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Wednesday  18 October  2017
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2ème Chronique

Pacifier, plutôt Côte d’Ivoire des militaires ?

Kritix, le Wednesday 18 December 2002 - 1923 consultations - Commenter la chronique

Changer le régime, pour épargner des vies ? La Côte d'Ivoire a fait appel, le 10 décembre, aux puissances occidentales pour résoudre, au besoin par la force, un conflit intérieur qui dure depuis bientôt trois mois et pour l'empêcher de déborder hors de ses frontières. Alors que des milliers de jeunes Ivoiriens se portaient volontaires à l'appel du ministère de la Défense pour aller combattre la rébellion dans le Nord et l'Ouest, un conseiller du président Laurent Gbagbo en Europe a invité les capitales occidentales à envisager l'option militaire, la médiation de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) étant, selon lui, vouée à l'échec. Il ne faut pas attendre la réédition de drames comme ceux du Rwanda ou de la Sierra-Leone pour intervenir, a-t-il souligné. Après la tentative avortée de coup d'Etat du 19 septembre, les rebelles du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), qui exige le départ de Gbagbo, ont pris le contrôle du nord du pays, à majorité musulmane. Les troupes loyalistes tiennent le Sud animiste et chrétien, et deux nouveaux mouvements rebelles cherchant à venger la mort de l'ex-général-président Robert Gueï, ancien putschiste tué aux premiers jours du soulèvement, sont apparus dans l'Ouest (alors que le président GBAGBO était en visite officielle en Italie et qu’il avait dû revenir précipitamment en voulant minimiser les effets de la tentative putchistes). La France, ancienne puissance de tutelle, a dépêché 1.200 soldats pour évacuer les étrangers et superviser le cessez-le-feu conclu le 17 octobre, mis à mal par la reprise des combats dans l'Ouest. Les forces françaises se trouvent toutefois dans une situation délicate, chaque camp les accusant de faire le jeu de ses adversaires.

Sur le front diplomatique, le MPCI a menacé de quitter les négociations de paix, entamées il y a plus d'un mois avec le gouvernement ivoirien au Togo, après la découverte d'un charnier contenant, selon le mouvement rebelle, les corps de civils tués par des soldats fidèles au président Gbagbo. "Nous allons droit vers la guerre", a affirmé Sidiki Konaté, porte-parole du MPCI. A Abidjan, plusieurs milliers de volontaires ont pris le chemin du QG de l'armée ivoirienne aux cris de: "On veut des treillis" et en entonnant l'hymne national ivoirien. Seuls 3.000 d'entre eux rejoindront l'armée. Ils devront d'abord se soumettre à des examens de sélection, puis suivront une période de formation de six semaines au lieu des trois mois habituels. "Après six semaines, ils sauront combattre, mais ils n'iront pas forcément au front. Cela dépendra de la situation", a dit le colonel Jules Yao Yao, porte-parole de l'armée. Les forces loyalistes ont, par ailleurs, attaqué la ville de Blolekin, prise par les rebelles de l'Ouest ce week-end, à l'aide d'hélicoptères pilotés par des mercenaires, ont rapporté des habitants.

En côte belliqueuse africaine, la France n’Ivoirien ! L'armée française, qui veille au respect du cessez-le-feu en Côte d'Ivoire, souhaite "s'impliquer plus largement dans la préservation de la stabilité sur le terrain", à un moment où les négociations de paix semblent au point mort. "Il y a urgence, la France est mobilisée, c'est la fidélité de la France à l'Afrique, c'est la solidarité de la France vis-à-vis des Africains", a dit le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, en marge du sommet européen de Copenhague. "Nous avons voulu marquer notre appui aux autorités légitimes de la Côte d'Ivoire et notre volonté d'appuyer un processus. (...) C'est pourquoi nous avons décidé le renforcement de notre dispositif militaire et marqué la nécessité d'une solution politique", a-t-il précisé le 13 décembre. La France a annoncé que, compte tenu de la dégradation de la situation, des centaines de nouveaux soldats français devaient dans les 72 heures venir épauler les 1.500 soldats présents dans son ancienne colonie. "Il s'agit de s'impliquer plus largement dans la préservation de la stabilité sur le terrain," a expliqué Frédéric Thomazo, porte-parole de l'armée française en Côte d'Ivoire. A Abidjan, des milliers de jeunes Ivoiriens se sont rassemblés à l'extérieur de casernes afin de rejoindre les rangs des forces loyalistes, à la suite d'un appel à la mobilisation lancé par le gouvernement. Les forces de sécurité ont même dû repousser une foule de jeunes gens impatients de se faire engager dans un camp d'entraînement du quartier de Cocody, et dépassant nettement en nombre les 3.000 volontaires requis par le pouvoir. Cette arrivée de nouvelles recrues potentielles est intervenue le jour même où le Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), organisation rebelle contrôlant la moitié nord du pays, a appelé lui aussi à la mobilisation.

