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4ème Chronique

Où est ta Blitzkrieg, Führer Bush ?

Kritix, le Monday 7 April 2003 - 2151 consultations - Commenter la chronique

Les corps des dix premières victimes britanniques de la guerre en Irak ont été rapatriés le 29 mars dernier, par avion sur la base de la RAF de Brize Norton, dans l'Oxforshire, où les drapeaux avaient été mis en berne. Le ministre de la Défense, Geoff Honn, représentait le gouvernement à la cérémonie, de même que les chefs des trois armes. Les proches des victimes étaient également présents. Sur les dix victimes, huit ont péri dans la collision accidentelle d'un hélicoptère de transport américain lors de la première nuit de l'offensive contre l'Irak. Les deux autres sont les pilotes du chasseur "Tornado" de la RAF abattu par erreur par un missile anti-missiles "Patriot" américain (tir dit "ami") à leur retour de mission. Au total, 23 militaires britanniques ont trouvé la mort dans le Golfe depuis le début des hostilités le 20 mars. La guerre éclair du pasteur Bush n'est pas une guerre de libération, mais de colonisation... L'expansionnisme US montre les dents ! En Irak, on l'a bien compris...

Drapeau des États Unis d'Amériques (USA)
© kritix.com

De nouveaux graffitis "A bas les USA" ont recouvert "A bas l'Irak" sur un bâtiment du port d'Oum Kasr, dans le sud du pays, témoignant d'une hostilité grandissante de la population chiite à l'égard des troupes anglo-américaines. Au yeux des habitants, ce retournement d'une opinion traditionnellement largement hostile à Saddam Hussein est le fruit du comportement parfois rude des soldats. La crainte des GI's vis-à-vis d'une population dans laquelle combattants et autres terroristes peuvent se fondre compte sans doute pour beaucoup dans cette attitude, assurent certains. Leur comportement semble, quoi qu'il en soit, embarrasser l'allié britannique (troupes légères, qui contrastent avec la lourdeur logistique US ) auquel incombe le plus souvent la tâche d'occuper les zones conquises et d'amadouer des populations qui, de surcroît, n'ont pas oublié la trahison de 1991. Après avoir incité la communauté chiite du sud de l'Irak à se soulever, la Maison blanche avait assisté sans réagir à la dure répression orchestrée par Bagdad au lendemain de la défaite irakienne au Koweït. "Est-ce qu'ils nous combattent nous, ou est-ce qu'ils combattent Saddam?", se demande l'instituteur Mohammed Salik, prié de s'exprimer sur l'attitude des "libérateurs" américains. A leur décharge, force est de constater qu'un contingent de cette ampleur ne peut intervenir sans perturber profondément la vie des civils. Mais l'argument ne convainc qu'à moitié les soldats britanniques chargés d'administrer Oum Kasr, et certains n'hésitent plus à se plaindre ouvertement de l'hostilité suscitée par les GI's.

Un officier britannique s'est par exemple alarmé du fait que les "marines" américains affectés à sa protection n'aient pas hésiter à ouvrir le feu de leur propre chef en direction d'une maison des faubourgs d'Oum Kasr. "Ils ont affirmé avoir été pris pour cibles à partir de cet endroit il y a quelques jours et vouloir donner un avertissement une bonne fois pour toutes", a-t-il expliqué. "C'est quelque chose que nous ne devrions pas pardonner", a-t-il commenté. "Nous ne nous ferons aucun ami dans ces conditions." Un officier des forces spéciales américaines en poste à Oum Kasr concède qu'il est parfois difficile de contenir l'impétuosité des soldats rendus nerveux par les combats et les multiples menaces auxquelles ils sont exposés. "Il faut se rendre compte que ces gars-là sont conditionnés par leur entraînement. Dans l'armée, il s'agit de veiller sur soi et sur ses camarades. Point final. Comment savoir où se trouve l'ennemi?", s'interroge-t-il. Quant à l'ennemi, s'agit-il de Saddam Hussein ou de l'Irak tout entier ? "Certains de mes hommes ont du mal à faire la différence", reconnaît l'officier. "Le soldat moyen n'est pas mieux ou moins bien éduqué que l'Américain moyen et certains d'entre eux ignorent ce qui se passe ici." "Mais nous assurons l'essentiel des combats. Nous n'avons pas le loisir d'abaisser notre garde", ajoute-t-il.

