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1ère Chronique

Mombasa…ttentats !

Kritix, le Monday 2 December 2002 - 2170 consultations - Commenter la chronique

Safari "Al Qaïda" ! Trois kamikazes ont précipité leur véhicule bourré d'explosifs sur un hôtel de Mombasa fréquenté par des touristes israéliens, faisant quinze morts; quelques minutes auparavant, deux missiles avaient manqué un avion de ligne israélien qui venait de décoller de la deuxième ville kenyane.

Le Kenya et Israël se sont empressés d'imputer ces attaques quasi simultanées, du 28 novembre 2002, au réseau islamiste international Al Qaïda, soupçonné par Washington d'avoir organisé les attentats-suicide antiaméricains du 11 septembre 2001 et les attentats au camion piégé perpétrées en 1998 contre les ambassades des États-Unis au Kenya et en Tanzanie. Si ces soupçons étaient avérés, il s'agirait de la première attaque d'Al Qaïda visant des Israéliens. La police a déclaré que les kamikazes avaient trouvé la mort en précipitant leur véhicule dans la réception de l'hôtel, tuant en outre six Kenyans et deux Israéliens. Selon l'ambassadeur du Kenya en Israël, l'explosion a fait 80 blessés. Le responsable des urgences de l'hôpital Aga Khan de Mombasa a déclaré que les blessés de l'hôtel Paradis, qui appartiendrait à des intérêts israéliens, étaient "tous des étrangers (blancs)" et qu'ils souffraient de blessures diverses. A une quinzaine de mètres de l'entrée de l'hôtel Paradise gisait la carcasse du véhicule utilisé par les kamikazes, à proximité d'une mâchoire humaine. Une journaliste du Jérusalem Post raconte sur le site internet du quotidien être arrivée à l'hôtel, situé à l'extérieur de Mombasa, deux minutes avant l'explosion. "Vers 07h30 (05h30 heure française), nous avons entendu une forte explosion. (...) Une voiture a défoncé le portail de l'hôtel et a fini sa course dans le hall. Des bombes ont ensuite été jetées depuis l'intérieur du véhicule", raconte Kelly Hartyog sur le site du quotidien israélien de langue anglaise (http://www.jpost.com). "Je peux apercevoir huit corps dans le hall, pour la plupart des hommes d'âge adulte", a raconté pour sa part un témoin peu après l'explosion, devant les décombres de l'hôtel.

Quelques minutes plus tôt, selon la police, deux missiles étaient tirés en direction d'un avion de ligne israélien de la compagnie Arkia, qui transportait 261 passagers et venait de décoller de Mombasa à destination d'Israël. L'appareil, un Boeing 757, s'est posé par la suite sans encombre sur l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv. "A environ deux kilomètres de l'aéroport, deux missiles ont été tirés sur l'avion depuis une 4x4 Pajero blanche par des personnes que nous soupçonnons d'être d'origine arabe. Les deux missiles ont manqué l'appareil", a déclaré un porte-parole de la police, Kimgori Mwangi. Une source proche des services de sécurité a précisé que, d'après ces derniers, quatre personnes se trouvaient à bord du véhicule. Ezra Gozlan, un passager qui était assis à l'arrière de l'avion, a raconté à Radio-Israël avoir vu un missile passer juste au-dessus de l'aile quelques minutes après le décollage. Selon le pilote de l'avion, Rafi Marik, l'avion était à seulement 130 m du sol quand les deux missiles sont passés à proximité, suffisamment près pour que les passagers en voient la fumée. Selon une source proche des services de sécurité kenyans, ces derniers soupçonnent les attaquants d'avoir utilisé des lance-missiles portatifs. Les avions de ligne israéliens sont équipés de systèmes de leurres sophistiqués permettant de contrer d'éventuelles attaques. Les kamikazes de l'hôtel, a ajouté Mwangi, ont été décrits comme étant apparemment d'origine arabe et conduisant un véhicule tout-terrain, également un modèle japonais Pajero de Mitsubishi. "Peu après l'arrivée à l'hôtel d'un groupe de touristes, j'ai vu un Pajero blanc forcer le portail de l'établissement", rapporte un barman travaillant dans un autre hôtel situé en face du Paradise. Il a précisé que l'explosion s'était produite vers 08h30 (06h30 heure de Paris). "A bord (du véhicule) se trouvaient trois personnes d'origine arabe et après son arrivée devant la réception, j'ai entendu une déflagration, et tout l'hôtel était en feu", a ajouté le barman. Aucun groupe n'a revendiqué les attentats dans l'immédiat.

