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Wednesday  18 October  2017
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7ème Chronique

Tiroir-caisse UE n'est pas !

Kritix, le Monday 3 March 2003 - 3244 consultations - Commenter la chronique

Le président français, qui avait été le premier chef d'Etat étranger à survoler les ruines du World Trade Center, à New York, après le 11 septembre 2001, a souligné dans une interview accordée à Time Magazine le 16 février 2003, qu'une guerre en Irak risquerait de faire "le jeu des intégristes" et de susciter "des vocations pour un grand nombre de petits Ben Laden".

Le chef de l'Etat français réaffirme que les inspections des Nations unies en Irak doivent se poursuivre et que Bagdad doit coopérer davantage avec l'Onu. Il estime qu'"il n'y a pas de raison de faire une nouvelle résolution" de l'Onu à ce stade (contrairement à ce que veulent Américains et Britanniques) et déclare qu'il fait "simplement le pari qu'on peut obtenir de l'Irak une plus grande coopération". Mais il ajoute que "la France n'exclut naturellement aucune option" au cas où les inspecteurs ne parviendraient pas à désarmer ce pays. Jacques Chirac souligne en outre que "la France n'est évidemment pas un pays anti-américain" et que "la solidarité transatlantique restera à la base" du monde de demain. Une copie en français de l'interview au magazine américain a été diffusée par l'Elysée. "Parmi les conséquences négatives de cette guerre, il y aurait une réaction de la part de l'opinion publique arabe et musulmane. A tort ou à raison, mais c'est un fait", déclare le chef de l'Etat. "Une guerre de cette nature ne peut pas ne pas donner une forte impulsion au terrorisme. Elle pourrait créer des vocations pour un grand nombre de petits Ben Laden." "Les musulmans et les chrétiens ont beaucoup à se dire. Et ce n'est pas par la guerre qu'on favorisera ce dialogue. Je suis contre le choc des civilisations. Cela fait le jeu des intégristes." "J'ajoute qu'il est très difficile d'expliquer que l'on va dépenser des sommes colossales pour faire la guerre alors qu'il y a peut-être une autre solution et que l'on ne peut pas assumer le minimum de responsabilité dans le domaine de l'aide au développement", remarque J.Chirac. Il répète qu'"il faut laisser aux inspecteurs le temps" de faire leur travail d'inspection et qu'il faut "probablement" renforcer leurs moyens, "notamment leurs moyens d'observation aérienne". Il réaffirme qu'il n'y a sans doute pas d'armes nucléaires en Irak mais des armes de destruction massive qu'il faut détruire et ajoute qu'à son avis, l'Irak ne représente pas un danger immédiat et important pour le Proche-Orient. "Donc, dans ces conditions, je préfère poursuivre sur la voie définie par le Conseil de sécurité. Puis, on verra", explique-t-il. Prié de dire quelle circonstance pourrait justifier la guerre, J.Chirac répond: "C'est aux inspecteurs de faire rapport. (...) C'est à eux de venir dire au Conseil: 'Nous avons gagné, c'est terminé, il n'y a plus d'armes de destruction massive' ou bien: "il est impossible pour nous de remplir la mission que vous nous avez donnée, nous nous heurtons à des mauvaises volontés et à des blocages de la part de l'Irak'. "Alors le Conseil de sécurité serait fondé à délibérer sur ce rapport et à prendre sa décision. Et, dans cette hypothèse, la France n'exclut naturellement aucune option." "Moi, je fais simplement le pari qu'on peut obtenir de l'Irak une plus grande coopération. Si je me trompe, il sera toujours temps d'en tirer les conséquences", ajoute-t-il. Si les inspections de l'Onu permettent de désarmer l'Irak, "les Américains auront en fait gagné dans la mesure où c'est essentiellement grâce à la pression qu'ils auront exercée qu'on aura pu désarmer l'Irak", note Jacques Chirac. "(...) à ce moment-là, M. Bush pourra dire deux choses: premièrement 'grâce à mon intervention, l'Irak a été désarmée'. Et deuxièmement, 'je l'ai fait sans faire couler le sang'. Dans la vie d'un homme d'Etat, cela compte. Sans faire couler le sang."

