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Chronique 1 - Monday 29 December 2003 Peter Jackson : Roi de Nouvelle-Zélande !
Chronique 1 - Monday 29 December 2003 Peter Jackson : Roi de Nouvelle-Zélande !
 
1ère Chronique

Peter Jackson : Roi de Nouvelle-Zélande !

Kritix, le Monday 29 December 2003 - 1883 consultations - Commenter la chronique

King of New-Zealand, voilà ce qu'est devenu l'atypique cinéaste néo-zélandais. Il est désormais certain que sa trilogie cinématographique marquera à jamais l'Histoire du Cinéma et celle de la Nouvelle Zélande. Le 23 décembre 2003, le troisième épisode "le retour du roi", compte déjà à son actif 246 millions de dollars (selon la société de mesure "Exhibitor Relations") pour 5 jours de présence dans toutes les bonnes salles obscures du monde occidental (28 pays). Jamais, 14000 copies d'un film, ne furent diffusées simultanément en faisant "salles combles" ! Ce succès planétaire supplante toutes les "succes story" du cinéma: le dernier film de cette trilogie bat tous les records... "Star Wars" loin derrière... sachant que la trilogie du "seigneur des anneaux" a un actif cumulé avec l'ensemble des produits dérivés de plus de 1,9 milliard de dollars et c'est loin d'être terminé... New Line Cinema, filiale de Time Warner, prévoit des recettes mondiales de 1,3 milliard pour le troisième et dernier volet ! Peter Jackson en grand seigneur, court vers les 3 milliards de dollars de recettes ! Le risque se paie cher, la gloire le rend modique... Maudits soient ceux, répugnants au courage qui tend vers le Beau, choisissant ce qui plaît au risque d'être médiocre et sans gloire ! Faire mieux, c'est aussi s'accomplir... Et serein, remettre le métier sur l'ouvrage...

Peter Jackson, réalisateur Néo-zélandais
© kritix.com

Trilogie mal aimée ! De son projet, l'US producteur Miramax" n'en voulut pas ! Le risque financier d'un univers singulier ne plaisait pas au conformisme d'alors.... Opiniâtre, Peter Jackson avait la foi du passionné et courut le Monde pour quérir ses "faux amis" de la Production. Le financement fut anglo-saxon malgré tout, mais au demeurant "charment équilibre US-New-Zealand". Il avait l'Insensé, il leur donna le rêve et la bague au doigt, le contrat signé, sept ans plus tard, le mariage consommé: le pactole, la renommée la gloire ! L'US producteur "New line" (filiale d'AOL time warner) voulut 3 films tournés simultanément, alors que Peter Jackson n'en demandait que deux, et Miramax, un seul. Peter Jackson voyait à ses pieds l'impensable ! Soit le plus grand succès cinématographique de l'Histoire du cinéma. Pour une mise de 300 millions de dollars, voilà cette Production à la tête d'une recette qui court vers les 1,5 milliards de dollars. Cette péripétie mercantile permit à Peter Jackson de tourner en une fois, trois films en 275 jours de tournages, avec la liberté d'apporter des dialogues, tous droit venus du texte original, sans passer par les "édulcorants US", qui aujourd'hui aseptisent les US superproductions ! Voilà comment d'un Mal, est né un Bien... Le seigneur des anneaux y serait-il pour quelque chose ?

