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1ère Chronique

Révolution en Bolivie : Lozada tombe !

Kritix, le Sunday 9 November 2003 - 2216 consultations - Commenter la chronique

Le Peuple s'élève, s'insurge contre le Libéralisme économique sauvage. La Bolivie, pays le plus pauvre de l'Amérique latine, détient les troisièmes réserves de gaz de cette zone (680 milliards de mètres cubes), derrière le Venezuela (4,19 billions de mètres cubes) et l'Argentine (760 milliards de mètres cubes). La présentation par le gouvernement d'un plan d'exportation de gaz naturel vers les USA et le Mexique qui, selon les autorités, rapporterait 1,5 milliard de dollars au pays, déclenche une insurrection pour des motifs relevant d'une inéquitable répartition des richesses, où les classes privilégiées profiterait en fin de compte du pillage des ressources naturelles. le gaz serait passé par le Chili, ce qui, selon les opposants, réduirait les retombées économiques pour La Paz. Surtout, au motif que le Chili a arraché à la Bolivie sa façade maritime lors de la guerre du Pacifique (1879-1883), une grande partie de la population de l'Altiplano andin, essentiellement indienne, et les partis de gauche, très marqués ethniquement, s'opposent à ce que le gaz national soit évacué à travers le Chili pour être exporté, notamment vers la Californie. L'annonce de l'abandon du projet n'a pas suffi. Le climat insurrectionnel s'installe en Bolivie avec l'éclatement de nouvelles violences le 14 octobre 2003.

Amériques
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La volte-face du gouvernement en la matière a été jugée insuffisante. C'est maintenant la démission du président bolivien, Gonzalo Sanchez de Lozada, qui est réclamée par les opposants. Ce dernier se trouve dans une mauvaise posture : le vice-président Carlos Meza a lui-même publiquement réclamé le départ du chef d'Etat. «Je ne peux pas continuer à soutenir la situation que nous sommes en train de vivre», a-t-il dit. Mais le président Lozada refuse de lâcher les commandes du pays. Fort du soutien des forces armées et de la police, il s'est adressé à ses concitoyens lors d'une allocution radiotélévisée et s'est engagé à «rétablir l'ordre». Il a aussi estimé que les grandes manifestations relevaient d'un «complot encouragé depuis l'étranger pour détruire la Bolivie». Il pensait au Venezuela et au Brésil, deux pays situés à gauche sur l'échiquier politique. Le 17 octobre 2003, la France et l'UE réaffirment leur soutien au gouvernement bolivien, démocratiquement désigné, dans ses efforts pour trouver une solution pacifique et constitutionnelle à la crise actuelle. L'UE considère qu'elle n'a pas à s'ingérer dans des affaires de politique interne.

En haut lieu, les tractations se font toujours plus pressantes chez la droite ultra libérale bolivienne. Ainsi, le vice président prend la place du président déchu, pour former un gouvernement de "concorde civile". La droite bolivienne sauve l'essentiel de ses intérêts: Meza sauve les meubles ! Le nouveau président bolivien a formé le 19 octobre 2003, un gouvernement composé de ministres politiquement indépendants, créant en outre un portefeuille des Affaires indiennes pour satisfaire la communauté indigène, fer de lance du soulèvement populaire ayant poussé au départ son prédécesseur. "Toute erreur pourrait faire plonger la Bolivie dans l'abîme", a déclaré Carlos Meza à ses 15 ministres lors d'une cérémonie organisée au palais présidentiel deux jours après le départ de Lozada, sous la pression de la rue. Meza, qui était vice-président sous Lozada, a formé un gouvernement composé de technocrates et de personnalités politiques indépendantes dont il espère qu'ils obtiendront le soutien de l'opinion publique. Priorité est donc donnée à tout ce qui peut concourir à l'apaisement des esprits.

En tout 74 personnes, pour la plupart des protestataires indiens, ont trouvé la mort au cours des manifestations qui se sont succédé pendant un mois pour obtenir la démission du président. Le nouveau ministre des Affaires indigènes s'occupera des problèmes touchant la communauté indienne, majoritaire, qui exige entre autres l'abandon des réformes libérales défendues par Lozada. Un groupe de défense des droits des indigènes a promis d'accorder suffisamment de temps à Meza pour qu'il prouve sa bonne volonté. "Ce qu'il a annoncé - si c'est mis en oeuvre - reflète la chute du néo-libéralisme", a déclaré Antonio Peredo, un député et idéologue du parti MAS, le plus important groupe indien de Bolivie.

Juan Evo Morales, président de Bolivie depuis le 22 janvier 2006
© kritix.com

A l'ONU, un porte-parole a fait savoir que le secrétaire général de l'organisation, Kofi Annan, était heureux qu'une solution constitutionnelle ait été trouvée à la crise en Bolivie. "Il propose au peuple bolivien l'aide du système onusien pour affronter les défis ardus auxquels il est confronté". Le 20 octobre 2003, la France prend acte de la désignation à la présidence de la Bolivie de M. Carlos Meza dans le respect des règles constitutionnelles. Elle forme le voeu d'un retour à la stabilité dans le cadre de la démocratie et de l'état de droit.

Voilà ce qu'il faut retenir de cette révolution contenue: le soulèvement populaire qui a conduit à la démission de Sanchez de Lozada s'inscrivait en opposition à un projet d'exportation de gaz naturel vers le Mexique et les USA, via le Chili, qui selon ses détracteurs insurrectionnels ne bénéficierait qu'aux Boliviens les plus aisés. Le président a promis la tenue d'un référendum sur ce projet. De nombreux groupes indigènes demandent qu'il soit nationalisé et que ses revenus soient consacrés à la lutte contre la pauvreté. La problématique bolivienne n'est autre que la juste et équitable répartition des richesses nationales à l'ensemble des boliviens. L'Etat de droit est sauf, tant qu'il considère avec humanité et rectitude le peuple bolivien: sa légitimité tient de cela, Meza le sait que trop bien... Affaire à suivre...


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