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Thursday  27 July  2017
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6ème Chronique

Une tête de turc s'est prise un coup dans une White House !

Kritix, le Monday 10 March 2003 - 1619 consultations - Commenter la chronique

Le sénateur démocrate américain Edward Kennedy estime que l'administration Bush devrait remettre à plus tard ses projets d'invasion de l'Irak et laisser les Nations unies poursuivre leurs inspections en armement aussi longtemps qu'elles se soldent par des résultats. Kennedy a déclaré devant une conférence de l'Eglise méthodiste unie qu'une guerre en Irak détournerait l'Amérique de la lutte contre le réseau Al-Qaïda et pourrait rendre le monde plus dangereux pour les Américains. "La guerre doit toujours être l'ultime recours. Toutes les options doivent être poursuivies. Les inspections ont encore une chance de marcher(...). Tant que les inspecteurs sont sur le terrain et progressent, nous devons donner une chance à la paix", a déclaré ce Démocrate du Massachusetts.

Le chef du groupe démocrate au Sénat, Tom Daschle, a estimé le 4 mars 2003 que l'attitude des Irakiens envers les demandes des inspecteurs de l'Onu avait évolué depuis une semaine environ, l'Irak ayant commencé à démanteler des missiles. "L'administration (Bush) refuse de nous dire combien de temps nous resterons là-bas, ce que cela coûtera et combien de militaires seront nécessaires une fois que l'opération sera terminée", a-t-il lancé. "Soit ils n'en ont aucune idée, soit ils ne veulent pas communiquer ce qu'ils savent." Le Sénat, où siègent nombre de Démocrates, a donné à Bush son feu vert l'an dernier pour attaquer l'Irak. Mais certains Démocrates commencent à se dire aujourd'hui qu'ils sont peut-être allés un peu vite en besogne.

Le 3 mars, le sénateur démocrate Patrick Leahy (Vermont) a mis en doute la nécessité d'attaquer l'Irak et estimé que l'administration Bush ne s'était pas correctement expliquée sur ses intentions globales, sur ses projets pour l'avenir de l'Irak et sur le coût vraisemblable d'une guerre. Le sénateur Joseph Biden, Démocrate qui fait autorité en matière de politique étrangère, s'est dit pour sa part préoccupé par les intentions de Bush quant à l'après-Saddam Hussein en Irak.

Pour Kennedy, l'un des plus ardents pourfendeurs de la guerre au Sénat américain, l'administration avait recueilli la sympathie du monde entier après les attentats du 11 septembre 2001, mais aujourd'hui, elle se met à dos le monde entier par ses choix en politique étrangère. "Nous ne pouvons pas nous comporter comme une brute dans la cour d'école du monde et nous attendre à obtenir la coopération, l'amitié et le soutien du reste du monde", a-t-il résumé. Selon lui, une invasion de l'Irak risquerait de mettre le feu au Proche-Orient, de provoquer une "nouvelle vague massive d'anti-américanisme", de créer une catastrophe humanitaire en Irak et, à terme, de se heurter à un rejet d'une occupation militaire américaine par les Irakiens", a-t-il ajouté. Kennedy ajoute que l'administration Bush a permis aux "éléments anti-Irak dans ses rangs" d'exploiter les attentats du 11 septembre pour régler son compte à l'Irak plutôt que de se concentrer sur Al-Qaïda. Les démocrates US ont déjà vérifié leurs craintes trois jours plus tôt par le camouflet turc...

Sévère revers turc imposé aux USA que ce vote turque du 1 mars 2003 ! les USA veulent une guerre sans raisons, le reste du monde redoute que l'hyper puissance US ait un fou-dingue à ses commandes... Mais, tardons et n'allons pas plus avant, et voyons le camouflet démocratique turque qui se retourne subrepticement... Le chef du parti au pouvoir en Turquie, Tayyip Erdogan, a remporté le 9 mars 2003 comme prévu l'élection partielle de Siirt (Sud-Est) qu'il avait choisie comme tremplin pour accéder ultérieurement à la tête du gouvernement. L'ancien maire d'Istanbul a obtenu environ 85% des voix. L'entrée en fonctions d'Erdogan - auparavant inéligible - en tant que Premier ministre, devrait mettre fin à une période d'incertitude politique dans ce pays musulman frontalier de l'Irak. Elle devrait également permettre à ce pays, allié aux Etats-Unis au sein de l'Otan, de soumettre une nouvelle fois à ses députés une motion autorisant le déploiement d'un maximum de 62.000 troupes américaines sur le sol turc dans l'optique d'une intervention armée en Irak.

Erdogan, 49 ans, avait conduit sa formation issue de la mouvance islamiste, le Parti de la Justice et du Développement (AKP), à une victoire éclatante aux élections législatives de novembre 2002. Mais la Constitution lui interdisait de briguer des mandats électoraux en raison d'une condamnation pour sédition islamiste, et il avait dû laisser son bras droit Abdullah Gül le soin de prendre la tête du gouvernement. Depuis, ce dernier, dirigé par l'AKP, a modifié la loi fondamentale afin de permettre à Erdogan de devenir député. Il avait choisi la circonscription de Siirt, où il est particulièrement populaire, pour briguer un mandat législatif. Mic mac démocratique réussi ! Dans cette ville du sud-est de l'Anatolie aux prises avec le chômage et la pauvreté, l'ancien maire d'Istanbul a obtenu une victoire facile faute notamment d'adversaires de poids en face de lui.

A Ankara, on s'attend à ce qu'Abdullah Gül démissionne peu après l'élection d'Erdogan, qui a exercé en coulisse une énorme influence sur le gouvernement AKP depuis sa mise en place à l'automne dernier. Il faudra autour d'une semaine avant qu'Erdogan soit confirmé au poste de Premier ministre, après quoi il remaniera le gouvernement, notamment à des postes clés comme l'Economie, les Affaires étrangères ou les postes de vice-Premiers ministres.

C'est alors que le nouveau gouvernement pourrait présenter aux députés une nouvelle motion leur demandant d'autoriser le déploiement des troupes américaines. Un tel déploiement a été rejeté lors du vote d'une première motion le 1er mars dernier. Seuls 264 députés avaient voté pour, sur un total de 534 présents, et donc la majorité absolue n'avait pas été atteinte, cela malgré la consigne donnée aux députés AKP de voter pour. On avait dénombré 251 non et 19 abstentions. Depuis le rejet de la motion, le chef de l'état-major interarmes turc, le général Hilmi Ozkok, a clairement fait entendre que la puissante armée du pays appuyait la position du gouvernement sur une motion autorisant le déploiement américain. "La guerre (en Irak) sera de courte durée si un deuxième front est ouvert à partir du nord", a-t-il dit à la presse. Si une deuxième motion finissait par être adoptée, cela débloquerait pour Ankara une aide financière américaine susceptible d'atteindre 30 milliards de dollars en échange de l'utilisation du territoire turc par l'armée américaine. L'argent mafieux aura-t-il raison de la démocratie turque ? Les jours prochains répondront.


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