L'histoire tient en une intrigue bien instruite. Au centre et au départ de tout, se trouve l'Anneau, premier entre tous. Dépositaire du suprême pouvoir. Mais voilà, il est possédé par une âme maléfique qui cherche à retrouver son maître pour lui redonner corps et lui rendre ainsi son absolu pouvoir. Cet anneau était tombé dans l'oubli après la défaite du Maléfique et potentat Sauron. Cet anneau suprême sera durant toute la trilogie un personnage à part entière, dont la fascination et l'épouvante irradie autour de lui et crée rythmes et rebondissements des trois films ( "La Communauté de l'Anneau", "Les Deux Tours", "Le Retour du Roi"). Par les hasards de la Destinée, dans la Comté, à Hobbitebourg, se joue le sort de la Terre du Milieu. Frodon, paisible hobbit (petit homme), se voit remettre par son oncle Bilbon un anneau mystérieux. Gandalf le très Sage magicien, est persuadé que cet anneau est "l'anneau de pouvoir". Pour lui, il s'agit de l'anneau unique, forger pour gouverner tous les Etres. D'apparence anodine, cette bague est l'objet des convoitises du diabolique Sauron, seigneur de Mordor, dont seul l'esprit a survécu. D'ailleurs, le trot infernal des chevaux de ses soldats, les Nazguls (spectres de Rois asservis) retentit déjà dans la Comté. La seule échappatoire pour Frodon, désormais porteur de l'anneau, est de fuir avec ses amis. Il doit se rendre en terre ennemie, dans le lointain pays de Mordor, au coeur de la Montagne du Destin, pour détruire l'anneau. Seule sa destruction dans les feux de cette montagne, détruira l'esprit de Sauron, pour l'éternité. Cette "épopée mystique" montre comment devant l'adversité, le sentiment du Devoir permet parfois ce que l'on crût impossible... Sauver, sans se sauver... Le plus petit d'entre nous portant souvent en lui le Privilège des plus grands.

Océanie
© kritix.com

Cette prouesse filmographique revêt en son sein un formidable pari: faire que le film soit la fidèle traduction de l'œuvre et "best seller" de J.R.R.Tolkien. Ce chef d'œuvre du "médieval-fantastique" voit son autorité aujourd'hui affirmée... au-delà de l'entendement ! Plus qu'une adaptation, il s'agit d'une renaissance... le pari gagné avec le concours de l'inattendu néo-zélandais Peter Jackson... qui en surprit plus d'un ! Son CV comprenait Bad taste (1987) et Brain dead (1992), films d'horreur mêlant gore et humour: ceux-ci étaient plus proches de la série Z que d'une œuvre cinématographique de qualité. Or, voilà qu'il surprend, en réussissant à distiller dans la pellicule d'un film d'aventure: féerie, combats guerriers, souffle épique et magie, à la noirceur ambiante de l'écrit de Tolkien. Le cadre de cette "occidentale fresque cosmogonique" tient en une scrupuleuse attention faite aux lieux de tournages.
       Du "grandeur nature" que les terres néo-zélandaises n'ont pas manqué d'apporter à l'amplitude de scènes wagnériennes ! Et pour mieux servir l'intrigue, le casting fut mené de sorte que chacun des comédiens ne fut pas "bancable", autrement dit que l'image, la notoriété de tel ou tel acteur ne vienne pas effacer le crédit du personnage incarné. Aussi, le détail du montage est-il doué de la plus belle orfèvrerie cinématographique faite à ce jour, récompensé par plusieurs Oscars. Georges Lucas (papa "Star Wars") apporta même sa participation aux "effets spéciaux" de la Trilogie. Costumes, musiques, décors, paysages, effets spéciaux cisèlent l'imaginaire de Tolkien: c'est un hommage, que dis-je, une résurrection, que le "coup de Peter Jackson" ! Pour notre King le soulagement est grand, d'être parvenu au bout de la Réalisation, malgré une nostalgie persistante... Cette mélancolie il en fait déjà son affaire, le voilà avec le projet de faire une suite à sa trilogie, un film du nom de "Hobbit"...

Porté aux nues, Peter Jackson fait de la Nouvelle Zélande le lieu de tous les Possibles ! Du Pensable, voilà ce que cette "nation sportive" attendait... Commencé en 1999, le tournage de la trilogie donna lieu à la création d'un ministère du "seigneur des anneaux" néo-zélandais ! Oui, le cinéma fait de la politique ! Et c'est peu dire... 20000 personnes ont été concernées par le projet pour 4 millions d'âmes néo-zélandaises ! 1500 individus travaillaient en permanence sur le plateau du tournage ! Ce film est US pour le financement (en grande partie), mais il est avant tout néo-zélandais: un savoir-faire s'est révélé !