Drapeau irakien
© kritix.com

Appuyés sur la guérilla urbaine, les faux-semblants propagandistes des belligérants et le fait que nul centre urbain n'est à ce jour maîtrisé, mène cette guerre illégitime dans une dimension terroriste, où la population civile et les soldats irakiens sont traités de même façon par la coalition anglo-US... Les troupes de la coalition sont assistées par des hélicoptères qui pilonnent tout ce qui bouge avant l'avancée des troupes. Bien nettoyé, mon général ! Les forces anglo-américaines ont largué plus de 8.700 bombes et missiles depuis le début, le 20 mars, des hostilités en Irak, a annoncé le 31 mars 2003 le Pentagone. Lors d'un point de presse, le général Stanley Mc Chrystal, n°2 opérationnel de l'état-major interarmes américain, a précisé qu'en 24 heures, 3.000 bombes à guidage de précision ont été déversées. "On constate une nette dégradation" des capacités de la Garde républicaine, le fer de lance du président Saddam Hussein qui protège notamment les abords de Bagdad, a observé le général.

L'armée américaine a confirmé que huit corps trouvés lors d'une opération de sauvetage d'une militaire cette semaine étaient ceux de soldats américains, ce qui porte à 75 morts le bilan officiel des pertes annoncées au 5 avril par Washington depuis le début de la guerre en Irak le 20 mars dernier. Les cadavres ont été trouvés dans un hôpital de Nassiriah. Les soldats avaient été pris dans une embuscade irakienne contre un convoi logistique le 23 mars, selon l'armée américaine. Sur ces 75 morts, 62 ont péri au combat et 13 dans des accidents. Huit militaires sont en outre portés disparus et sept sont comptabilisés comme prisonniers de guerre. Du côté irakien, les pertes se chiffrent en millier de morts, sans parler des victimes de l'embargo états-uniens, dus pur partie à la violation par les USA et les britanniques de la zone d'exclusion aérienne en Irak avant ce nouveau et actuel carnage...

Tapis un peu partout en ville, les francs-tireurs irakiens ont engagé le 7 avril 2003 ce que le président Saddam Hussein avait voulu: une guérilla urbaine dont il espère qu'elle sera meurtrière pour les assaillants américains. L'agglomération de cinq millions d'habitants, où des dizaines de chars américains ont pénétré profondément dans la matinée retentissait de tirs d'armes légères et lourdes. Les nuages de fumée blanche dégagées par les mortiers se mêlaient au vent de sable revenu en ville, obscurcissant la visibilité. Mais rien ne semblait arrêter le grondement sourd des obus et des bombes. Bagdad est maintenant un champ de bataille, en phase de guérilla. A l'exception des soldats en uniforme ou des combattants en civil, les rues de la capitale étaient désertes. Les seuls véhicules non militaires aperçus étaient des ambulances, roulant à vive allure pour évacuer des blessés au plus vite, et des camions remplis de réfugiés fuyant les combats. Les forces américaines ont annoncé s'être emparées de deux complexes présidentiels en ville, dont l'immense palais de la République, qui s'étend sur plus de 12 km le long de la rive occidentale du Tigre.