Le chef de l'Etat s'exprime en outre longuement sur les relations avec les Etats-Unis, mises à mal par la crise irakienne, et met l'accent sur l'importance de la "solidarité transatlantique". "La France n'est évidemment pas un pays anti-américain. Elle est profondément amie des Etats-Unis", souligne-t-il. "Et la France n'a pas pour vocation de soutenir un régime dictatorial, ni en Irak, ni ailleurs." "Nous n'avons pas non plus de divergences de vues (avec les USA) sur l'objectif: l'élimination des armes de destruction massive de Saddam Hussein", poursuit-il. "Et pour tout dire, si Saddam Hussein pouvait disparaître, ce serait certainement le meilleur service qu'il pourrait rendre à son peuple et au monde. Mais nous pensons que cet objectif peut être atteint sans mettre en oeuvre une guerre." "Une société où il y a un seul puissant est toujours une société dangereuse et qui provoque des réactions. C'est pour cela que je suis pour un monde multipolaire dans lequel il est évident que l'Europe a sa place", explique J.Chirac. "La solidarité transatlantique restera à la base de ce monde multipolaire de demain dans lequel l'Europe a un rôle à jouer." Jacques Chirac précise qu'il connaît bien et apprécie les Etats-Unis et qu'il est "triste" quand il entend dire qu'il est anti-américain. "J'aime beaucoup les Etats-Unis. J'ai beaucoup de très bons amis là-bas. C'est un pays où je me sens bien. J'aime beaucoup la 'junk food' et, chaque fois que je vais aux Etats-Unis, je reviens avec un nombre excessif de kilos", avoue-t-il.

Adossés aux millions de manifestants pacifistes du week-end, les dirigeants français ont poursuivi le 16 février leur offensive diplomatique en direction des Etats-Unis en continuant de plaider contre une guerre en Irak qui risquerait de faire naître des "petits Ben Laden". Le président J.Chirac et son ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin ont tenu à pousser l'avantage détenu par le camp de la paix depuis la réunion du Conseil de sécurité de vendredi dernier et les manifestations imposantes qui ont lieu dans plusieurs villes du monde. C'est aux Américains que J.Chirac s'est donc adressé directement, par le biais d'une interview à Time Magazine, dans laquelle il a réaffirmé la ligne de la France: fermeté vis-à-vis de Bagdad et poursuite des inspections en désarmement de l'ONU. Pour le président français, "la solidarité transatlantique restera à la base de ce monde multipolaire de demain dans lequel l'Europe a un rôle à jouer". Soulignant lui aussi que les relations entre la France et les Etats-Unis restaient "privilégiées", D.de Villepin a déclaré dans la soirée que la France ne pouvait "s'associer" à l'objectif d'un changement de régime en Irak. "Nous n'avons aucune complaisance pour le président Saddam Hussein, nous serions très heureux de voir Saddam Hussein quitter l'Irak", a dit le ministre des Affaires étrangères, qui était l'invité du Grand Jury RTL-Le Monde-LCI. Mais, a-t-il insisté, "l'idée d'un changement de régime introduit un principe d'instabilité dont nous devons mesurer les conséquences". "Car où commencerait un régime acceptable et où s'arrêterait un régime acceptable ?"

