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11ème Chronique

Grigori Perelman : on ne peut rien contre la volonté d'un mathématicien

Kritix, le Friday 3 September 2010 - 2551 consultations - Commenter la chronique

C'est en Russie, en banlieue de Saint-Petersbourg, dans la précarité la plus criante, que l'un des plus beaux esprits de ce siècle a choisi de loger et de subvenir à ses besoins primaires. Né le 13 juin 1966, Grigori Perelman reçoit en 1982 la médaille d'or aux olympiades internationales de mathématiques. À 20 ans, sa précocité suscitera chez certains de la communauté scientifique jalousie et dédain. L'homme de Léningrad en restera marqué... Cet esprit des Lumières offrira plus tard au Monde ce que l'esprit humain sait faire de mieux : comprendre l'Univers. L'Universalisme est là, palpable, prégnant, gratuit : un don de la Science !

Vous avez, citoyens, l'un de ceux qui fondent nos lendemains. Son tempérament fait autorité auprès de toutes les communautés scientifiques. La Mathématique en ermitage, Grigori Perelman, sans moyens, sans mondanités ni compromissions, apporte à l'Humanité sa contribution et de quelle manière !
       En 1990, il refusa le prix de la société européenne de mathématiques. En 2006, il refusa la médaille Fields (l'équivalent du prix Nobel en mathématiques). Le 18 mars 2010, il refusa le « prix du millénaire » de l'Institut de mathématiques Clay, après avoir court-circuité les usages et bienséances de la communauté scientifique en publiant sans comité de lecture préalable sur l'arXiv. Il s'agit d'une édition en ligne accessible à tous, sans commerce éditorial aucun : rien ne tient au hasard dans une démarche scientifique. Laissons à l'appréciation de ses pairs la nature de ses travaux fondamentaux...
       Le 8 et 9 juin 2010, il refusa de participer aux mondanités du colloque relatif à ses découvertes qui se tint à l'Institut Henri Poincaré à Paris.

Gregori Perelman, mathématicien russe
montage kritix.com

Ce génie goute peu des petitesses humaines et préfère le silence au chahut. Ses blessures lui appartiennent et ayons, pour ce bel esprit, toute la retenue qu'il convient : laissons-le libre avec lui-même ! Chercher pour comprendre n'est-ce pas civilisateur ? Cet homme aspire à la quiétude : inclinons-nous devant cette spiritualité, nous qui lui devons tant ! Lui qui déchiffra la Mathématique en résolvant l'un de ses problèmes fondamentaux, se voue à la recherche, cette dévorante passion : un sacerdoce aliénant et sacrificiel, mais qui libère l'âme...

Citoyens faites-le savoir à l'entour ! Il est si rare, dans une vie, de partager son Temps non loin d'un si bel esprit par-delà l'Oural. Passionné, donc slave, russe à la judaïté meurtrie, épris de Connaissance, il a bien du mal avec la résurgence des obscurantismes qui tenaillent sa patrie. De soif progressiste, nul ne saura jamais lui intimer l'ordre de s'en départir... Peu disert, nul ne l'achètera... Amour-propre de l'abandon ? Peut-être pas. Le fruit scientifique a-t-il un prix ? Qui pourrait prétendre décorer un seul au détriment de la plupart ? La distinction doit rester l'outil d'une construction : ni plus ni moins. La reconnaissance ne s'impose-t-elle pas d'elle-même ? N'est-elle pas une évidence aux yeux des humanistes ?

Le génie, qualificatif qu'il rejète, est inestimable. Lui donner un prix, c'est déjà le normaliser, c'est déjà l'altérer. La gloire ne demande qu'à être partagée, qu'a éclairer de ses feux le genre humain et repousser un peu plus nos ignorances et vanités. L'homme, fat, singe trop souvent l'humilité. Ici et maintenant, ce russe témoigne prestement que l'intelligence ne se nourrit pas du « tout économique » pour flamboyer.

Un batracien de Poitiers et son idée de l'évolution...
© kritix.com

On pourra également citer l'exemplarité de l'inventeur de Toumaï... Depuis son entrée au Collège de France, le paléontologue poitevin Michel Brunet, aujourd'hui consacré par la communauté scientifique après avoir persévéré pendant tant d'années, sut dépoussiérer la discipline par la remise en cause de ce qui était admis et par la mémoire du sol africain qu'il prospecta lui-même . Et de moquer les universités ronflantes en repoussant toutes leurs offres lucratives si ingrates pour ceux qui crurent en lui, afin de mieux se consacrer à son laboratoire « pastoral » de Poitiers... idée qu'il aime à rappeler chez les mondains anglo-saxons jadis si dédaigneux, aujourd'hui si obséquieux.
       Ce professeur défend la liberté dans la recherche et sait ce qu'il doit à la tradition française, aujourd'hui malmenée par l'UMP. L'humaniste Michel Brunet ne marchande pas ses principes et reste loyal avec l'Université de Poitiers qui lui permit de s'affranchir du pouvoir de l'argent. La petite ville pastorale de Poitiers, entre Paris et Bordeaux comme pourrait le dire un Michel Brunet le sourire en coin, produit parfois le meilleur. Et que le meilleur des chercheurs n'est parfois jamais couvert d'honneurs, tant que ses hypothèses n'ont pas abouties ; la bonne fortune n'étant pas toujours dans les logiques d'une carrière.

Que la plupart de nos fâcheuses élites françaises méditent sur le peu de cas fait à la Connaissance Universelle, après s'être piteusement fourvoyées dans la marchandisation de nos conditions !


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