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12ème Chronique

René Frydman, extatique faculté régénératrice

Kritix, le Monday 28 January 2013 - 1983 consultations - Commenter la chronique

ADN de la PMA, la « biologie René Frydman » promet aux cellules souches, une ère nouvelle de la médecine. Mise aux arrêts, l'excellence française peine à s'affranchir. Au troisième jour de décembre 2012, Poitiers reçut l'enseignement progressiste du professeur René Frydman ; partage citoyen pour rattraper le pitoyable retard français de recherche sur l'embryon.

De croissance exponentielle à l'international, une économie de la procréation médicalement assistée, permet aux pouvoirs de l'argent de privatiser la maternité ! Aujourd'hui, la France laisse à d'autres nations l'essentiel des connaissances médicales sur les cellules souches ; en d'autres termes la majeure partie de la médecine de Demain ! Les brevets ne seront pas français ! Triste constat que celui d'une Représentation Nationale imprévoyante, voire obscurantiste.

Optimiste, le médecin obstétricien René Frydman narra l'histoire de la PMA, l'état des connaissances et les enjeux. Et c'est dans un esprit de responsabilité républicaine qu'il formula ce vœu : être en capacité de persuasion au cœur du nouveau comité d'éthique. La chambre haute, avec une majorité progressiste, adoptera dans la nuit du 4 au 5 décembre 2012 une proposition de loi autorisant la recherche sur l'embryon et les cellules souches.

« Avec les cellules souches, la PMA ouvre la porte à la médecine régénératrice », René Frydman

Le professeur René Frydman, père de la PMA, en conférence aux Salons de Blossac à Poitiers, le 3 décembre 2013.
© kritix.com

Le professeur René Frydman mania la dialectique avec tout ce qu'il fallait d'esprit pour cadrer l'autorité du débat. Il s'est agit de la « PMA de justice » : prolégomènes au destin des cellules souches humaines, fécondes de médecine régénérative. Entre autres édiles, le biologiste CNRS, fondateur de Biocydex et édile poitevin El Mustapha Belgsir avait tenu à être là, au premier rang ; l'un des membres du comité consultatif national d'éthique aussi, religieusement assis auprès de l'un des pères de la PMA. C'est alors que tout ouïe, à Poitiers, la République chanceuse entendait l'homme de Progrès derrière son pupitre, tout en maîtrise, compétence et clairvoyance :

« Les progrès de la Connaissance sont toujours des transgressions. Et ici la fécondation in vitro est sûrement une forme de transgression parce qu'elle a permis de voir ce qui était invisible, de toucher ce qui n'était pas manipulable. Et donc c'était quelque chose qui n'existait pas auparavant ; et comme toujours, elle apporte des espoirs. [...] J'ai assisté au Congrès de Venise où l'on a annoncé la première naissance [Le congrès mondial sur la reproduction humaine a lieu tous les trois ans dans la cité des doges, Ndlr]. Et donc parmi les 5000 personnes qui étaient là et qui n'étaient pas toutes des médecins, je peux vous assurer qu'il n'y en avait que 10 % qui y croyaient et que les autres pensaient que c'était absolument impossible, tellement c'était une transgression. »

« Dans ce bouton embryonnaire, vous avez là des cellules souches : c'est-à-dire des cellules qui vont créer toutes les cellules musculaires, osseuses. [...] C'est la possibilité d'avoir une médecine régénératrice : c'est-à-dire d'avoir des cellules qui vont réparer les organes malades. […] Il faut des laboratoires sophistiqués […] et il faut aussi développer constamment des initiatives. Vous ne pouvez pas vous endormir sur l'existant. Il faut améliorer pour mieux comprendre pourquoi est-ce que l'embryon se développe ou pourquoi il ne se développe pas ? Et au bout, vous êtes obligés d'aborder la question : est-ce que l'on peut faire de la Recherche ou pas sur l'embryon ? Et c'est là que l'on trouve les idéologies que l'on peut avoir (qui sont toutes à respecter, bien entendu) mais sur lesquelles il faut savoir, bien entendu dans un État républicain et laïc, s'il y a une idéologie qui prime, si l'on essaie de prendre en compte le point de vue des uns ou des autres, de donner un axe de progrès scientifique. C'est-à-dire l'avancée des connaissances. […] Pour avoir des résultats, il faut développer la Recherche et l'esprit d'initiative. Il faut inventer, innover, ne pas avoir peur de le faire. Et de ne pas être considérer comme de ceux qui travaillent dans un coin avec des postures ou toujours des mauvaises intentions. Mais par contre dans la transparence de ce qui se passe et un contrôle de ce qui se passe. C'est un équilibre qui n'est pas simple. [...] Tout çà pour vous dire que c'est quelque chose à l'échelle mondiale : les rencontres, les congrès, il y en a énormément. Le problème de la fertilité [masculine et féminine, Ndlr] touche toutes les classes de la société et la souffrance est la même. Doit-on répondre à toutes les formes de souffrances ? [...] C'est un problème que je ressens comme très douloureux de ne pas pouvoir [à cause d'un législateur obtus... Ndlr] offrir une solution à un couple qui est dans une situation dramatique. Il va falloir faire bouger un peu les lignes pour ne pas faire n'importe quoi. »