D.de Villepin, qui avait demandé vendredi à l'ONU une nouvelle réunion sur l'Irak au Conseil de sécurité, "au niveau ministériel", le 14 mars, a affirmé que l'objectif de la France n'était certainement pas de "gagner du temps". "L'objectif de la France n'est pas de gagner du temps mais de donner une volonté au temps", a-t-il souligné. Un haut diplomate britannique avait estimé un peu plus tôt que la réunion du Conseil de sécurité demandée par la France serait acceptable si elle donnait lieu à une décision sans équivoque sur l'Irak. "Mais pas si c'est pour gagner quatre semaines de plus", ajoutait-il. D.de Villepin a appelé les Américains à se livrer à une comparaison. "Combien de temps faudrait-il à une guerre pour véritablement atteindre l'objectif du désarmement de l'Irak ? Parce que gagner la guerre, cela peut se faire relativement rapidement mais gagner la paix ?" a-t-il demandé. Il a estimé que la pression internationale conjuguée à la pression militaire américaine faisait "bouger l'Irak sans un coup de fusil, sans un mort", ce qui "donne une crédibilité formidable à la communauté internationale". Citant la Corée du Nord et d'autres pays qui "aujourd'hui sont des menaces pour la prolifération", il a souhaité que les Nations unies trouvent "un instrument qui permette de régler pacifiquement les crises". D. de Villepin a enfin estimé que le Conseil européen extraordinaire qui s'est tenu à Bruxelles le 17 février au soir était "la marque d'un sursaut de l'Europe face aux divisions" qui sont apparues dans le dossier irakien. Estimant que, "quoi qu'il arrive, l'Europe avancera", D.de Villepin a jugé qu'une explication serait sans doute nécessaire, notamment auprès des nouveaux Etats membres de l'Union car "l'Europe n'est pas uniquement un tiroir-caisse" et "doit défendre des valeurs communes". La Pologne a en effet, préféré du matériel militaire américain à celui des membres de l'UE: la préférence communautaire n'a pas joué, alors que ce même pays bénéficie d'aides substantielles de l'UE ! Ce pays préfère échanger ses faveurs diplomatiques aux USA pour des crises qui ne le concerne pas directement... La complaisance, il la vend à bon prix... mais les USA ne peuvent aller contre le sens de l'Histoire en tentant de la corrompre...

L'avertissement lancé par le président français J.Chirac aux pays de l'Est qui ont fait allégeance aux Etats-Unis a fait le 18 février 2003, l'effet d'une bombe dans l'UE, qui a tenté d'en minimiser la portée. Les ministres des Affaires étrangères des 13 pays candidats à l'adhésion ont rencontré la "troïka" de l'UE au lendemain du sommet de Bruxelles, où les Quinze sont parvenus à rapprocher leurs positions divergentes sur l'Irak. L'événement aurait dû être le fait que ces pays ont entériné cette déclaration qui somme l'Irak de désarmer immédiatement et fait pour la première fois référence à l'usage de la force. Mais c'est la remontrance faite par J.Chirac à l'issue du sommet européen qui a dominé la rencontre. Le président français a violemment critiqué les pays candidats à l'adhésion qui se sont rangés inconditionnellement aux côtés des Etats-Unis dans la crise irakienne. "Je crois qu'ils ont manqué une bonne occasion de se taire", a-t-il dit en dénonçant "le danger que comportait un trop rapide alignement sur la position américaine". Il faisait ainsi référence à la Pologne, à la Hongrie et, dans une moindre mesure, à la République tchèque, qui s'étaient jointes le 30 janvier à la Grande-Bretagne, l'Espagne, le Danemark, l'Italie et le Portugal pour affirmer dans un article leur solidarité totale avec les Etats-Unis sur l'Irak. Quelques jours plus tard, début février, d'autres prétendants à l'UE avivaient la fracture en faisant à leur tour allégeance à la politique à Washington. Les USA se frottent les mains disant que ces traîtres étaient en définitive porteurs de la nouvelle Europe, vassale des USA, qu'un euro agace beaucoup...