Un miraculeux 1er décembre de l'an 2003... une avant-première mondiale mémorable... à Wellington où 125 000 néo-zélandais chantaient les louanges du "Retour du roi" ! Sur plusieurs kilomètres, les acteurs du film se firent applaudirent par une foule en liesse, déguisés en hobbits, elfes, ou héros de la trilogie, le long d'un tapis rouge,... dantesque dévotion ! La premier ministre néo-zélandais Madame Helen Clark a donné une réception officielle au cinéma Embassy Theater, lieu de l'avant-première. La trilogie a permis de faire connaître à travers le monde les somptueux paysages de la Nouvelle-Zélande et a rapporté plusieurs centaines de millions de dollars de revenus touristiques. Sans compter la création de 20.000 emplois uniquement durant le tournage. En Nouvelle-Zélande, toute l'activité qui a découlé des films de Peter Jackson a d'ailleurs été baptisée la "Frodon économie". Bien que les responsables de la succession de Tolkien se soient montrés plutôt prudents pour promouvoir les films, un arrière-arrière-petit-fils de l'auteur, Royd Tolkien, qui tient un petit rôle dans "Le retour du roi", a soutenu le travail de Peter Jackson. "Je n'aurais jamais cru que la trilogie de mon aïeul puisse un jour être portée à l'écran. Les histoires sont si complexes, si magiques. La technologie n'était simplement pas capable de restaurer son récit en film. Jusqu'à aujourd'hui", a confié le descendant de Tolkien sur son site internet.

Géopolitique
© kritix.com

La Nouvelle-Zélande figure aussi parmi les bénéficaires du succès de cette trilogie, qui devrait générer, selon une récente étude, au moins 250 millions de dollars de revenus touristiques au cours des dix prochaines années. Le gouvernement néo-zélandais tente d'attirer le tournage d'autres films, compte tenu des avantages économiques et des sites naturels exceptionnels qu'offre le pays. Au moins 17 tour-opérateurs proposent déjà des circuits sur les principaux sites où ont été tournés les films. Les propriétaires d'une ferme à Matamata, au nord de Wellington, où a été construit pour les besoins du film un village de Hobbit, héros fantastique de la trilogie, a gagné environ 600.000 dollars après avoir convaincu New line de ne pas détruire le seul décor encore existant du tournage. De vastes étendues dans les régions les plus somptueuses du pays, qui ont fait le tour du monde grâce au "Seigneur des anneaux" sont aujourd'hui entre les mains de propriétaires étrangers. La Nouvelle Zélande connaît une flambée des prix fonciers au point que le gouvernement a décidé de réviser leur droit à la propriété.

La seule couverture mondiale de la première du "Retour du roi" équivaudra à une campagne publicitaire de 25 millions USD, ont estimé les autorités. Et le gouvernement espère bien profiter de la vague pour faire de la Nouvelle-Zélande un centre de tournage à ciel ouvert. La major Warner Brothers a récemment achevé le tournage du "Dernier Samouraï", de Edward Zwick, avec Tom Cruise, et Peter Jackson doit y réaliser son "King Kong". Mais la Nouvelle-Zélande ne doit pas avoir les yeux plus gros que le ventre, prévient Pete Hodgson, ministre de l'Energie, qui joue le rôle... d'un ministre dans la trilogie. Le vivier de talents dans un pays de quatre millions d'habitants ne serait peut-être pas suffisant pour fournir plusieurs tournages à la fois, avertit-il. Le "New-Zealand dream" est en marche ! Peter Jackson entre dans la Légende !
      


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