Résumons la situation… Le premier pays producteur de cacao au monde est donc plongé dans une guerre civile depuis le 19 septembre dernier, date de l'échec d'un coup d'Etat. Les négociations qui ont suivi la trêve du 17 octobre piétinent, et le gouvernement fait désormais face à trois mouvements rebelles. Les combattants du MPCI tiennent le Nord, à majorité musulmane. Deux autres factions sont apparues le mois dernier dans l'ouest du pays, épaulées par des combattants libériens. Ils disent vouloir venger la mort de l'ancien chef de la junte Robert Gueï, originaire comme eux de l'ethnie des Yacoubas, et assassiné aux premières heures du coup d'Etat. Si aucun lien n'est prouvé entre ces trois mouvements, ils partagent néanmoins une même revendication: le départ du président Laurent Gbagbo, un chrétien de l'ethnie Bété originaire du Sud-Ouest. Ils critiquent du reste de plus en plus la position de la France qu'ils accusent d'avoir pris fait et cause pour Gbagbo. "Ce n'est pas une menace, mais si la France ne respecte pas une position neutre, elle risque de mettre ses intérêts et ressortissants en danger", a déclaré le sergent rebelle Bamba, du Mouvement pour la justice et la paix.

Guillaume Soro, négociateur du MPCI, a tenu le même discours vis-à-vis de la France: "Si Monsieur De Villepin a choisi son camp, il est souhaitable qu'il n'engage pas son pays dans une guerre qui n'est pas celle des Français. Car il trouvera devant lui le peuple souverain de Côte d'Ivoire, qui n'acceptera pas un autre Rwanda, un autre génocide", a-t-il déclaré dans un communiqué. Sur le plan diplomatique, le président togolais Gnassingbé Eyadéma s'est rendu en Côte d'Ivoire pour y rencontrer Gbagbo et d'autres dirigeants politiques ivoiriens pour tenter de sauver les négociations de Lomé. Il doit notamment leur faire signer une déclaration les engageant à poursuivre les négociations de paix tout en respectant les institutions nationales. Les représentants du Rassemblement des Républicains (RDR) d'Alassane Ouattara, opposant en exil accusé par une partie des Ivoiriens de soutenir les rebelles du MPCI, ont refusé de signer cette déclaration commune. Le MPCI, de son côté, n'est pas appelé à signer cette déclaration, qu'il juge destinée à l'exclure du processus de négociations. La seule mention des rebelles dans ce document est un appel à leur départ des villes qu'ils contrôlent. Les représentants du MPCI à Lomé ont annoncé qu'ils allaient faire une pause dans les négociations et consulter leur base.

La France a tenté d'ouvrir la voie à un règlement diplomatique de la crise ivoirienne en proposant au principal mouvement rebelle du pays de participer aux réunions qu'elle entend organiser à Paris avec les forces politiques ivoiriennes. Dans le même temps, le président togolais Gnassingbé Eyadema, médiateur désigné par la Cedeao, a annoncé la tenue à Lomé d'un sommet réunissant des chefs d'Etat de la région. La France "appuie la médiation africaine et de la Cedeao" pour parvenir à un règlement politique en Côte d'Ivoire, a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, François Rivasseau. Mais elle espère aussi organiser dans les plus brefs délais des réunions à Paris avec les chefs d'Etat de la région, d'une part, et les parties en présence, d'autre part, a-t-il ajouté. Les rebelles du MPCI, qui ont pris le nord du pays à majorité musulmane après la tentative ratée de coup d'Etat du 19 septembre, pourraient venir à Paris à certaines conditions. "Le MPCI sera invité à Paris, s'il se manifeste en tant que force politique", a dit le porte-parole du Quai d'Orsay. Aucune décision n'a encore été prise pour la participation des deux autres mouvements rebelles ivoiriens apparus fin novembre dans l'ouest du pays. De source diplomatique, on indique que "des contacts ont lieu sur le terrain" avec ces groupes armés.