Bombardé sans relâche depuis trois semaines, le palais abrite le QG de la garde républicaine commandée par Koussaï Hussein, fils cadet du président. Des petits groupes de gardes irakiens armés de lance-grenades ont pris position autour du palais occupé, face à un no man's land les séparant des Américains. Les principaux ponts enjambant le Tigre semblaient toujours au mains des forces fidèles à Saddam Hussein, tapis derrière leurs piliers, armes légères et lourdes pointées vers le sud et les positions américaines sur la rive ouest. Celle-ci, qui abrite des villas des dignitaires du régime, le ministère de l'industrialisation militaire et plusieurs bâtiments de la sécurité, semblait avoir été désertée. Sur l'autre rive, des gardes républicains munis de lance-grenades assuraient la protection des ministères de l'Information et des Affaires étrangères. Des voitures de police bondées ont parcouru le centre-ville bruyamment en tirant en l'air et en agitant des drapeaux irakiens mais la population semble avoir pris le chemin de l'exil. Un habitant de Saddam City, un bidonville de la périphérie de la capitale, estime que 80% des habitants ont fui vers l'est.

Asie
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Le 7 avril au soir, les Marines US affrontent des unités de la Garde républicaine spéciale irakienne défendant la périphérie Est de Bagdad après avoir franchi un affluent du Tigre. Deux Marines ont péri dans ces combats, et un troisième a été blessé, dans ce qui serait une erreur de tir. La maîtrise du secteur est stratégique pour accéder par le sud-est à la capitale irakienne, où se déroulent parallèlement de violents affrontements entre les forces du gouvernement de Saddam Hussein et des unités d'infanterie américaines entrées par l'ouest. Des correspondants occidentaux ont pu voir des chars et véhicules blindés américains sur la rive occidentale du Nahr Diyala, affluent du Tigre, en train de pilonner des positions du corps d'élite irakien. "Des éléments du 7e Marine sont désormais sur la rive occidentale du Nahr Diyala", a déclaré le lieutenant Lew Craparotta, qui appartient à l'un des trois bataillons de combat participant aux affrontements. Deux ponts enjambent l'affluent à cet endroit, mais ils ont été gravement endommagés et les Marines ont dit avoir utilisé un pont flottant pour traverser le cours d'eau. Ils ont également comblé un trou sur l'un des deux ouvrages avant de le franchir. D'après les Américains, les Irakiens avaient fait sauter les deux ponts la veille. "La majorité de leurs forces se replient (...). Nous sommes dans l'ultime cercle de défense de la ville", a affirmé le lieutenant Craparotta.

D'après un autre officier, le colonel B.P. McCoy, les ponts ont pu être contrôlés par les troupes américaines à l'issue "d'une bonne bataille" qui a débuté la veille. "Nous avions nos mitrailleuses, nos mortiers, et nos canons. On l'a fait à l'ancienne", a-t-il dit, entre deux bouffées de cigare. On s'y croirait..."Jusqu'à maintenant, il y avait un fleuve entre eux et nous. Ils ne l'ont plus. Nous allons les traquer sur l'autre rive, trouver où ils se cachent et les tuer." Selon lui, une trentaine de soldats irakiens ont été tués durant les combats pour le contrôle de l'un des deux ponts la veille. Deux Marines ont été tués par un tir d'artillerie visant leur véhicule blindé. Il s'agirait d'un "tir fratricide", selon certains de leurs camarades. Le colonel McCoy n'a pas confirmé, ajoutant qu'une enquête était en cours. L'explosion a éventré le toit du véhicule blindé, ouvert comme une boîte de conserve. "De nombreux Marines ont été blessés et je sais que deux sont morts. C'était moche, il y avait des morceaux de corps partout", a raconté dans un déluge de tirs de mortiers et d'armes légères le sergent-chef Marvin Crawford, qui se trouvait près du lieu de l'incident, à l'est de Bagdad.

Sur la rive orientale où sont positionnées la majeure part des unités de Marines, de modestes habitations et ateliers semblent abandonnés, des bâtiments sont criblés d'impacts et les rues sont jonchées d'éclats de verre et autres débris. Le Nahr Diyala s'écoule du nord au sud avant de se jeter dans le Tigre au sud-est de la ville. La banlieue Est de Bagdad est densément peuplée et comprend le quartier de Saddam City, qui abrite de nombreux Chiites irakiens, appauvris par Saddam. A un kilomètre de l'un des ponts, des petits groupes de civils irakiens se forment pour regarder prudemment. Beaucoup sont des hommes, jeunes ou d'âge moyen, qui seraient des déserteurs selon les Marines. "Hello America", crie l'un d'entre eux au passage d'un blindé. Les civilités du chaos ont parfois de quoi surprendre... Kafka, lui, aurait compris !