Le professeur René Frydman, père de la PMA, en conférence aux Salons de Blossac à Poitiers, le 3 décembre 2013.
© kritix.com

« On fait tout çà pour des problèmes médicaux. C'est médical ! », René Frydman

« Il y a eu trois lois bioéthiques en France. À chaque fois, on a rediscuté pour être plus en adéquation avec les évolutions de la société. Et là comme vous le savez, il y a des discussions. Les cellules souches vont devenir toutes les cellules du corps. On sait transformer les cellules souches en reins, en néo-spermatozoïdes... faut-il les greffer chez l'homme ? Comprendre comment une cellule souche va jusqu'aux organes est quelque chose d'absolument fascinant d'un point de vue scientifique. Faut-il en faire une application clinique ? Cela c'est autre chose. […] Est-ce que les embryons non utilisés vont devenir des ressources d'organes ? Aujourd'hui, il y a d'une part des cellules embryonnaires, mais il y a aussi des cellules adultes que l'on arrive à transformer en embryonnaire, qui sont peut-être la source qui va permettre de régénérer l'organe malade. Il y a déjà trois essais [cliniques] qui se font dans le monde sur les cellules souches [dans les domaines de la médecine cardio-vasculaire et celle des troubles de la vision]. »

Notion de personne humaine, caractère de l'Homme

« Les grandes religions se sont bien sûr penchées là-dessus. Si le Talmud a dit que jusqu'à 40 jours ce n'était que de l'eau, et que çà commence à partir de 40 jours, pourquoi ? Parce que ce n'était pas visible à l’œil nu. Il a fallut attendre des autopsies, 40 jours après le dernier rapport sexuel de prisonnières d’Égypte, pour trouver [ce qui s'apparentait à] des petits grains de Tapioca. Et puis le Coran qui dit : c'est pas 40 mais 120, c'est après 120 que va intervenir une adhérence. Et çà c'est effectivement lié aux observations sur les fausses couches, naturelles, spontanées qui se font dans les trois premiers mois. Et puis pour tout ce qui est du monde catholique, depuis 1986 avec la position du pape, du Vatican ; elle a dit qu'il fallait considérer la personne humaine comme une personne humaine dés la fécondation. D'où l'interdiction de faire de la Recherche, de toucher à l'embryon. Donc ce sont des débats qui sont toujours d'actualité. […] Comment faire pour libérer la Recherche et l'innovation qui est la compréhension, ce goût de la Connaissance qui caractérise l'Homme ? […] Évidemment, ces outils-là [les applications médicales... ndlr] mises aux mains de personnes qui n'ont pas le respect de la dignité de l'Homme empêchent totalement. Ce qui nécessite une véritable vigilance, une alerte, un suivi. »

Selon René Frydman, la personne humaine peut se considérer depuis un système nerveux ou de cellules sénescentes. Il met en garde contre la tentation de l'eugénisme consistant à vouloir arrêter « toutes les transmissions possibles de maladies graves qui ne s'expriment pas forcément. Cela pose un problème de société. En France, il est bien net que c'est par rapport à l'enfant qui va naître : qu'il soit sain, c'est sûr, c'est ce que l'on veut ! Mais il peut être porteur de la maladie. Je dirais que c'est de l'information humaine. »

Le professeur René Frydman, père de la PMA, en conférence aux Salons de Blossac à Poitiers, le 3 décembre 2013.
© kritix.com

« Nous avons tous des anomalies », René Frydman

« Ce n'est pas du tout un projet eugénique : dans la majorité des cas on n'aborde même pas la question. C'est juste un homme et une femme qui veulent avoir un enfant et qui ont des difficultés à l'avoir naturellement. L'eugénisme c'est quand même une politique qui vise à être appliquée à tout le monde et qui vise à discriminer ceux qui seraient porteurs de telle ou telle anomalie, ou caractérisée comme anomalie. C'est vrai que le législateur fait très attention à ce que cela ne soit pas possible [...]. Il y a un libre choix pour juger de ce qui est tolérable de ce qui ne l'est pas, avec une pluridisciplinarité médicale. Après [l'age de] 43 ans, le législateur a laissé la possibilité [de faire une PMA], mais pas la solidarité nationale [la sécurité sociale, Ndlr]. »

« Le don d'ovocyte est fréquent. […] L'utérus est un organe qui n'a pas d'âge. […] Je souhaite que les résultats des centres [de PMA] soient publics. Aux États-Unis, si vous allez sur internet, vous avez la possibilité de savoir les résultats par âge [de PMA réussie]. En France, il a fallut attendre juillet 2011 pour que les résultats, centre par centre, soient envisagés. Ils vont venir, mais ils ne sont pas encore là. Un centre qui a beaucoup de femmes de plus de 40 ans, il ne peut pas se comparer à un centre qui a beaucoup de femmes de 30 ans. Donc il faut lisser les comparaisons et regarder [...] s'il y a une recherche qui améliore les choses. On ne peut pas rester les bras ballants. […] Quand vous mettez le doigt sur quelque chose qui ne va pas, vous allez faire un diagnostic et essayer de trouver une solution. […] Il y a eu des réticences du corps médical lui-même, qui a peur de fournir une aide à la progression de tous. »