Interrogé sur les relations entre la France et les autorités ivoiriennes, le porte-parole du ministère a répondu : "La France a une position de principe : nous ne soutenons ni un homme ni un régime, nous soutenons des autorités démocratiquement élues et légitimes." Réunie à Lausanne, l'Organisation internationale de la Francophonie s'est félicitée vendredi dernier "de la disposition manifestée par la France à accueillir à Paris les chefs d'Etats africains concernés et parallèlement, à organiser une réunion des représentants des forces politiques ivoiriennes". La présidence togolaise a de son côté fait savoir que certains des plus influents chefs d'Etat ouest-africains, comme le Nigérian Olusegun Obasanjo ou le Sénégalais Abdoulaye Wade, pourraient assister au sommet togolais. Le Gabonais Omar Bongo et le Ghanéen John Kufour ont également assisté à cette réunion. Eyadéma, qui préside depuis octobre à Lomé des négociations de paix aujourd'hui au point mort entre le gouvernement ivoirien et le MPCI, a obtenu de plusieurs formations politiques ivoiriennes la signature d'une déclaration commune condamnant la rébellion, soutenant le pouvoir et appelant au règlement de cette crise par la négociation. Mais sur le terrain, toutes les parties continuent de mobiliser. L'initiative diplomatique française intervient alors que l'ancienne puissance coloniale a décidé d'envoyer 500 à 600 soldats supplémentaires en Côte d'Ivoire. Quelque 1.500 militaires français surveillent déjà actuellement le cessez-le-feu conclu le 17 octobre, dans l'attente de l'arrivée d'une force armée ouest-africaine, qui tarde à se mettre en place. Le Quai d'Orsay a par ailleurs annoncé que la France allait saisir le Haut Commissariat des Nations unies chargé des droits de l'homme pour faire toute la lumière sur les massacres perpétrés en Côte d'Ivoire. L'Onu, pour sa part, a dit se préparer à un afflux de réfugiés dans les pays limitrophes de la Côte d'Ivoire. Le pays est divisé en deux entre le Nord, contrôlé par le Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), et le Sud, aux mains des forces gouvernementales. Un front s'est ouvert ces dernières semaines dans l'ouest du pays avec l'apparition de deux nouveaux groupes rebelles, constitués de combattants originaires de la même ethnie des Yacoubas que l'ancien chef de la junte Robert Gueï, assassiné aux premières heures du coup d'Etat manqué.

La France a commencé le 15 décembre à renforcer son dispositif militaire en Côte d'Ivoire, où l'envoi de soldats supplémentaires est de plus en plus mal perçu par les rebelles nordistes du MPCI. D'autant plus que les légionnaires parachutistes fraîchement débarqués sont dotés de nouvelles règles d'engagement leur permettant d'ouvrir le feu sur quiconque tenterait de violer le fragile cessez-le-feu en vigueur depuis le 18 octobre. Les insurgés du MPCI, qui contrôlent la moitié nord du pays depuis leur soulèvement du 19 septembre, accusent l'ancienne puissance coloniale de dépêcher une "force d'occupation". Une avant-garde d'une centaine de soldats d'élite du 2e Régiment étranger de parachutistes (Rep), basé en Corse, a débarqué dans la nuit à Abidjan pour se déployer ultérieurement le long de la ligne de démarcation dans le Grand-Ouest ivoirien, où deux nouveaux groupes rebelles ont fait ces derniers temps leur apparition. Les forces françaises envoyées en renfort ont pour consigne "d'ouvrir le feu sur toute personne empêchant manifestant la réalisation de la mission", a déclaré sur France Inter le commandant du 2e Rep, le colonel Emmanuel Morin. "Il s'agit, d'une part, d'ouvrir le feu sur toute personne empêchant manifestant la réalisation de la mission et, également, d'ouvrir le feu lorsque je serai témoin d'exaction manifeste de quelque partie qu'elle vienne", a précisé l'officier, qui commandera la secteur de la ligne de cessez-le-feu de la région Ouest. Mais, a insisté le patron des "bérets verts" qui sont opérationnels depuis le 16 décembre, "il s'agit d'abord d'une mission de dialogue avant d'être une mission coercitive". "La mission n'a pas changé de nature, elle a changé simplement en degré. D'une surveillance, elle devient maintenant veiller au respect actif du cessez-le-feu", a-t-il ajouté depuis la base militaire française de Port-Bouët, en lisière de l'aéroport d'Abidjan. La montée en puissance du dispositif militaire français - du matériel et des soldats supplémentaires sont attendus par avion et par bateau dans les jours qui viennent - correspondra à la plus importante intervention militaire de Paris en Afrique depuis 1983 - à l'époque au Tchad pour soutenir le gouvernement de N'Djamena contre des rebelles pro-libyens. Ces militaires arrivent sur fond d'opposition grandissante à la présence française en Côte d'Ivoire. L'armée française a annoncé le 14 décembre que des soldats français avaient tiré en l'air pour disperser 10.000 civils qui manifestaient contre eux, à Bouaké, deuxième ville du pays et fief du MPCI. "Il y avait 10.000 personnes, et moins de 100 hommes (français)", a expliqué un porte-parole militaire français, ajoutant que certains manifestants avaient été blessés. Selon des témoins, quatre personnes ont été blessées, dont une par balle, lorsque des coups de feu ont été tirés, semble-t-il par des rebelles qui cherchaient à contenir la foule. Les rebelles du MPCI exigent le retrait de l'armée française, qui a sur place environ 1.500 hommes - le chiffre exact est classé secret-défense. De son côté, le sergent Bamba Vazoumana, du nouveau Mouvement pour la justice et la paix (MJP, basé dans le Grand-Ouest), a déclaré par téléphone-satellite à Reuters: "Nous sommes déterminés à nous battre et nous nous battrons (...) contre quiconque se trouvera sur notre chemin. Nous ne nous retirerons pas".

