16 février : Dominique de Villepin est en Bretagne, vive la Bretagne ! De Villepin aime Nic' le cochon, il f'ra l'élection !
vendredi  12 mars  2010
Bonne lecture !
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23ème Chronique

Les sentinelles du milieu Royal

Kritix, le samedi 16 janvier 2010 - 215 consultations

La maison de Poitou-Charentes est bien gardée. Sur la politique pionnière de la présidente, ce 14 décembre 2009 (voir la chronique précédente), veillent Bernard Grasset, Jean François Macaire et Marie Legrand. Si un malotru venait à marcher sur les royales plates-bandes, les sentinelles picto-charentaises sauront sauver le fruit bien mûr, après avoir été si vert...
       Jean François Macaire, « C'est vrai que Henri de Richemont, il n'a pas la partie facile aujourd'hui. Parce que d'habitude, on accuse toujours les gens de gauche de vouloir faire des tas de choses, mais d'aller prendre dans la poche du contribuable ; et là vous ne pouvez pas le dire ! »
       Le vice-président à le sens de l'équité, de la mesure fiscale. En temps que conseiller municipal à la mairie de Poitiers, il se devrait d'y faire école. Le vice-président Macaire sait ce que le logement social veut dire et sait donc bien que l'équilibre fiscal d'une collectivité doit se prémunir contre toutes les hausses chroniques de la fiscalité. La solidarité doit être soumise à la réciprocité des droits et devoirs de chacun. Une gauche de gouvernement se devrait d'apprendre ce b.a.-ba républicain.

Jean-François Macaire, vice-président de la région Poitou-Charentes ; lors du conseil régional du 14 décembre 2009
Jean-François Macaire, vice-président de la région Poitou-Charentes ; lors du conseil régional du 14 décembre 2009
© kritix.com

Jean François Macaire, sous le regard attentif de Ségolène Royal, continua, « Et pourquoi cette région n'a pas augmenté les impôts ? Parce que, les impôts régionaux tels qu'ils fonctionnaient jusqu'à présent (parce que je ne sais pas si on en aura encore l'année prochaine) ; les impôts régionaux étaient des impôts injustes ! Et je pense en particulier à la taxe foncière qui s'applique de façon, on le sait, très inégale avec des bases qui n'ont pas été révisées depuis 1970 et qui frappent cette fameuse classe moyenne qui n'est pas vraiment dans la moyenne ! Qui ressent aujourd'hui un sentiment de déclassement ; à la fois parce que son pouvoir d'achat se réduit et qu'elle sent aussi que ses propres enfants, aujourd'hui, sont fragilisés par le chômage, par l'absence de perspectives ! Donc on a fait ce choix par respect pour la grande masse de nos concitoyens : ceux qui ne sont pas des possédants et qui aujourd'hui ne peuvent plus payer ! C'est pas qu'il ne veulent pas payer des impôts, mais [ils] ne peuvent plus payer parce qu'ils doivent faire face à des vraies difficultés. » Puis il illustra son propos avec le micro-crédit régional...

Jean François Macaire poursuivit, « La bonne question à se poser, c'est qu'en ayant mis aucun impôt supplémentaire pendant 5 ans, en ayant gardé une dette maintenue, en diminuant l'emprunt d'équilibre en 2010 ; et bien est-ce qu'on a répondu à l'urgence économique ? Est-ce qu'on a répondu à l'urgence sociale ? Est-ce qu'on a répondu à l'urgence environnementale ?
       Sur l'urgence économique qu'est-ce qui s'est passé ? Et bien enfin, la région Poitou-Charentes a une stratégie de développement économique. Elle a une vision. On le sait ce que nous souhaitons faire et nous ne sommes pas les seuls à avoir cette vision : nous sommes une centaine ! Il y a aujourd'hui, 600 PME qui travaillent avec nous, dans le cadre du pôle des éco-industries. Il y a des dizaines de petites entreprises innovantes qui sont en train de répondre à nos appels à projets ! Donc on est pas les seuls à avoir cette vision. Cette vision, elle est partagée par une grande partie du monde économique qui aujourd'hui voit bien qu'elle a un certain nombre de marchés qui sont en déclin et qu'ils faut maintenant se tourner vers les marchés en croissance verte. [...] Aujourd'hui, nous répondons à l'urgence économique en ouvrant des perspectives à ces entreprises. »