Par le passé, Israël a réagi avec vigueur aux attaques perpétrées par des activistes arabes et islamistes contre ses ressortissants. A Londres, des dignitaire religieux musulmans radicaux ont dit croire à l'implication d'Al Qaïda dans l'attentat. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon s'est contenté d'annoncer que son gouvernement était en train de réunir des informations sur les attaques. "Il ne fait aucun doute (...) qu'Al Qaïda est responsable de cette attaque, parce que nous n'avons aucun problème sur le plan intérieur et aucun terrorisme dans notre pays, nous n'avons pas de problèmes avec nos voisins, aucun problème", a estimé pour sa part l'ambassadeur du Kenya en Israël, John Sawe. "Les premiers indices donnent à penser qu'il s'agit d'un signal d'Al Qaïda", a indiqué en outre une source diplomatique israélienne de haut rang. Les États-Unis imputent à Al Qaïda deux attentats au camion piégé qui visaient ses ambassades à Nairobi et à Dar es Salaam, dans lesquels 224 personnes avaient été tuées et plusieurs milliers d'autres blessés à l'été 1998. Le président kenyan, Daniel Arap Moi, a déploré les attentats. "Nous avons eu des attaques similaires en 1998, mais le monde entier, y compris nos amis, ne nous ont pas suffisamment aidés", a-t-il dit. "Nous ferons ce que nous pourrons pour riposter." La côte kenyane abrite une importante communauté musulmane entretenant des relations étroites avec le Yémen, la Somalie, le Soudan et l'Arabie saoudite. Un dignitaire religieux musulman partisan d'Oussama ben Laden a affirmé que des groupes militants islamiques favorables à Al Qaïda avaient mis en garde la semaine dernière sur internet contre la possibilité d'une attaque imminente au Kenya. "Des groupes militants sympathisants d'Al Qaïda ont averti il y a une semaine qu'il y aurait une attaque au Kenya et ils ont évoqué les Israéliens", a déclaré le cheikh Omar Bakri Mohummad, chef du groupe Mouhadjiroun, basé à Londres. "Ils ont dit dans des forums de discussions qu'il se passerait quelque chose de positif en Afrique de l'Est, qu'un lourd tribut serait payé", a-t-il dit.

L' attentat suicide a fait huit morts, en plus des trois kamikazes, dans le hall d'un hôtel de la station balnéaire de Mombasa, au Kenya. Quelques minutes auparavant, l'avion de ligne israélien transportant plus de 260 passagers a échappé au tir de deux missiles à son décollage de Mombasa pour Tel Aviv. Bakri a indiqué que les militants ayant évoqué une attaque au Kenya sur internet s'étaient présentés, sans donner leur nom, comme des "moudjahidines" (combattants de l'islam) soutenant Al Qaïda. "Ils prenaient part à des discussions et ont envoyé des messages électroniques", a-t-il dit. Bakri a indiqué qu'il n'était pas membre d'Al Qaïda mais qu'il soutenait ce réseau ainsi que ben Laden et ses alliés taliban en Afghanistan.

