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2ème Chronique

Saddam le Malin !

Kritix, le Monday 9 December 2002 - 1706 consultations - Commenter la chronique

Usant d'une malice toute babylonienne, plus que jamais palpable, la tension monte entre Bagdad et Washington, comme deux chiens de faïences d'une prise entre deux feux diplomatiques. L'ONU se pose en va-tout pacifique de la dernière chance. De cette crise dépend l'avenir proche au Moyen Orient.

Les règles onusiennes posées, le potentat babylonien sort non sans malice le grand jeu diplomatique, réveillant les sarcasmes anti-US, à l'image du paillasson à l'effigie de Bush père sur lequel les inspecteurs onusiens piétinent chaque jour à l'entrée de leur hôtel. Le président irakien Saddam Hussein a adressé le 7 décembre ses excuses au peuple koweïtien pour l'invasion et l'occupation de l'émirat en 1990-91, tout en l'exhortant à rejoindre la lutte contre des armées étrangères. "Nous demandons pardon à Dieu pour tout acte ayant soulevé sa colère dans le passé, que nous avons pu méconnaître et qui nous est attribué, et dans cet esprit, nous vous présentons également nos excuses", déclare le "raïs" irakien dans une lettre aux Koweïtiens diffusée par la télévision de Bagdad.

Par la suite, le président du Parlement koweïtien, Jassem al-Kharafi, a rejeté les excuses de l'Irak qu'il a qualifiées de "dénuées de sens". D'autres députés ont dénoncé pour leur part l'attitude de Bagdad. Le gouvernement de l'émirat n'a pas, pour le moment, réagi en tant que tel. Faisant apparemment allusion à la présence militaire américaine au Koweït, la lettre lue par le ministre de l'Information Mohammed Saïd el Sahaf exhorte le peuple koweïtien à se joindre à l'Irak en résistant à l'occupation de forces étrangères. "Pourquoi les combattants fidèles et dévoués du Koweït ne rencontreraient-ils pas leurs homologues irakiens sous la protection de leur créateur, plutôt que sous celle de Londres, de Washington ou de l'entité sioniste, pour discuter de leurs affaires en commençant par le djihad (lutte sacrée) contre l'occupation d'armées infidèles", ajoute le président. La lettre a été lue à la télévision au moment même où Bagdad remettait aux responsables des Nations unies sa déclaration concernant ses programmes d'armement, conformément aux exigences de la résolution 1441 du Conseil de sécurité. La télévision rapporte que Saddam a choisi ce moment pour s'adresser au Koweït parce que les dirigeants de l'émirat complotent contre Bagdad avec les États-Unis et les Irakiens en exil. "Le moment choisi pour (cette déclaration) correspond à des déclarations publiques de responsables koweïtiens et au fait qu'ils complotent main dans la main avec des armées étrangères en vue de faire du mal à l'Irak et de faciliter son occupation par des armées étrangères", poursuit la lettre. "Ils seront chassés, et déçus." L'Irak a envahi le Koweït en 1990, déclenchant la guerre du Golfe. Les États-Unis disposent actuellement de plus de 10.000 soldats en territoire koweïtien.

L'Irak a donc présenté à des journalistes internationaux un dossier volumineux sur ses programmes d'armements en affirmant qu'il ne détenait pas d'armes de destruction massive. Le Directorat de la surveillance nationale a présenté ces piles de documents avant de les transmettre aux inspecteurs en désarmement de l'Onu présents à Bagdad. Selon un panneau installé au siège du Directorat, l'inventaire comporte 11.807 pages ainsi que 357 pages d'annexes et des CD-Roms totalisant 529 Megaoctets de données. La déclaration d'armements irakienne est communiquée à l'Onu un mois après l'adoption de la résolution 1441 des Nations unies, qui somme Bagdad de désarmer sous peine de "graves conséquences" pouvant prendre la forme d'une attaque américaine. Lors d'une conférence de presse, Hussam Mohammed Amine, chef du Directorat, a déclaré que les documents seraient remis aux inspecteurs dans les prochaines heures. "Nous déclarons que l'Irak est dénué d'armes de destruction massive. Cette déclaration fait état de quelques activités à double usage", a-t-il dit en faisant ainsi allusion à des technologies qui peuvent se prêter à des utilisations civiles et militaires. "Si les États-Unis ont un minimum d'honnêteté et de courage, ils devraient accepter ce rapport", a ajouté Amine sans plus de précisions.