Poitiers, bâtiment régional de la salle des séances Jean Monnet.
Poitiers, bâtiment régional de la salle des séances Jean Monnet.
© kritix.com

« Et est-ce qu'on répond à l'urgence sociale ? Et bien oui on répond à l'urgence sociale, parce que nous avons déplacé, pendant toute cette année, un certain nombre de fonds (la présidente à expliqué "comment" tout à l'heure, et combien c'était difficile de le faire), on a déplacé les fonds sou par sou vers les gens qui en ont vraiment besoin ! Nos jeunes apprentis, nos jeunes des lycées professionnels qui ont bénéficié énormément de ces transferts de fonds publiques qui servaient moins bien ailleurs et qu'on a orienté mieux en leur donnant, à eux, des choses nouvelles : des internats vivables, des conditions de préparation à la vie professionnelle plus intéressantes.
       Et est-ce qu'on a répondu à l'urgence environnementale ? Je crois que je n'ai pas besoin de m'étendre sur ce sujet, puisque la région Poitou-Charentes est largement identifiée pour avoir aujourd'hui répondu par avance, largement anticipé, ce qui est aujourd'hui à la fois l'enjeu de Copenhague, du réchauffement, mais pas seulement celui là ; [mais aussi] l'enjeu de la biodiversité, l'enjeu de l'énergie. Donc tous ces enjeux nous les avons relevés. »

« Donc voilà, c'est pas facile pour vous parce que c'est pas évident de trouver des angles de critiques. Moi je ne prétends pas qu'on ait été parfait ! On peut faire certainement mieux et on le fera si on nous fait confiance à nouveau. On fera beaucoup mieux certainement... Mais je crois qu'on a montré là qu'on pouvait, sans forcément augmenter la ponction sur les contribuables et surtout quand l'impôt est injuste comme c'est le cas dans notre région ; et bien, on a montré qu'on pouvait répondre aux urgences, qu'on pouvait apporter des réponses concrètes à nos concitoyens ; et faire face à une dérive, aujourd'hui, on parle de civilisation... à une dérive quand on voit les restos du cœur, comment ça ce passe, du nombre de personnes qui augmentent chaque année. Quand on voit le nombre de jeunes aujourd'hui qui ne trouvent pas de travail !
       Quand on voit toutes ces difficultés là, nous on a répondu très concrètement, on a apporté des réponses en terme d'insertion des jeunes, en terme de réponse aux populations en difficultés ; dans le cadre de nos prérogatives, en étant assez fidèles à nos compétences. Et je crois que c'est ça qui compte, aujourd'hui, vis à vis de nos concitoyens : c'est le résultat. Voilà. Donc maintenant, ce budget 2010, je crois qu'il est très conforme à ce qu'ont été les précédents : toujours en progrès, avec beaucoup de réponses qui sont apportées, tant face à l'urgence économique, que l'urgence sociale et l'urgence environnementale. »
Applaudissements modérés de l'assemblée...

Ségolène Royal, « Merci beaucoup... » Il ne s'agissait pas d'un compliment, mais plutôt d'un constat d'huissier : les électeurs reconnaitront les politiques vertueuses. Ségolène Royal le sait trop bien pour ne pas être négligente : bien peu d'élus peuvent s'enorgueillir, à juste titre, d'un tel bilan !