La plupart des 261 passagers du vol IZ582 assurant la liaison entre Mombasa et Tel Aviv n'ont pas réalisé que leur avion avait été la cible d'une attaque de missiles. Mais Ezra Gozlan, un passager de 62 ans qui était assis à l'arrière de l'appareil, a affirmé peu après son arrivée à l'aéroport international Ben Gourion qu'il avait vu un missile frôler une aile de l'avion peu après son décollage. "Toutes les roues avaient quitté le sol et alors nous avons entendu une explosion. Il (le missile) est passé environ un mètre au dessus de l'aile", a déclaré Gozlan sur les ondes de Radio Israël. "Lorsque j'ai entendu l'explosion, j'ai regardé par la fenêtre et j'ai vu de la fumée. C'était une roquette ou quelque chose comme ça", a-t-il ajouté. "J'ai dit à quelqu'un 'c'est un missile'. Il a dit 'non, quelque chose est peut-être passé dans le réacteur'." Certains passagers ont dit avoir vu une traînée de fumée longue de 300 mètres sur la gauche de l'appareil mais de nombreux autres ont dormi sans rien apercevoir. "Nous avons entendu une détonation tout près de nous et nous ne savions pas ce que c'était", a déclaré Eli Yona, qui se trouvait à bord de l'avion. Le commandant de bord n'a informé les passagers de cette attaque au missile qu'à partir de l'entrée dans l'espace aérien d'Israël. Deux avions de l'armée israélienne ont alors escorté l'appareil jusqu'à son atterrissage. L'avion n'a pas été endommagé. Des responsables aériens et des experts ont indiqué sur différentes stations de radios en Israël qu'il était préférable pour l'avion de poursuivre son vol plutôt que de revenir effectuer des vérifications sur un aéroport où il venait juste d'être la cible d'une attaque.

Les autorités du Kenya ont indiqué le 30 novembre, n'avoir établi aucun lien jusqu'ici entre les douze personnes arrêtées après les attaques anti-israéliennes à Mombasa et le réseau Al Qaïda, soupçonné par certains d'en être l'instigateur. Deux d'entre elles, un couple américano-espagnol, ont été mises hors de cause et libérées. Des responsables américains ont dit qu'à leurs yeux la principale piste à suivre concernant l'attentat contre l'hôtel Paradise était celle d'un groupe somalien lié à Al Qaïda, Al-Itihad al Islamiya, alias ATAT ou Union islamique. Toutefois, Julius Sunkuli, ministre kényan de la Sécurité intérieure à qui l'on demandait lors d'une conférence de presse si la police avait découvert une "connexion" entre le réseau d'Oussama ben Laden et les personnes interpellées à la suite de ces attentats, a répondu: "Aucune jusqu'ici." Trois kamikazes avaient précipité un 4x4 bourré d'explosifs sur l'hôtel Paradise. Outre les assaillants, trois touristes israéliens et neuf employés kényans avaient été tués. Des douze étrangers qui ont été interrogés, la touriste américaine Alicia Kalhammer et son époux espagnol José Tena semblaient les moins susceptibles d'être impliqués dans les attaques, a dit Sunkuli. Un chargé d'enquête de la police a ensuite annoncé qu'ils avaient été libérés après interrogatoire. Le couple avait été arrêté alors qu'il s'apprêtait à quitter un autre hôtel du même quartier environ deux heures après l'attentat suicide. Kalhammer, 31 ans, a dit comprendre la situation et ne pas en vouloir aux autorités kényanes, qui "font leur travail". Le couple entend poursuivre ses vacances dans le pays. Les autres personnes détenues sont six Pakistanais et quatre Somaliens. Arrêtés pour entrée illégale dans le pays, ils n'ont été soupçonnés qu'ensuite d'avoir pu tremper dans les attentats, a indiqué la police. Des responsables américains ont nuancé les soupçons exprimés au sujet du groupe somalien Al Itihad et d'Al Qaïda en notant qu'il était trop tôt pour avoir des certitudes. "Le schéma pourrait correspondre à Al Qaïda", a dit l'un d'eux. Des analystes pensent aussi que les deux attaques apparemment coordonnées peuvent porter la marque du mouvement de Ben Laden. Une "Armée de la Palestine" inconnue jusque-là a revendiqué ces attentats dans un communiqué adressé par télécopie à un organe de presse libanais. Mais rien n'est venu confirmer cette revendication. Des experts israéliens et américains passent au crible les décombres de l'hôtel et la carcasse du véhicule utilisé par les kamikazes.