Abdoulaye Wade, président du Sénégal, a estimé le 16 décembre que si la crise ivoirienne s'éternisait, il reviendrait au Conseil de sécurité d'intervenir. Il propose de dépêcher 650 militaires sénégalais dans le cadre d'une force ouest-africaine de paix, mais à condition qu'intervienne au préalable un "accord politique". "Puisque ça dure, ça se complique. Bientôt, si ce n'est pas résolu, ça ira au Conseil de sécurité des Nations unies", a déclaré Wade dans un entretien accordé à Reuters à Dakar. Le chef de l'Etat sénégalais, qui assume aussi la présidence en exercice de la CEDEAO, avait rejoint à Kara, dans le nord du Togo, d'autres "poids-lourds" politiques de la scène ouest-africaine pour un sommet restreint visant à relancer les efforts de règlement en Côte d'Ivoire. Village natal du président togolais Gnassingbé Eyadéma situé à 425 km au nord de Lomé, Kara devait accueillir, outre ce dernier et Wade, les présidents nigérian, libérien et ghanéen ainsi que des émissaires d'Abidjan et des rebelles nordistes ivoiriens. Ceux-ci, maîtres de la moitié nord du pays depuis leur soulèvement du 19 septembre, négocient à Lomé avec les autorités ivoiriennes mais sans grand succès, et deux mystérieux mouvements rebelles sont apparus dans le Grand-Ouest ivoirien à la faveur de ce pourrissement. A Paris, le gouvernement français s'est félicité de la réunion de Kara mais réitéré son offre d'organiser un sommet réunissant les chefs d'Etat concernés par la crise en Côte d'Ivoire ainsi que les responsables de l'Union africaine et des Nations unies. "Elle est également disposée à organiser, parallèlement, une conférence associant les représentants des forces vives ivoiriennes", a précisé le porte-parole du Quai d'Orsay.

