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9ème Chronique

Euro : Duisenberg part, Trichet arrive.

Kritix, le Thursday 6 November 2003 - 2703 consultations - Commenter la chronique

BCE: ne Trichet pas messieurs ! Lancement de l'Euro, deux candidats un allemand, un français.
       Le 29 octobre 2003, à la table italienne où l'on discutait "pacte de stabilité" sous la présidence Berlusconienne, Wim Duisenberg "testamentait" son mandat déjà sur la fin. Charismatique, flegmatique, parfait gentlemen de l'Euro, Wim Duisenberg a permis que la devise européenne devienne bon an mal an LA référence mondiale face au dollar, sur le déclin... Cependant tout sage qu'il est, il n'en est pas moins inquiet des libéralités que la France et l'Allemagne prennent en maltraitant "le pacte de stabilité", seul garant du crédit de la monnaie "EURO". "Ne traficotez pas, messieurs, le pacte de stabilité", a-t-il lancé. Le sommet européen prit d'un coup des allures graves et pesantes. Tendus, les membres de l'UE étaient plus que jamais partagés entre l'intérêt général de l'UE et leurs intérêts particuliers. Mais comme rien n'est simple, l'Euro dispose simultanément en son sein des deux paramètres.

Deux jours plus tard, dans les médias allemands, l'accoucheur de l'Euro renchérit... "Le pacte de stabilité est menacé de disparaître du fait du dérapage des déficits de plusieurs pays, à commencer par la France et l'Allemagne." ... "Le consensus qui existait dans les années 1990 autour de la nécessité de politiques budgétaires rigoureuses tend à s'estomper". Après sa formidable et historique réussite, Wim Duisenberg tire sa révérence, avec le sentiment d'avoir honnêtement assumer ses responsabilités. Voilà ce que d'Hommes l'UE a besoin ! Quand la BCE balaye les atavismes nationalistes...

Médiatiquement, le même jour, le successeur de M. Duisenberg, le français M. Trichet, ex directeur de la banque de France, a de façon moins incisive rappelé "qu'il fallait faire tout le nécessaire, y compris en matière de politique budgétaire, pour renforcer la confiance dans la zone euro". Partisan du "franc fort", le passif de Jean Claude Trichet plaide amplement sa cause, et les milieux avertis lui font pour le moment confiance.

La BCE ne peut qu'observer pour le moment mais, de l'avis de nombreux économistes, les libertés prises avec le pacte de stabilité ne sont pas de nature à l'inciter à faire un geste sur les taux, et ce malgré la bonne tenue de l'euro qui est une menace sérieuse sur la reprise. Car à en croire les économistes de la Commerzbank, l'assouplissement du pacte constitue à terme un danger inflationniste, c'est-à-dire lorsque la reprise sera sur les rails. Et si l'idée lui venait de remonter les taux, par exemple en 2004 ? Ce serait, de toute évidence, le début d'une nouvelle histoire.

Le 3 novembre 2003, lors du soixante-quinzième anniversaire de la banque de Grèce, fut l'occasion pour le nouveau patron de la BCE d'entrer dans le rôle central qui est le sien, et ce pour huit ans. Jean Claude Trichet entendait maintenir l'héritage de son prédécesseur et promouvoir l'euro, laissant le soin a son vice-président, M. Papadems, de rappeler ce que l'on sait déjà sur la position de Bruxelles par rapport aux pays dont le déficit dépasse la norme établie par le pacte de stabilité. Le ton est donné: l'Euro ne sera pas négociable; n'en déplaise aux euro-septiques.

M. Trichet ne s'est pas attardé car, le soir même, c'est à Bruxelles, justement, qu'il était attendu pour assister à une réunion notamment consacrée à la situation budgétaire française et à la recommandation de la Commission européenne, qui préconise d'accorder un délai à Paris jusqu'en 2005 pour ramener ses finances publiques dans le droit chemin. Huis clos exigé. La séance fut animée, selon certains. Au final, la France a obtenu un délai supplémentaire de trois semaines avant une nouvelle mise en garde assortie d'une menace de sanction. En échange de quoi ? Simplement de "promesses" de Paris de présenter de nouvelles mesures d'assainissement budgétaire. Et M. Mer a donc promis "que la France allait travailler à un cheminement crédible pour réduire davantage ses déficits en 2004". Aussitôt M. Tremonti, un des gardiens du temple européen, a fait remarquer que M. Mer n'avait rien précisé d'autre que son engagement de prendre les mesures nécessaires pour satisfaire aux exigences de Bruxelles. La confiance ne règne pas... En définitive, et après bien des palabres, une majorité s'est dégagée pour décider de reporter au 25 novembre le vote sur la procédure qui doit être engagée contre Paris. Entre-temps, l'Allemagne pourrait être sermonnée à nouveau pour faire bonne mesure, selon l'inébranlable M. Solbes. Encore de belles histoires en préparation du côté de Bruxelles.

''La Ministre déléguée aux Affaires européennes, Mme Noëlle Lenoir, a reçu le 5 novembre M. Marc Laffineur, député de Maine-et-Loire, et M. Serge Vinçon, Sénateur du Cher, dans le cadre de la mission auprès du Ministre des Affaires étrangères et du Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, que leur a confiée le Premier Ministre, sur les perspectives financières de l'UE (2007-2013). La Ministre déléguée a fait part aux parlementaires du calendrier de la négociation, ainsi que des différentes options qui peuvent exister concernant le montant global du budget et les diverses politiques communes. Elle a rappelé également les mécanismes de correction des contributions existants et leurs effets. Elle a enfin notamment insisté sur l'importance du principe de discipline financière et sur celui de la solidarité européenne.''

Ne doutons pas que le français Jean Claude Trichet saura résister aux montages budgétaires douteux du premier ministre français J.P.Raffarin et de son ministre F. Mer. Trichet fut le maîtres de la politique du franc fort contre toutes les conjonctures: comptez sur lui, il ne ménagera pas sa monture pour défendre l'UE et l'Euro, quoi qu'il en puisse coûter ! Vive l'UE ! Là est l'intérêt de la France. Vive la France !


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