Marie Legrand, conseillère régionale
Marie Legrand, conseillère régionale "Les Verts" de Poitou-Charentes ; lors du conseil régional du 14 décembre 2009
© kritix.com

Marie Legrand, reconnaissante, « Nous avons examiné le dernier budget régional de la mandature. C'est un moment relativement émouvant... La crise s'est aggravée dans certains bassins d'emplois, depuis l'an passé (nous étions pour la première fois dans un contexte de crise) ; bassin d'emploi tel que le châtelleraudais mais il y en a d'autres... Et aussi, de manière beaucoup plus diffuse, dans de nombreux secteurs dont un que je vais cité : c'est le Nord Charentes.
       Dans ce contexte de crise qui continue, nous devons être encore, à notre avis, plus cohérent dans le soutien économique. Et nous concentrer pour soutenir les process et les produits qui ont un impact positif sur l'emploi, sur le climat et sur le lien social.
       Nous ne devons financer que prioritairement les actions qui prennent en compte l'autonomie énergétique et l'environnement. Engager des formations de manière prioritaire dans des métiers où les employeurs assument leurs responsabilités pour protéger l'emploi et l'environnement. Quelques exemples : nous ne pouvons pas vanter la voiture électrique sans s'assurer de l'indispensable production renouvelable d'électricité pour alimenter cette voiture électrique. Et en même temps, repenser toute notre politique de la mobilité, des déplacements, donc de l'urbanisme.
       Nous ne pouvons pas encore soutenir le carburant B30 utilisé de manière expérimentale dans quelques TER : le gain en terme de gaz à effets de serre édicté pour le B30 est de -25%. C'est décevant par rapport aux objectifs annoncés dans le Grenelle ! »

« Dans le domaine de l'industrie du transport, la région est très volontariste en matière de production de matériels. C'est très bien. Mais nous devrions l'être tout autant en matière de production de services liés à la mobilité ; en lien avec les conseils généraux et les agglomérations.
       Nous continuons à dire que nous regrettons que nous n'ayons pas davantage mobilisé la part régionale de la TIPP qui aurait permis de dégager des moyens encore supplémentaires et importants pour l'indispensable conversion écologique de l'Économie.
       Madame la présidente, vous allez représenter, et nous en sommes ravis, la région au sommet du climat à Copenhague ; sommet dont nous attendons beaucoup... La région est tout à fait légitime. Vous allez y présenter les actions pionnières de Poitou-Charentes en matière de réduction de gaz à effets de serre, de plan climat et de partenariat exemplaire de coopération avec la région de Fatick au Sénégal. À Copenhague, la région pourra valoriser un bilan concret, sans aucunes mesures avec les actions de l'État. En effet, la plupart du temps, nos dirigeants nationaux continuent d'agir avec une efficacité qui se situe à l'inverse de leurs efforts de communications.
       Enfin dans ce contexte, madame la présidente, le groupe Verts, votera le budget 2010 avec l'espoir de pouvoir aller encore plus loin dans la conversion écologique de l'économie, lors de prochaines décisions modificatives. »
Un applaudissement hésitant, puis rien...

Ségolène Royal, « Merci beaucoup... » Les tensions entre Verts et Socialistes étaient palpables...

Bernard Grasset, vice-président de la région Poitou-Charentes ; lors du conseil régional du 14 décembre 2009
Bernard Grasset, vice-président de la région Poitou-Charentes ; lors du conseil régional du 14 décembre 2009
© kritix.com

Bernard Grasset commença par saluer les talents et l'éloquence du bon conseiller Henri de Richemont, puis « On nous critique de ne pas avoir accompagné le plan de relance de l'État. J'ai envie de vous dire que le plan de relance de l'État, nous l'avions précédé ; nous l'avons accompagné et nous continuerons. Car bien souvent, le plan de relance de l'État a simplement remis en exercice, les sommes d'investissements qu'il avait supprimé quelques mois ou quelques années auparavant ![...]
       Par ailleurs, sur les routes, je voudrais tenter aussi de vous rassurer. [...] Monsieur le préfet de région nous annonce que la nouvelle taxe sur les camions va rapporter 60 millions. [...] Je pense que nous pourrons, effectivement, totalement assurer ce PDMI auquel nous tenons les uns et les autres.
       Par ailleurs, [...] nous avons fait beaucoup d'efforts. Nous ne sommes plus dépensiers comme comme vous nous le reprochiez [...] ; nous sommes économes ! Alors faites nous au moins ce compliment. »

La présidente fit porter à Henri de Richemont les chiffres qu'il demandait.

[La suite du conseil régionale du 14 décembre 2010 : Quand Henri de Richemont flamboie... en Poitou-Charentes]

 
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