Si le social-démocrate François Hollande reste atlantiste, la France le fera tomber.
mardi  22 mai  2012
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9ème Chronique

LGV Sud Atlantique : Conseils express en Vienne

Kritix, le jeudi 14 mai 2009 - 1497 consultations - Commenter la chronique
Un TGV sur la LGV Sud-Est, près de Sarry, Yonne, France.
Wikimedia Commons par Benjism89

A Poitiers, les lignes à grandes vitesses se dédouanent du plus fol esprit grégaire... Les collectivités locales financent ce que devraient financer l'État français et L'UE ! La LGV sud Atlantique se voit affublée d'un budget global de 7,6 milliards d'euros, dont près de la moitié serait supporté par le concessionnaire du réseau, l'autre moitié par des financements publiques. La région Poitou-Charentes vient de donner sa signature pour une participation à hauteur de 100 millions d'euros. La Charente-Maritime participera à hauteur de 27 millions d'euros. Les collectivités des deux-sèvres, Niort, Rochefort, les landes, les hautes Pyrénées refusent plus ou moins le satisfecit bruxellois : l'obligation des collectivités locales étant pour le moins discutable. Les collectivités emprunteront ces subsides sur 50 ans à la caisse des dépôts. Le chantier commencerait en 2010.

Le 11 avril 2009, le secrétaire d'état aux transports Dominique Bussereau se fit porter au centre de conférences de la gare de Poitiers, alors que se tenait le colloque national sur les villes et régions européennes reliées à la très grande vitesse, pour parler financements de la LGV sud Europe Atlantique dans un bel élan œcuménique. Il parla haut, entouré à sa droite du préfet de région Poitou-Charentes Bernard Tomasini, à sa gauche le président de la CAP et député-maire de Poitiers Alain Claeys. On glosa sur le développement du fret ferroviaire, la lutte contre les gaz à effets de serre, les déplacements rapides de cœurs à cœurs d'agglomérations. Dominique Bussereau proposa de verser aux collectivités un point et demi de la TIPP pour permettre les financements élégiaques que RFF ne peut plus assumer ! Pour la gouverne, lors de la privatisation de la SNCF, on transféra toutes les dettes de la SNCF à RFF : l'investissement lourd du réseau correspondant peu à la logique de la bourse contemporaine. Au cours du colloque, on discuta performance du réseau ferroviaire français, par des projets ambitieux épris de sagesse : le projet d'une nouvelle ligne Paris, Clermont-Ferrand, Lyon ; le projet d'une ligne Clermont-Ferrand, Limoges, Poitiers, La Rochelle, Nantes. L'exaltation des grands projets anima un public fiévreux.

Tour du centre d'affaires de la gare de Poitiers, en février 2009.
© kritix.com

Le 4 mai 2009, les collectivités territoriales que sont les communautés d'agglomération de Poitiers et de Châtellerault, choisirent de voter de commun accord avec le conseil général, en sa qualité de territoire de la Vienne, une seule et même délibération, pour jurer fidélité au plan financier départemental, dans le cadre du projet de la LGV sud Europe Atlantique. Le serment fut prêté après que soit garantit le maintien des dessertes en gares déjà existantes. Les engagements respectifs devraient se présenter comme suit : 11,9 millions d'euros pour la CAP, 4 millions d'euros pour le Châtelleraudais et 27 millions d'euros pour la Vienne. Les trois collectivités ne veulent pas de variables, mais des budgets fixes, négociés pieds à pieds avec RFF. Les dindons de la farce restant, comme toujours dans un projet d'intérêt général, les riverains...

Le comité Réaction TGV Citoyenne et l'ADEMA (association de défense de l'environnement à Migné-Auxances) s'élevèrent contre les nuisances sonores et les atteintes aux écosystèmes de ce mode de transport, prises en compte par le ministre Jean Louis Borloo, sur le papier, au Grenelle de l'environnement, mais réduit à peau de chagrin par RFF. Il y aurait expropriation dans les 150 mètres de la voie, avec une exposition moyenne de 60 décibels pour les riverains. Le progrès pour tous, les nuisances pour personne. Les avantages sans les inconvénients : les autorités publiques n'érigent pas en principe l'égalité des citoyens devant les nuisances du progrès techniques, surtout quand celui-ci se fait évidence. Les autorités devraient être généreuses en compensations, quelles qu'elles soient.

De son côté, le collectif CCNTGV (le Collectif Contre les Nuisances du TGV), présidé par Madame Abonneau, fit savoir sa consternation devant le témoignage désobligeant du député-maire de Poitiers Alain Claeys à l'encontre des riverains lésés. La présidente du CCNTGV regretta la complaisance apathique de l'association des maires de la Vienne devant la ligne LGV. Le représentant des associations de riverains Patrice Abonneau ne cesse de regretter l'absence de négociations par RFF, avec l'alibi des mises au point en guise de pourparlers sur les indemnités, les murs anti-bruits et la protection des voies. Cette omerta des élus permet de réduire à rien les intérêts des riverains : la raison du plus fort rend leur départ quasi inévitable, ce qui permet aux collectivités et à RFF de réduire les coûts de protection de l'environnement en ne faisant pas de murs anti-bruits, de viaducs sur-équipés, etc. Les riverains doivent accepter l'aumône des mairies et de RFF en guise de fin de non-recevoir.

Ombre portée des ferronneries de la préfecture de région Poitou-Charentes à Poitiers, en mai 2009.
© kritix.com

Pour ce qui concerne la ligne LGV Poitiers Limoges, le montmorillonais voit ses élus complaisants et sourds aux protestations des riverains du sud Vienne qui déplorent le sacrifice de Hameaux et de vallées défigurées. L'argument de l'association Val-de-Vienne et Val-de-Gartempe est le coût porté au tourisme vert. Le crime profiterait, selon eux, à Poitiers et Limoges, au détriment de la ruralité. Les villes phagocytent les populations au détriment de la plupart des territoires ruraux. Ainsi, va la marche de notre temps...


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