député et maire de Poitiers poursuivit, toutes sirènes hurlantes, s'adressant à Henri de Richemont, « J'ai un avantage et un ennui sur toi : c'est que malheureusement je suis plus âgé que toi ! Alors que j'étais déjà jeune conseiller général quand l'autoroute A10 est passée par l'Ouest et non pas par Angoulême ; alors j'ai assisté dans les années 73 et 75, à des tas et des tas de réunions ! Où tous les représentants des gouvernements de droite de l'époque, les uns après les autres, sont venus nous dire dans ces réunions qu'il n'y avait aucun problème ! Que l'autoroute allait passer par Saintes, mais que fallait voir ce que l'on allait voir ! Il y aurait eu une quatre voies gratuite, Poitiers-Angoulême-Bordeaux sans aucun problème ! Je vous parle mes chers amis de 1973 !
       En 2009
[Jacques Santrot s'enflamma, NDLR], elle n'est toujours pas terminée : il reste 15 kilomètres à faire au sud de la Charente, plus à déniveler tous les carrefours à hauteur de Mansles et puis encore dans le sud de la Vienne ! Alors moi, je veux bien tout ce qu'on veut, mais dans cette affaire, les charentais, vous avez été blousés par les gouvernements de droite ! Et apparemment vous êtes content ! » L'opposition s'époumonaient...

Dans le tumulte, Jacques Santrot continuait, gardant l'avantage,
       « Et je voudrais terminer... Qu'on me laisse la paix... Comme l'a dit la présidente, je suis désolé... Moi je suis le premier ; vous le savez bien, je suis originaire de Charente. Je connais les problèmes de Chabannay comme les autres... Et ils sont honteux ! Moi, j'habiterai Chabannay, y a longtemps que j'aurais barré la route avec les copains ! Je vous l'dit...
       Mais, je voudrais terminer comme la présidente... C'est quand même extraordinaire, qu'on a un président de la république qui cause, qui cause beaucoup... Je ne vais pas rouvrir le débat ! [...] Mais la meilleur, y a même pas besoin de chahuter, de se chatouiller pour rigoler : l'autre jour, il dit "ah mais je vais faire comme monsieur [le premier ministre britannique Gordon] Brown : on va mettre un impôt sur les bonus à condition que toute la communauté le fasse !" Parce qu'il n'est pas assez grand pour le faire tout seul ? C'est sûr que de ce point de vue là, il lui manque quelques centimètres !
[Rires de l'assemblée, NDLR] Mais c'est pas grave ! »

Le conseiller Jacques Santrot (PS) lors du conseil régional du 14 décembre 2009.
© kritix.com

« Non, non, non, mais je ne rigole pas ! C'est très sérieux ! Je suis très sérieux ! Madame la présidente a raison ! Quand ce même monsieur fait campagne dans une organisation qui est la vôtre... Moi, j'avais eu jusqu'à présent, président de droite ou président de gauche, le sentiment que les présidents de la République prenaient un peu de hauteur, qu'ils ne descendaient pas dans des considérations bassement matérielles ! Il n'y a qu'un truc qu'on n'a pas vu : il n'est pas dans le machin où vous chantez tous là [Cette allusion au lip dub de l'UMP provoqua l'hilarité générale, NDLR]
       Mais quand même, mais quand même
[La présidente Ségolène Royal, riant aux éclats, découvrit chez Jacques Santrot des talents insoupçonnés, NDLR] Comme l'a dit la présidente, ça fait deux ans qu'il [Nicolas Sarkozy, NDLR] nous accuse d'augmenter les impôts dans toutes les régions. Ça fait deux ans qu'il surfe là dessus, comme vous surfez derrière ; alors que ça fait des années, des années qu'il nous transfère toutes les dépenses ! C'est de l'hypocrisie ! C'est honteux ! Et il faudra que ça s'arrête ! » Spontanément, les applaudissements de la majorité détonnèrent, mais la présidente resta sur sa réserve...

L'opposant UMP Henri de Richemont interjeta,
       « Je voudrais répondre !
       — Non, non, non, nous allons passer aux choses sérieuses !
coupa la présidente.
       — On me coupe la parole !
s'amusa Henri de Richemont, moquant les humeurs outrancières encore chaudes...
       — Monsieur de Richemont, je vous réitère donc ma proposition de faire une lettre commune à monsieur Bussereau pour qu'il investisse sur les routes en tant que ministre des transports, en commençant par le département de la Charente...
[C'est avec une malice non feinte, que la présidente de région invoquait la préférence locale, NDLR]
       — C'est fait ! Mais pourquoi vouloir écrire une lettre alors que c'est fait ?!
s'emporta Henri de Richemont. Le PDMI propose des routes [numéro] 140 [et] 144 : premier PDMI national. [...] Pour que toutes les routes de la région puissent être faites, il manque de l'argent et je vous demande de le mettre sur la table ! Voilà. »

Henri de Richemont (UMP), lors de la séance publique du conseil régional Poitou-Charentes du 14 décembre 2009.
© kritix.com

Dans l'impasse, repoussé dans ces derniers retranchements, le débat prit brutalement fin. Ségolène Royal, agacée par ce qu'elle considérait dorénavant comme de la chicane, mit formellement un terme aux échanges,
       « Je mets aux voix l'adoption de ce projet de budget. Qui est de l'avis de l'adopter ? Je vous remercie. Qui s'abstient ? Je vous remercie. Qui vote contre ?... »

Voici comment le projet de budget 2010 fut adopté en Poitou-Charentes, ce 14 décembre 2010, salle Jean Monnet à Poitiers.


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