Le secrétaire au Foreign Office britannique Jack Straw a déclaré que des renseignements recueillis par des services occidentaux auraient pu permettre d'éviter les attentats, tout en estimant qu'une mise en garde émise il y a deux semaines par l'Australie au sujet d'un risque au Kenya était restée trop imprécise. Le Conseil suprême des musulmans du Kenya (SUPKEM), très implanté à Mombasa, a condamné les attentats en présentant leurs auteurs comme des ennemis de l'islam et de ses fidèles. Les 70 ressortissants israéliens blessés dans l'attentat contre l'hôtel et leurs trois compatriotes tués - deux frères de 13 et 15 ans et un homme de 61 ans - ont été rapatriés par un Boeing de l'armée de l'air israélienne et sont arrivés sous une pluie battante. Des parents de victimes ont par ailleurs reproché à l'État hébreu de ne pas aider les familles africaines frappées par les attentats. L'attentat suicide contre l'hôtel Paradise, a fait 15 morts - neuf employés kényans, trois touristes israéliens et les trois kamikazes. Douze personnes ont été arrêtées dans les heures suivant l'attaque et interrogées. Les autorités soupçonnent en premier lieu un groupe somalien lié à Al Qaïda, Al-Itihad al Islamiya, d'avoir commis l'attentat. Mais aucun lien n'a été établi entre Al Qaïda et les 12 personnes interrogées, toutes de nationalité étrangère, a précisé le ministre kényan de la Sécurité Julius Sunkuli au cours d'une conférence de presse. Trois kamikazes ont précipité leur 4x4 bourré d'explosifs sur l'hôtel Paradise de Mombasa. Outre les assaillants, trois touristes israéliens et neuf employés kényans ont été tués.

La police kényane détient également six Pakistanais et quatre Somaliens, arrêtés peu avant les attaques pour être entrés illégalement en territoire kenyan. De leur côté, les États-Unis ont dit soupçonner en priorité le réseau al Qaïda et un groupe islamiste basé en Somalie, al Itihad al Islamiya, également connu sous les noms d'ATAT et d'Union islamique. Selon un responsable américain, al Itihad, qui figure sur la "liste noire" des organisations "terroristes" établie par Washington, est un mouvement extrémiste important de la Corne de l'Afrique. "Ils ont aussi des liens avec al Qaïda", a-t-il précisé. Sharon a chargé le Mossad de l'enquête et, à mots couverts, de liquider les commanditaires de l'attentat, tenus au Kenya comme en Israël et dans les milieux islamistes pour appartenir à la mouvance, locale éventuellement, d'Oussama ben Laden. "Nous prendrons, de notre long bras, les agresseurs et ceux qui les ont dépêchés", a-t-il déclaré, reprenant les termes utilisés par Israël après la prise d'otages de ses athlètes aux JO de Munich en 1972. Il a promis une riposte d'envergure en assurant qu'Israël "traquera ceux qui ont répandu le sang de ses citoyens" et que "personne ne s'en sortira indemne".

Que le Mossad soit chargé de les traquer marque l'entrée officielle d'Israël dans la guerre globale contre le terrorisme international décrétée par les États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001. Mais Washington a proposé son aide et des experts américains et israéliens coopéraient avec la police kényane dans l'enquête en fouillant les décombres de l'hôtel Paradise pour recueillir des indices. Mombasa est une cité portuaire à majorité musulmane qui est étroitement liée aux États, majoritairement arabes, des rives de la mer Rouge. Prié par la presse de dire si Al Qaïda était présente en ville, le président kényan Daniel arap Moi a répondu laconiquement: "Je ne peux pas dire cela."

Le 12 novembre, l'Australie avait fait état d'un risque élevé "d'attentat terroriste" au Kenya et exhorté ses ressortissants à éviter les voyages non-indispensables vers Mombasa. Les attentats de Mombasa ont été revendiqués de Beyrouth par une fantomatique "Armée de la Palestine", mais les experts n'y voient généralement qu'une "couverture idéologique" pour une action relevant du terrorisme islamiste plus en rapport avec Al Qaïda qu'avec les mouvements palestiniens.


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