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Tuesday  17 October  2017
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5ème Chronique

Zimbabwe : les "morts-vivants" de Harare !

Kritix, le Thursday 11 December 2003 - 2284 consultations - Commenter la chronique

Le président zimbabwéen Mugabe, avec sa réélection controversée, n'en finit pas de clouer le Zimbabwe au pilori de l'indigence. Qui plus est, il affame son peuple ! L'ancienne colonie britannique regorgeait de fertiles terres agricoles cultivées par les fermiers blancs, chassés dans le sang par le président Mugabe, cette décennie dernière. Pillage du "grenier de l'Afrique" ! Ce passé colonial et le rejet des fermiers blancs, cette richesse agraire qui faisaient rentrer des devises étrangères jusqu'en l'an 2000 est désormais derrière nous. Le Zimbabwe s'enfonce dans la pauvreté, maintenant dans la famine, malgré les répétées "mises en garde" de la "croix rouge internationale", qui avec fatalité s'attend à un désastre humanitaire sans précédent, du même type que celui de l'actuelle Madagascar ! Le fertile Zimbabwe est saccagé par la crédulité d'un peuple analphabète, victime d'amalgames idéologiques à des fins personnelles, pour la plus grande fortune du despote, mais néanmoins président Mugabe ! Le Zimbabwe se meurt devant la communauté internationale, incrédule, malgré l'importante répulsion exprimée par le Commonwealth (ensemble des pays ayant fait partie de l'empire britannique et qui demeurent unis à la couronne britannique) à l'encontre de la politique despotique du président Mugabe. "Morts-vivants", les zimbabwéens sont menés de force vers une sordide inconnue: malnutritions, famines, pauvreté, sont autant de Lendemains zimbabwéens !

La reine d'Angleterre Elizabeth II a ouvert le 5 décembre 2003 à Abuja au Nigeria, le sommet du Commonwealth (dont elle est le chef) dans un climat tendu, dominé par la question du Zimbabwe, dont la suspension de l'organisation il y a 20 mois est loin de faire l'unanimité. Dans la capitale nigériane sous haute surveillance, Elizabeth II a souligné les valeurs de «démocratie, droits de l'homme et d'état de droit» du Commonwealth, «un des grands partenariats au monde où riches et pauvres, grands et petits, travaillent ensemble pour le bien commun». C'est la première fois que la reine vient au Nigeria indépendant: sa dernière visite remontait à 1956, soit quatre ans avant l'indépendance. Le sommet, qui réunit la Grande-Bretagne et les représentants de 52 pays, principalement ses anciennes colonies, devait se concentrer sur les «deux moteurs du progrès» -la démocratie et le développement- et sur d'autres questions comme la lutte contre les maladies, le terrorisme et la promotion du libre-échange. Reste que des divergences sont apparues sur le Zimbabwe dès la première séance de travail, créant une ambiance «tendue», a raconté un diplomate. Des dirigeants africains demandent au Commonwealth de lever la mise au ban de Harare (capitale du Zimbabwe), imposée après la réélection du président Robert Mugabe en 2002 dans un scrutin jugé frauduleux en Occident.

Le Premier ministre britannique Tony Blair et les dirigeants de l'Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande et de plusieurs pays du Pacifique estiment que le Zimbabwe doit rester exclu du Commonwealth jusqu'à ce que le régime de M. Mugabe adhère aux principes de la démocratie.
       M. Blair s'est dit «raisonnablement confiant que la suspension du Zimbabwe continuera jusqu'à ce que (Harare) se soit plié à ce que le Commonwealth a établi en terme de droits de l'homme, de démocratie et de bonne gouvernance».
       En 2002, alors que les élections au Zimbabwe suscitaient une vague de réprobation dans le monde, la plupart des dirigeants africains étaient restés silencieux ou avaient apporté leur soutien à M. Mugabe. Le président zimbabwéen est accusé par ses détracteurs de s'en prendre aux libertés civiles, en réprimant notamment l'opposition et les médias indépendants. La saisie des terres des fermiers blancs et le manque de pluie ont conduit l'économie du Zimbabwe au bord de l'effondrement. Les vivres, l'essence, les médicaments et d'autres produits de première nécessité se font rare dans le pays.
       Devant la conférence annuelle de son parti, Robert Mugabe a renouvelé sa menace de se retirer du Commonwealth. «Le Zimbabwe est un pays libre et indépendant qui ne peut admettre une interférence sur sa souveraineté», a-t-il déclaré à environ 3.000 délégués à Masvingo (sud du Zimbabwe). Le Pakistan a également été suspendu par le Commonwealth suite à la prise du pouvoir sur un coup de force de l'actuel président, Pervez Musharraf.

A la majorité, les 52 chefs d'Etat et de gouvernement de l'organisation représentés à Abuja avaient décidé de prolonger pour une période indéterminée la suspension du Zimbabwe de l'organisation, décidée en mars 2002. La crise zimbabwéenne a provoqué depuis trois ans de profondes divisions au sein de l'organisation: le "Commonwealth blanc" (Grande Bretagne, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande) a activement et ouvertement fait campagne pour une mise à l'écart du régime de Robert Mugabe, accusé de violations des droits de l'Homme et de dérive autoritaire.