Amériques
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Les hôpitaux de Bagdad s'efforcent de faire face à un afflux massif de blessés sur fond de violents combats entre forces américaines et irakiennes dans la capitale. "Certains hôpitaux ne peuvent prendre en charge davantage de blessés de guerre. Ils ont atteint leur limite", a expliqué à Genève Nada Doumani, du Comité international de la Croix-Rouge. Les blessés ne sont cependant pas éconduits, mais de nombreux hôpitaux manquant de lits, les patients sont soignés là où les médecins trouvent de la place. Les chirurgiens travaillent 24 heures sur 24, a poursuivi la porte-parole du CICR, l'une des rares ONG à disposer encore d'un personnel international à Bagdad.

Le CICR ne dispose pas de bilan des combats du 7 avril à Bagdad, ville de cinq millions d'habitants, mais le petit hôpital de Kindi, situé au centre, a accueilli à lui seul 50 blessés en l'espace de quatre heures, contre une centaine pour toute la journée de dimanche, note la porte-parole. L'intensité des combats a empêché les représentants de la Croix-Rouge de se rendre lundi dans les autres hôpitaux de la capitale. "Nous entendons dire que le nombre de victimes civiles est élevé", a déclaré Iain Simpson, porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ajoutant néanmoins qu'il est impossible d'obtenir un bilan fiable. Certains hôpitaux manquent d'analgésiques et de morphine, produits dont l'Irak n'a guère pu constituer de stocks en raison des sanctions qui le frappent depuis l'invasion du Koweït, en 1990.

Les coupures d'électricité qui affectent depuis quelques jours de nombreux quartiers de Bagdad ont encore aggravé la situation sanitaire en privant les hôpitaux de courant et en paralysant les usines de retraitement de l'eau. La veille, les réseaux national et locaux alimentant Bagdad ne fonctionnaient pas pour la plupart et seules 20% des maisons ont été partiellement alimentées en électricité pendant la nuit, précise le CICR dans son communiqué le plus récent sur l'Irak. "L'eau devient un sujet de préoccupation. Il y a des quartiers de Bagdad qui n'en ont pas du tout", souligne Doumani.

Bien que les usines de retraitement de l'eau et les hôpitaux disposent pour la plupart de groupes électrogènes, ces derniers ne peuvent être utilisés trop longtemps, en particulier si le personnel technique ne peut se rendre sur place pour en assurer la maintenance, notent des ONG. Si les infrastructures étaient au départ en parfait état de fonctionnement, le problème ne serait pas aussi grave, mais tel n'est pas le cas de l'Irak, qui a traversé deux guerres en deux décennies et est affaibli par plus de douze ans de sanctions, souligne le porte-parole de l'OMS. L'absence d'eau potable entraîne diarrhées et maladies respiratoires, dont nombre d'enfants irakiens ont déjà été victimes. Paul Sherlock, de l'ONG britannique Oxfam, explique que des ONG ont implanté des réserves provisoires d'eau autour de Bagdad. Mais il sera difficile de maintenir cet approvisionnement au milieu des combats, les chauffeurs de camion craignant d'être pris pour cibles s'ils continuent de circuler, poursuit Sherlock. Doumani indique que le CICR a fourni ces derniers jours aux hôpitaux de l'eau qui devait servir de réserve, mais que ces établissements s'en servent maintenant pour leur usage quotidien. Hôpitaux débordés aux robinets asséchés, voilà le cortège macabre des affres terroristes d'une agression dont personne n'en comprend la réalité de ses motifs !


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