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3ème Chronique

Après Zhongshan, la Chine brigue la pôle position en Antarctique...

Kritix, le Monday 9 March 2009 - 2118 consultations - Commenter la chronique
Vue satellite de l'antarctique.
Nasa

L'antarctique est une zone polaire internationale (températures de -40°C à -90°C) où l'Afrique du Sud, la Belgique, la Norvège, la France (avec sa base Dumont d'Urville en terre Adélie), l'Italie, l'Angleterre, l'Allemagne, les USA, la Russie, la Chine, le Japon, l'Australie et la Nouvelle-Zélande financent des bases scientifiques. Le traité sur l'Antarctique de 1959 institua un gel des prétentions territoriales de ce continent jusqu'en 2041, désormais définit comme espace propre à l'établissement d'une coopération internationale de la recherche scientifique. Les récents bouleversements climatiques amènent aujourd'hui les grandes puissances mondiales à investir massivement dans la lecture de carottages de glace, mémoire inédite de l'histoire climatique de notre astre.

Vue aérienne de la station polaire franco-italienne Concordia.
© www.gdargaud.net

Une petite puissance comme la Belgique relança un programme long en terres antarctiques avec la base polaire Princess Elisabeth inaugurée le 15 février 2009 à 13 heures. La base belge « zéro carbone », unique en son genre, se veut exemplaire pour un budget d'une vingtaine de millions d'euros. A chaque été austral (de novembre à février), vingt scientifiques peuvent exercer sur cette base conçue pour 25 ans. La base belge voisine la base russe et la base japonaise. Dans un contexte où le rapport du GIEC (groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) affirme que depuis dix ans, la Chine et l'Inde choisissent l'utilisation massive du charbon pour faire de l'électricité et que la déforestation, les industries, les incendies devraient impacter définitivement le climat : en aggravant les prospectives déjà annoncées sur le réchauffement climatique. Cette nouvelle base polaire s'ajoute à la récente base franco-italienne Concordia à l'intérieur des terres, inaugurée en 1997, qui elle est permanente (comme trois autres) depuis 2005, avec la possibilité de l'hivernage (15 scientifiques l'hiver, 40 l'été). D'autres bases occupent cet espace si particulier, vierge de toute exploitation humaine. La recherche scientifique porte sur l'observation de la voûte céleste avec l'absence de pollutions lumineuses ou industrielles, mais elle porte aussi sur des expériences diverses en conditions extrêmes et sur la lecture des glaces (avec des carottages de plusieurs km).

Station polaire chinoise Zhongshan, en antarctique.
www.astro.ro/PROTEL/

Le 27 février 2009, la Chine célébra le vingtième anniversaire de sa station Zhongshan réunissant 60 scientifiques en été austral et 25 en hiver. La Chine se veut puissance spatiale, puissance polaire (arctique et antarctique) avec des nobélisables, gage de puissance dominante. Elle précisa lors de cet anniversaire qu'elle construira, en 2010, une nouvelle base à plus de 4000 mètres (réalisation unique à une telle altitude en cet endroit du globe) ; une prouesse technique tant l'on sait la rareté de l'oxygène due à la rotondité de la terre à la finesse de l'atmosphère à cette latitude, qui fera de cet exploit le large contentement du peuple chinois. L'intérêt scientifique est de remonter jusqu'à un million d'années d'histoire climatique, pour tirer un maximum d'hypothèses sur ce qu'il adviendra du climat en Chine. A ce jour, les carrotages les plus longs n'ont pas dépassé les 800 000 ans. La Chine veut dominer la Science et s'en donne les moyens ! Ainsi, cette puissance de 1 329 445 040 chinois (estimation du 9 mars 2009 à 18h16 GMT) multiplient les coopérations en glaciologie avec les Français (formations aux forages profonds), en océanographie avec les Américains, en astronomie avec les Australiens.

La Chine polarise donc sa puissance sur les changements climatiques ; défis qu'elle devra relever sur ses terres désertiques de Gobi, sur une course à l'eau potable, sur les pénuries alimentaires ; La Chine cherche à planifier l'assise de sa puissance depuis un peuple et ses minorités avec le concours d'un régime totalitaire.

Une grande puissance se définit par sa forte démographie, son économie florissante et son niveau global d'éducation. La Chine se veut une grande puissance et le deviendra, comme le peuvent toute dictature qui s'y est résolue. Il n'est qu'à se rappeler les prouesses des soviétiques... Une grande puissance n'est en effet pas un régime politique particulier, mais plutôt l'efficacité d'une organisation bien ordonnée ; et l'actuel régime chinois y correspond.

Plan de l'antarctique. Concordia sur trouve au Dome C et la future base chinoise se trouvera au Dome A.
www.astro.ro/PROTEL/

Après que ce pays-continent eut fait massivement entrer des devises en étant l'usine du monde de la consommation, après qu'il eut commencé une colonisation à marche forcée du continent africain en y prélevant, via la corruption et les guerres tribales, les ressources maritimes et terrestres (terres arables et matières premières) ; la Chine s'est employée à tenir sa future place de leader mondial. Pour cela, il lui faut acquérir un statut scientifique qu'elle n'a pas encore. Cependant, elle devrait l'avoir d'ici une décennie tout au plus. Déjà l'on peut constater ses efforts soutenus dans la course au spatial, la course aux campus universitaires, la course à l'urbanisation, la course aux terres fertiles, la course aux énergies, la course aux ressources naturelles. Tout comme l'Inde, la Chine rivalise avec l'Occident qui doit se résoudre aujourd'hui à réduire son influence, sa mainmise stratégique à bon compte.

Par cette volonté hégémonique, la Chine tourmente l'OTAN et pose, en grande puissance, ses valises au pôle sud. Pour qui comprend les glaces millénaires, comprendra le changement climatique, pourra se procurer la recherche scientifique et le savoir-faire nécessaire à l'Humanité. Cette ambition majeure permettra à la Chine d'influencer la communauté scientifique mondiale comme toute grande puissance qui se mérite. In fine, sur la stratégie sino-polaire, la Chine voudra imposer ses choix au Monde. Il n'est qu'à remarquer ses vues sur les nouvelles routes maritimes dues à la fonte des glaces au Groenland, terres vierges, riches de matières premières à exploiter via les jeux d'influences.

L'Antarctique est depuis longtemps le pré-carré des puissances de « feu » la guerre froide. Aujourd'hui, d'une certaine façon, assiste-t-on à une guerre des pôles. Dans le monde globalisé, l'antarctique est plus que jamais redevenue une zone stratégique de premier ordre, pour qui souhaite rester ou devenir un acteur majeur de la nouvelle partition mondiale.

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[Ajout du 29 mars 2009] Selon le magazine « le Point » du vendredi 13 mars 2009 , l'ancien premier ministre français Michel Rocard deviendrait le représentant de la France dans les négociations internationales relatives aux pôles Arctique et Antarctique... Remarquez l'importance attribuée par l'Élysée à cette diplomatie supranationale de la question polaire...


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