Ce "groupe de Vilnius" regroupe la Bulgarie et la Roumanie, qui devraient adhérer en 2007, ainsi que la Slovénie, la Slovaquie, la Lettonie, l'Estonie, la Lituanie. Trois autres pays des Balkans, qui n'ont pas encore le statut de candidats, s'y étaient ralliés: Croatie, Albanie, Macédoine. A l'heure où la France bataillait pour éviter tout engrenage vers une "logique de guerre" américaine au Conseil de sécurité des Nations unies, ce soutien de la "nouvelle Europe" contre la "vieille Europe" avait particulièrement irrité Paris. En guise de représailles, la France, appuyée par une majorité de pays, a refusé la participation des candidats au sommet extraordinaire et les "Treize" ont, à leur grande colère, été obligés de s'associer au texte le lendemain. Le sermon aurait pu s'arrêter là - les signataires sont "mal élevés", a dit Jacques Chirac -, si le président français n'y avait pas ajouté deux menaces à peine voilées. A l'adresse des 10 pays qui doivent faire entrer dans l'UE le 1er mai 2004, il a rappelé que leur adhésion, qui est loin d'être populaire dans l'UE, devait encore être ratifiée. "Or, il suffit d'un seul pays qui ne ratifie pas par référendum pour que ça ne marche pas", a-t-il déclaré . Même si, contrairement à ce que dit le président français, aucun Etat membre de l'UE n'entend pour le moment organiser de référendum, la menace d'une non-ratification est brandie. Il s'en est aussi particulièrement à la Roumanie et à la Bulgarie, qui sont déjà dans une position "très délicate". "Si elles voulaient diminuer leurs chances d'entrer dans l'Europe, elles ne pouvaient pas trouver un meilleur moyen". Cette sortie n'a rien de spontané, comme l'a confirmé la ministre française des Affaires européennes, Noëlle Lenoir. "L'élargissement inclut la pédagogie sur ce qu'est l'Europe politique", a-t-elle dit en soulignant que l'achat des avions de combat américain F-16 par la Pologne au détriment des Mirage français au lendemain de la conclusion des négociations d'élargissement, en décembre 2002, n'était pas passé inaperçu.

Le Premier ministre hongrois Peter Medgyessy a traité la charge chiraquienne avec indifférence, estimant que cela n'aurait aucun impact sur le calendrier de l'élargissement. "Je pense que je suis assez bien élevé de ne pas répondre à des déclarations pareilles," a-t-il ironisé. Le ministre polonais des Affaires étrangères, Wlodzimierz Cimoszewicz, qui ne pense pas non plus que J.Chirac veuille réellement mettre l'élargissement en danger, a critiqué "cette rhétorique qui ne mène à rien". "Les émotions ne sont pas les meilleures conseillères des politiques," a-t-il estimé en demandant que l'on respecte le droit des nouveaux pays de l'UE d'exprimer leur opinion. Pour le Premier ministre roumain Adrian Nastase, ce sont les Etats-Unis que J.Chirac vise indirectement en s'en prenant de manière aussi brutale à la Roumanie et à la Bulgarie. "Chaque fois que je me dispute avec ma femme, j'engueule mes deux fils", a-t-il ironisé sans dramatiser la chose. Mais plusieurs pays de l'UE partagent l'irritation de la France, comme l'Allemagne et la Belgique. Le ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel, a ainsi souligné que le sommet de Copenhague aurait pu se terminer tout autrement si les Quinze avaient su que les pays candidats se comporteraient face aux Etats-Unis comme ils l'ont fait. Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, s'est déclaré "très triste (...) parce que j'ai appris qu'ils n'avaient pas compris l'importance de l'Union"."Ceci n'est pas seulement une union économique ou douanière," a-t-il ajouté. "C'est une vraie Union, où nous partageons (...) notre destin politique". Mais les candidats ont aussi leurs alliés parmi les Quinze, comme le Premier ministre Tony Blair, qui a écrit personnellement aux 13 premiers ministres pour les assurer de son soutien et de l'importance des relations transatlantiques. "Les gens qui veulent séparer l'Europe de l'Amérique jouent le jeu de politique internationale le plus dangereux que je connaisse," a-t-il souligné lors d'une conférence de presse. Le petit chien chien de la perfide d'Albion a bien retenu la leçon de Bush, mais pas celle de Churchill, qui lui avait compris l'importance de la France en imposant la France comme membre permanent au conseil de sécurité de l'ONU... Cela fut fait par raison d'état, même si les deux illustres personnages eurent entre eux de vives tensions, vite estompées par la partition internationale d'une guerre froide profilée... Aujourd'hui, la Chine monte, les USA descendent... Un clou chasse l'autre: que cela plaise ou non.


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