De son côté, l'UE a souhaité le 9 décembre 2003 que le Zimbabwe modifie sa politique mais pas son gouvernement, a annoncé mardi le directeur général de la coopération au développement de la Commission européenne, Koos Richelle. M. Richelle a également affirmé que l'UE soutenait la politique de "diplomatie discrète" de l'Afrique du sud vis à vis de son voisin du nord. Il s'est adressé à l'AFP au lendemain de l'annonce par le président zimbabwéen Robert Mugabe du retrait de son pays du Commonwealth. Ce dernier a estimé "inacceptable" le maintien de la suspension de son pays décidée par les dirigeants de l'organisation réunis en sommet à Abuja. L'Afrique du Sud a tenté, sans succès, ce week-end à Abuja lors du sommet du Commonwealth, de mettre fin à la suspension du Zimbabwe, décidée après la réélection controversée de Robert Mugabe à la tête du pays en mars 2002. "Nous savons que les voisins du Zimbabwe tentent de le convaincre de changer d'avis, mais il existe un grand respect pour la souveraineté dans cette partie du monde et un pays ne peut dicter à un autre ce qu'il doit faire", a ajouté M. Richelle. "Les changements doivent provenir de ce gouvernement", a-t-il ajouté. Souvent décrié pour son approche diplomatique souple vis-à-vis d'un régime accusé de violations répétées des droits de l'Homme, le président sud-africain Thabo Mbeki est toujours resté fidèle à sa ligne de conduite, martelant que ce n'était pas en isolant le Zimbabwe qu'on forcerait M. Mugabe à changer d'attitude.

Les leaders du Commonwealth réunis à Abuja ont réagi le 10 décembre 2003 avec un mélange de déception et de résignation à la décision du Zimbabwe. Le Premier ministre de la Nouvelle-Zélande, Helen Clardk, a déclaré que : "La décision du gouvernement du Zimbabwe de se retirer n'est pas une catastrophe pour le Commonwealth. C'est une indication du fait que le gouvernement du Zimbabwe a choisi sa voie", a t-elle dit. La porte reste ouverte pour l'utilisation des bons offices du Commonwealth afin d'améliorer la situation au Zimbabwe dans l'intérêt de son peuple", a affirmé le Premier ministre Clark. Le Premier ministre australien, John Howard dira " qu'il est regrettable qu'un pays quitte le Commonwealth. Mais je suis préoccupé par le sort du peuple zimbabwéen qui souffre vraiment. Rien n'est permanent. C'est le cas de cette situation", a commenté M. Howard. Le président de la CEDEAO et chef de l'Etat ghanéen, John Kufuor, s'est déclaré optimiste sur la résolution prochaine de ce problème. "On ne peut pas s'attendre à ce qu'un homme attaqué ne réagisse pas, c'est une réaction à laquelle il fallait s'attendre", a déclaré M. Kufuor. Le président ougandais, Yoweri Museveni, s'est, pour sa part, adressé aux journalistes, en leur faisant un cours sur la nécessité de la "discipline" au sein d'une organisation comme le Commonwealth. "Je suis une personne disciplinée... J'exprime mes opinions là où il faut. Demandez au président Olusegun Obasanjo", a déclaré M. Museveni. "Je suis contre l'anarchie", a-t-il ajouté. Le président de l'Union Africaine, le mozambicain Joachim Chissano, a relevé que l'UA était "affectée" par la décision du président Robert Mugabe de retirer le Zimbabwe du Commonwealth. Le Premier ministre australien, John Howard, et celui du Canada, Jean Chrétien, qui tous les deux faisaient pression pour le maintien de la suspension du Zimbabwe, ont soutenu que la décision des leaders du Commonwealth de maintenir ce pays à l'écart était la bonne, même s'ils ont déclaré regretter la décision du président Mugabe. La plupart des autres leaders de l'organisation ont refusé de commenter la nouvelle. Le président du pays organisateur, Olusegun Obasanjo, un proche du président Mugabe, s'est aussi refusé à faire tout commentaire.

Le parlement du Zimbabwe a ratifié le 11 décembre 2003, la décision prise par le président Rober Mugabe de retirer son pays du Commonwealth. La décision a été adoptée par 59 voix pour et 41 contre à l'issue d'un débat houleux de plus de cinq heures qui s'est poursuivi tard dans la nuit. Le principal parti d'opposition du Zimbabwe, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), minoritaire au parlement, avait estimé que la décision de Robert Mugabe était illégale dans la mesure où elle n'avait pas reçu l'accord du gouvernement ni du Parlement. Le Zimbabwe sombre dans une pauvreté abyssale et rejoint les PMA (pays les moins avancés), pour le plus grand malheur d'un peuple innocent !
      


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