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1ère Chronique

Tout ce qu'on n'UMPas !

Kritix, le Sunday 29 September 2002 - 2479 consultations - Commenter la chronique

Tout ce qu'on n'aime pas est là… Que votre sensibilité soit ou de gauche ou du centre ou de droite, un seul et même symptôme restera: en une sorte d'aigreur envers des responsables irresponsables de leur état, tant ils en oublient l'issue des urnes ! L'implacable diagnostic tombe,… dernière semonce avant que le grand déballage de la dissolution du RPR et de DL et leur fusion dans l'UMP dessinent une nouvelle carte politique à droite, où les ténors ont en ligne de mire la préparation de l'élection présidentielle de 2007 et l'après-Chirac.

La journée du samedi 21 septembre 2002 aurait dû n'être qu'une journée de cérémonies tant au parti gaulliste, réuni en assises extraordinaires à Villepinte, qu'à Démocratie libérale, qui tenait une convention nationale à Paris. Mais, à moins de deux mois du congrès fondateur de l'UMP, le 17 novembre au Bourget, les rivalités entre ceux qui aspirent à succéder à Jacques Chirac ont affleuré sous les serments d'amitié.

Dans un message vidéo aux militants du RPR, le président Chirac a appelé à faire de l'UMP "un mouvement fort, clair dans son message, intransigeant sur les valeurs qui le fondent, respectueux des sensibilités qui le composent", une "formation qui compte dans la vie politique internationale, à l'image des grands partis qui font vivre la démocratie chez nos principaux partenaires, en Europe et outre-Atlantique".

Alain Juppé, président provisoire de l'UMP, et dauphin désigné du chef de l'Etat, a tenu à donner des gages à ceux qui le soupçonnent de vouloir faire de la future formation unique de la droite sa machine de guerre présidentielle tout comme le RPR a été au service du seul Jacques Chirac, de 1976 à 1995.

Devant les cadres du RPR, qui ont ratifié à une écrasante majorité la dilution de leur parti dans l'union de la droite, l'ancien Premier ministre a pris "l'engagement solennel que, dans la future formation, tout le monde sera respecté". "Et l'idéal gaulliste sera respecté", a-t-il insisté.

Mais il a aussi appelé à ne pas se "diluer dans je ne sais quelle courantologie qui nous affaiblirait" pour éviter de voir le parti naissant se déchirer entre des ambitions rivales.

Le ministre des Affaires sociales, François Fillon, a dit voir dans la naissance de l'UMP "une révolution de la vie politique française". "Nous voulons construire avec le RPR et ses alliés un grand parti politique moderne. Un parti destiné à gagner et à gouverner, avec pour point de mire les élections présidentielle et législatives de 2007", a-t-il dit.

Plaidant, lui, pour la constitution de "courants d'idée" au sein du nouveau parti, ce partisan d'une ligne social-libérale a prôné "le débat interne contre la guerre des clans et des personnes".

Paradoxalement, le principal rival d'Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, n'a pas été en reste dans la dénonciation des courants. "Ce que nous avions réussi à faire au RPR, nous devons le consolider dans l'UMP. Et je précise (...) que les fameux courants ne sont pas pour moi la garantie de la démocratie. D'ailleurs, avoir refusé trois formations différentes pour hériter d'autant de courants ou davantage, ce serait, de mon point de vue, cumuler tous les inconvénients sans obtenir aucun des avantages", a dit le ministre de l'Intérieur.

Mais il a souligné que l'UMP "sera une réussite si nous la vivons comme une aventure collective". "L'UMP sera une affaire d'équipe ou ne sera pas", a-t-il insisté.

Et Nicolas Sarkozy, qui a obtenu que le premier président de l'UMP ne soit élu que pour un mandat de deux ans, jusqu'à fin 2004, à trois ans de la présidentielle, s'est payé le luxe de mettre en garde le député-maire de Bordeaux. "La concurrence viendra certainement un jour. Avec qui ? Personne ne le sait. La France réserve des surprises à qui croit la connaître", a-t-il lancé à son "cher Alain".

Alain Juppé n'a pas tardé à répliquer, confiant à la tribune sa "fascination" pour le ministre de l'Intérieur et lui proclamant en retour son "amitié".

Dès lors, le constat fait dans les couloirs par le Premier ministre DL, Jean-Pierre Raffarin, venu saluer les gaullistes avant leur hara-kiri, semblait un peu décalé. Il affirmait en effet que la droite avait "analysé les échecs passés, le poids des divisions, des concurrences, des écuries, de toutes ces rivalités qui nous ont tant affaiblis dans le passé". Le chef du gouvernement, et par là même chef de la majorité, a toutefois pris les devants face aux risques de divisions en interdisant à ses ministres d'animer des "courants" au sein de la future UMP, une consigne que François Fillon mais aussi la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, présidente du défunt RPR et vestale de la pensée gaulliste, pourraient bien braver.

Samedi après-midi 21 septembre, Jean-Pierre Raffarin s'est ensuite rendu au congrès de sa propre formation, sans Alain Juppé, dont la présence avait pourtant été annoncée. Le nom du président provisoire de l'UMP a d'ailleurs été sifflé par des participants à la réunion des libéraux. Alain Madelin, président de la défunte Démocratie libérale, a souligné qu'à ses yeux l'entrée dans l'UMP visait à "peser utilement", à affirmer le soutien au gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Il n'a pas évoqué un quelconque rôle dans la préparation des échéances électorales de 2007.

Quant à François Bayrou, le président de l'UDF, qui a refusé le "rouleau compresseur" de l'union, il semble parier sur un échec de la future formation unique, incompatible à ses yeux avec une présidentialisation du régime accrue par la coïncidence entre élections présidentielle et législatives. "C'est un mirage de dire qu'on va se retrouver ensemble dans la même formation. Un parti est là pour présenter un candidat aux élections. S'il n'y a plus qu'un parti, sur quel bouton peut-elle appuyer ?" a-t-il demandé jeudi dernier.


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