« Ce qui prime c'est la femme par rapport à l'embryon », René Frydman

Le professeur René Frydman, père de la PMA, en conférence aux Salons de Blossac à Poitiers, le 3 décembre 2013.
© kritix.com

« Cette survalorisation de l'embryon in vitro […] est anachronique. De toute façon rien n'est possible sans la volonté de l'homme et de la femme qui sont à l'origine de l'embryon. Cela, il faut le respecter. Mais si vous avez des embryons dont l'homme et la femme qui en sont à l'origine ne sont plus ensembles, n'ont plus de projets et ne veulent plus d'enfants supplémentaires ; je dirais de toute façon qu'on va les détruire ! Le paradoxe c'est que la loi [française] nous autorise à détruire les embryons […] au bout de 5 ans, quand le couple ne se manifeste pas. […] Même les courants religieux ne sont pas à l'aise, bien entendu, mais ils ne peuvent pas s'opposer à la destruction. Donc ce n'est pas la destruction in extremis qui est condamnée, même si elle l'est quand même bien entendu, mais c'est le fait de retirer les Connaissances par cette destruction. […] Nous sommes là pour favoriser le désir parental. Mais dans les cas où cela ne survient pas, [...] pourquoi ne pas en faire bénéficier la science ? Le principe de la destruction est autorisé légalement. Le législateur a donné comme possibilité pour les embryons surnuméraires, quand un couple abandonne son projet parental : soit il donne ses embryons, soit il les détruit purement et simplement, [...]. »

Eugénisme de stérilisation : crime contre l'Humanité

Portrait de Charles Darwin réalisé en 1868 par Julia Margaret Cameron. Fondamentalement, le Darwinisme n'est pas de même nature que le fondamentalisme du néodarwinisme. L'Eugénisme politique de stérilisation n'a jamais fait partie de la théorie de l’Évolution.
Wikimedia Commons - Domaine public

N'oublions jamais que l’empêchement de l’Église de Rome protégea la fille aînée de l’Église et les pays latins, de l'eugénisme politique de stérilisation, pour se cantonner à l'eugénisme populationniste ; qui à mesure d'évolutions conduira aux politiques natalistes, à la vitalité démographique. Aujourd'hui, cette influence prédomine à Bruxelles. Les États-Unis d'Amérique, l'Allemagne et les pays scandinaves, pour l'essentiel, pratiquèrent l'eugénisme politique de stérilisation au XXème siècle ; au point de taire ce crime contre l'Humanité au procès-trauma de Nüremberg. Comment être juge et partie ? L'eugénisme de stérilisation n'est que le reflet d'une Humanité sans foi en l'altérité. La marchandisation anglo-saxonne doit toujours être un vaccin français : piqûre de rappel pour garder ses distances avec le tout libéral. L'eugénisme libéral doit être l'exception et le rester. Option que la très francophile fondation Rockfeller n'eut pas renié. N'oublions jamais que deux prix Nobel de médecine furent donnés à deux eugénistes français, favorables à la stérilisation : le professeur Alexis Carrel (1912) et le professeur Charles Richet (1913). N'oublions jamais qu'un neuvillois et eugéniste de politique de stérilisation du nom de comte Georges Vacher de Lapouge, professeur à l'Université de Poitiers, membre de la SFIO, développa les bases des théories raciales, pratiquées arbitrairement par le Nazisme, ferments fondamentalistes des crimes contre l'Humanité. N'oublions jamais que la communauté scientifique française sut, dans son ensemble, ne pas sombrer dans l'Eugénisme de la communauté internationale antérieure à 1945. Notons que la Société Française d'Eugénique (fondée en 1913, elle perd toute influence en 1945) restera minoritaire en France et ne prônera pas la stérilisation, à la différence des néodarwinistes. La France reste sur une ligne politique nataliste, de type hygiéniste depuis Louis Pasteur.

La France peut tout

Un batracien de Poitiers et son idée de l'évolution...
© kritix.com

Dés 2013, la mondialisation imposera à la France les découvertes japonaises, chinoises ou indiennes sur les cellules souches. Aujourd'hui, la recherche sur les cellules souches a déjà permis de démontrer que la stérilité tant masculine que féminine n'était plus une fatalité. La République Française molle, attentiste, végète, tant que la Connaissance ne préside pas à ses destinées.

Eugénisme de stérilisation, instrument intermittent de la biopolitique libérale, redoutable mécanique de crime contre l'Humanité ne justifie ni l'ignorance, ni la dérégulation : en République, la morale publique du Politique, catalyse de la Représentation nationale, est là pour garantir les principes fondamentaux d'une Nation. L'Universalisme encyclopédique est l'ADN des chances nationales.
      


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