Paris a renforcé en fin de semaine dernière, son contingent Côte d'Ivoire faute de voir ses troupes sur la ligne de front relevées par une force d'interposition de la Cedeao. Celle-ci est actuellement présidée par Abdoulaye Wade, qui avait contribué à obtenir le 17 octobre un cessez-le-feu précaire entre les troupes du président élu Laurent Gbagbo et les rebelles nordistes qui a gelé la division du pays. Wade a déclaré que dans la foulée de la réunion de Kara, il se rendrait avec d'autres présidents ouest-africains à Abdijan pour rencontrer le président Gbagbo, qui exige le désarmement des rebelles alors que ceux-ci réclament sa démission. Selon Wade, les dirigeants ouest-africains "ont les moyens" de régler par eux cette crise, mais il estime que rien n'est possible sans un accord politique entre les belligérants, d'où le retard dans la mise sur pied de la force de la Cedeao (Ecomog) dont le Sénégal assurerait le commandement. "Je suis d'accord pour envoyer 650 soldats (pour un contingent total de 1.600 hommes), mais sans accord politique, les forces sénégalaises n'iront pas. Nous ne sommes pas une force d'intervention. Nous sommes une force de paix", a-t-il dit tandis que le renforcement du contingent français a été assorti de l'autorisation pour lui d'ouvrir le feu si nécessaire. Les poids-lourds de la scène politique ouest-africaine se sont retrouvés dans le nord du Togo pour un sommet restreint destiné à relancer la dynamique de la paix en Côte d'Ivoire, où la France a dépêché des légionnaires en renfort autorisés à tirer en cas de violation du cessez-le-feu. Cette réunion, qui se tient à Kara, le village natal du président togolais Gnassingbé Eyadéma situé à 425 km au nord de la capitale Lomé, doit notamment rassembler les présidents du Sénégal, du Nigeria et du Liberia. Le président nigérian Olesegun Obasanjo est déjà arrivé à Kara, où sont également attendus une délégation gouvernementale ivoirienne ainsi que des représentants des rebelles nordistes du MPCI. Pour des responsables togolais, le sommet de Kara permettra d'évaluer les progrès réalisés aux pourparlers inter-ivoiriens de Lomé et de faire le point sur l'évolution de la situation sur le terrain avec, notamment, l'apparition de deux mystérieux mouvements rebelles dans le Grand-Ouest ivoirien limitrophe du Liberia. "Nous espérons aussi que cette réunion nous permettra d'exercer une pression accrue sur les deux camps de manière à parvenir rapidement à la signature d'un accord global", a confié aux journalistes le chef de la diplomatie de Lomé, Roland Kpotsra. Les présidents sénégalais et ghanéen devraient gagner ensuite Abidjan pour y rencontrer leur homologue ivoirien, le président élu Laurent Gbagbo, dont les rebelles exigent la démission. Le président libérien Charles Taylor, un ancien maquisard devenu chef de l'Etat par la voie des urnes, est également invité à Kara afin, selon un conseiller politique de Gbagbo, Toussaint Alain, de s'expliquer sur la présence de centaines de mercenaires libériens aux côtés des insurgés ivoiriens.

A Paris, le gouvernement français a réitéré lundi son offre d'organiser un sommet réunissant les chefs d'Etat concernés par la crise en Côte d'Ivoire ainsi que les responsables de l'Union Africaine et des Nations unies. A propos de la réunion de Kara, le porte parole du Quai d’Orsay a ajouté: "Nous saluons cette initiative de la Cedeao, de nature à faire progresser la recherche d'un règlement politique de la crise ivoirienne". Préoccupée par l'aggravation de la tension sur le terrain, la France a renforcé l'effectif de ses troupes, dont la mission est "la protection des ressortissants français, la stabilité et la sécurisation du cessez-le-feu". Le Quai d'Orsay ne peut toutefois indiquer la durée de l'engagement des forces françaises en Côte d'Ivoire car la Cedeao ignore quand elle pourra assurer la relève. "Nous continuons à travailler à la relève des troupes françaises par la force de la Cedeao en ce qui concerne la mission de stabilité et de sécurisation du cessez-le-feu", a dit le porte-parole. A Ougagadougou, capitale accusée par le pouvoir ivoirien de soutenir le MPCI, la presse burkinabè a unanimement accusé le 16 décembre 2002 l'ancienne puissance coloniale de partialité dans la crise ivoirienne à la suite de la décision de Paris de renforcer son contingent militaire sur place et de l'autoriser à ouvrir le feu le cas échéant. "La France a choisi son camp", titre le quotidien privé L'Observateur paalga, en ajoutant que Paris a finalement "jeté bas le masque, dans la mesure où son impartialité dans cette crise a toujours été mise à rude épreuve". Sur le terrain, des rebelles ont attaqué le 15 décembre un minibus à proximité de Man, la capitale du Grand-Ouest ivoirien tenue par les forces gouvernementales. On a dénombré six morts et dix blessés parmi les civils.

Dans un climat aux tensions les plus vives, la diplomatie tente avec quelques beaux succès de sauver la paix, en n’oubliant pas le carnage (250 morts) qui a eu lieu le mois dernier au Nigéria lors de l’organisation avortée de Miss Monde (pays d’origine de la précédente miss) !


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