La résolution 1441 donnait à l'Irak jusqu'au 8 décembre pour présenter un inventaire complet de ses programmes passés ou présents relatifs à des armes biologiques, chimiques ou nucléaires. Une centaine de reporters se pressaient au siège du Directorat dans le centre de Bagdad. Les documents étaient classés dans deux douzaines de dossiers placés sur une table à côté de CD-Roms dorés. Certains portaient la mention "Déclaration actuellement exacte et complète". La plupart semblaient rédigés en anglais et quelques autres en arabe. Les journalistes n'ont pas eu accès à leur contenu. Aux États-Unis, le président George W. Bush a déclaré dans son allocution radiophonique hebdomadaire que Washington se donnerait "un certain temps" pour évaluer la déclaration irakienne et déterminer si Saddam Hussein répondait aux exigences de l'Onu en matière de désarmement. "Nous ne jugerons l'honnêteté et le caractère complet de la déclaration qu'après l'avoir examinée à fond, ce qui prendra un certain temps", a dit Bush. "Cette déclaration doit être crédible, exacte et complète, sans quoi le dictateur irakien aura une fois de plus démontré au monde qu'il a choisi de ne rien changer à son comportement." Bush a ajouté que le président irakien avait la responsabilité de prouver qu'il avait démantelé ses programmes d'armes interdites et de coopérer avec les inspecteurs de l'Onu.

En Grande-Bretagne, le Premier ministre Tony Blair a dit espérer que l'inventaire irakien serait basé sur les faits et complet, tout en restant sceptique au sujet de la coopération de Saddam Hussein avec les inspecteurs. "Espérons qu'il s'agit d'un compte rendu vrai et honnête", écrit Blair dans un article publié par le journal de langue arabe Al Hayat. "Vous me pardonnerez si, sachant tout ce que je sais du passé de Saddam, je demeure sceptique." Selon les experts en armements, qui ont repris leurs inspections en Irak le mois dernier après quatre ans d'absence, Bagdad a coopéré de façon satisfaisante sur 20 sites suspects visités jusqu'ici. La déclaration irakienne doit être acheminée à Vienne, siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), et au siège des Nations unies à New York. Les membres du Conseil de sécurité de l'Onu ont décidé de ne pas rendre public le contenu des documents irakiens avant une semaine pour permettre aux experts de déterminer d'abord s'ils ne contiennent pas de secrets militaires pouvant "intéresser" des parties extérieures en quête d'armes à effets massifs. Les documents seront analysés par la Commission de contrôle, de vérification et d'inspection de l'Onu (Cocovinu) et l'AIEA.

Selon des diplomates, une semaine pourrait s'écouler avant que les 15 membres du Conseil de sécurité puissent les consulter. Les États-Unis pourraient, après avoir consulté les documents, accuser l'Irak de "violation substantielle" de ses obligations, ce qui rendrait possible une attaque contre Bagdad. Mais la résolution 1441 précise que toute violation doit être vérifiée sur le terrain par les inspecteurs. En adoptant une résolution très contraignante, l'Onu a voulu s'assurer que Washington ne dénonce pas unilatéralement une infraction avant d'attaquer Bagdad en se prévalant du soutien de l'Onu. Selon des responsables américains, Washington ne ferait pas d'une violation irakienne le facteur immédiat d'une guerre mais laisserait se poursuivre les inspections de l'Onu tout en sollicitant l'appui de ses partenaires à une attaque au cas où celle-ci se révélerait nécessaire. Les inspecteurs de l'Onu doivent remettre un rapport au Conseil de sécurité le 26 janvier au plus tard. Ils peuvent signaler toute violation irakienne avant cette date.


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